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Relance du milieu culturel : une bonne nouvelle que tous n'accueillent pas avec le sourire

Des membres de la troupe Machine de cirque, de dos, lors d'un spectacle.

Des membres de la troupe Machine de cirque, de dos, lors d'un spectacle en salle

Photo : Facebook/Machine de Cirque

Le plan de relance en culture est perçu comme une bonne nouvelle dans le milieu artistique à Québec, même si le casse-tête n'est toujours pas résolu quant à la réouverture des salles de diffusion.

Les sommes investies pour aider le milieu de la culture à se relever de la crise, depuis le début de celle-ci, sont désormais portées à près de 400 millions de dollars, dont 250 millions en « argent frais ».

De ce montant, 51 millions de dollars sont accordés aux arts de la scène et 72 millions aux entreprises et organismes qui ont dû fermer leurs portes pendant la pandémie.

Il y a eu de l'impatience dans les dernières semaines et le gouvernement semble avoir bien entendu l'impatience qui émane de plusieurs secteurs du milieu culturel, commente Bernard Gilbert, directeur général du Diamant.

Une jeune femme entourée d'hommes, ses conseillers.

La pièce « Christine, la reine-garçon », présentée au printemps 2019, à la Bordée

Photo : Nicola-Frank Vachon

Les salles de diffusion pourraient notamment reprendre du service d'ici le 24 juin.

Ça, j’étais vraiment heureux de l’entendre, et c’était presque une surprise pour moi, souligne Bernard Gilbert.

Une nouvelle qui réjouit également Michel Nadeau, directeur artistique et codirecteur général du Théâtre de La Bordée.

À vue de nez, c’est très positif.

Michel Nadeau, directeur artistique de la Bordée

Jean Pilote, propriétaire du Capitole demeure, pour sa part, dubitatif. C'est beau de penser à la création et à l'avenir, mais en ce moment, il faut s'occuper du présent, réclame l'homme d'affaires.

On est fermé depuis trois mois et on a des frais fixes de 140 000 $ par mois. Vous comprendrez que commencer à penser à ce qu’on va mettre dans la salle pour le futur... Si on n'a pas d’argent pour le présent, on perd notre temps, ça donne rien, affirme -t-il.

La façade de l'hôtel Le Capitole de Québec le 5 mai 2020.

Le Capitole de Québec

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Une bonne nouvelle, mais...

Tant du côté du Diamant que de La Bordée, on se questionne sur la façon de faire.

Pour Le Diamant, qui souhaite avant tout retrouver son public en salle, le plan de relance demeure incomplet. Face à plusieurs scénarios, l'organisation ne sait toujours pas comment procéder.

On a des plans de travail qui permettent d’accueillir une plus petite jauge, affirme Bernard Gilbert. Mais, est-ce que c’est 50, 70, 100 personnes, 50 % de la jauge? On ne sait toujours pas.

C’est comme si on avait plusieurs casse-tête différents dont tous les morceaux flottent dans l’air. Il va falloir à un moment qu’il y ait un casse-tête qui tombe sur la table avec tous les morceaux pour qu’on puisse commencer à l’assembler.

Bernard Gilbert, au sujet du flou qui demeure en ce qui concerne les conditions de réouvertures des lieux

Même son de cloche du côté du Théâtre de La Bordée, qui, selon les normes sanitaires actuelles, ne pourra accueillir que très peu de spectateurs.

On a des plans A, B, C, comme tous les théâtres, soutient le directeur artistique du théâtre, mais on ne sait pas encore quel plan sera le bon.

L'organisation du Capitole s'interroge même sur la viabilité d'une reprise dans les conditions actuelles.

On a calculé au Capitole que si on devait respecter la règle des deux mètres, la salle de 1100 places correspondrait à 124 places. Avec les frais, je ne vois pas comment on peut y arriver, conclut Jean Pilote.

Pour l'instant, ni Le Diamant ni La Bordée ne pensent rouvrir leurs portes avant la fin de l'été.

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