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Une affiche sur laquelle nous pouvons lire « Nous embauchons » en anglais.

Les affiches comme celle-ci sont nombreuses dans la vitrine des commerces qui cherchent à embaucher des employés.

Photo : Radio-Canada / Katherine Holland

Le redémarrage de l’économie canadienne après les coups durs de la pandémie de COVID-19 signifiera non seulement une hausse de l’emploi, mais possiblement des conditions plus favorables pour les travailleurs, selon des experts.

En marchant au centre-ville de Toronto, comme ailleurs, vous passerez des dizaines d’affiches de commerces qui recrutent. Des sites de recherche d’emploi, comme Monster et Indeed, constatent également une reprise de l’activité en ligne.

Sur la rue, en parlant avec les commerçants, les gens veulent que ça bouge.

Steven Lipari, propriétaire de Café23
Un homme devant une vitrine sur laquelle on peut lire Café23.

Steven Lipari, propriétaire de Café23, à Toronto

Photo : Radio-Canada / Vedran Lesic

Le propriétaire de Café23, sur la rue Queen, affirme que ses revenus ont chuté de moitié à la mi-mars, après que l’Ontario eut décrété l’état d’urgence sanitaire. Le café-bistro a choisi de rester ouvert durant la pandémie, bien que trois des sept personnes qui y travaillaient aient démissionné.

Steven Lipari doit consacrer une partie de ses entretiens d’embauche à expliquer les mesures prises pour protéger ses employés. Le propriétaire s’offre même de conduire certains membres du personnel afin qu’ils n’aient pas à prendre le transport en commun.

Tout ce que nous faisons pour la sécurité de nos clients joue également pour la sécurité de notre équipe, comme la distance au sol, le désinfectant, le port des masques et des gants. Les clients ne touchent rien en magasin, affirme-t-il.

Un homme devant un barista, séparés par un écran en plexiglas, dans un café.

Le café-bistro torontois Café23 a adopté une série de mesures sanitaires pour protéger ses employés et ses clients.

Photo : Radio-Canada / Vedran Lesic

Un virage dans le marché du travail

Nita Chhinzer, professeure en gestion des ressources humaines à l’Université de Guelph, estime que les candidats sont en meilleure position de réclamer, par exemple, des congés de maladie payés et des modalités de travail plus flexibles en pleine crise sanitaire.

Elle affirme que la culture de présentéisme, qui pousse de nombreux employés à travailler même s’ils sont malades, est aussi appelée à changer.

Ce qui était perçu auparavant comme un signe de loyauté est maintenant vu comme étant complètement irresponsable.

Nita Chhinzer, professeure en gestion des ressources humaines, Université de Guelph

Les entreprises qui ont réellement à coeur le bien-être de leurs employés, offrant des congés de maladie payés et assurant leur sécurité, pourront attirer et retenir les travailleurs les plus performants, ajoute-t-elle.

Nita Chhinzer.

Nita Chhinzer, professeure en gestion des ressources humaines à l'Université de Guelph

Photo : Nita Chhinzer

La spécialiste en marque employeur Tindy Robleto abonde dans le même sens. Selon elle, les entreprises doivent non seulement devenir plus flexibles et bonifier les avantages offerts aux employés, mais également bien les communiquer lors du processus d’embauche.

On a vu un virage. Il faut vraiment venir se distinguer comme employeur et montrer ce qu'on fait pour vraiment venir attirer l'attention de ces candidats, dit-elle.

Mme Robleto, qui travaille dans une agence affiliée au site Monster, souligne par ailleurs que le traitement des travailleurs durant la crise de la COVID-19 en dit long sur l’employeur.

Les candidats voudront évaluer si des mesures sanitaires adéquates ont rapidement été mises en place, si des employés ont été mis à pied, s’ils ont obtenu une prime de risque ou une subvention salariale, entre autres.

Mathew Carson est à la recherche d’un emploi dans le service à la clientèle, après avoir été mis à pied comme agent de bord. Trouver un boulot qui lui offrira des avantages sociaux, comme une couverture médicale et des congés de maladie payés, est important pour lui.

Surtout dans le contexte de la pandémie, devoir passer des semaines au lit sans être payé, c’est franchement inacceptable.

Mathew Carson, agent de bord licencié temporairement
Un homme assis à une table devant son ordinateur.

Le Torontois Mathew Carson estime que les congés de maladie payés sont essentiels dans le contexte de la pandémie.

Photo : Mat Carson

Le Torontois espère qu'un plus grand nombre d'employeurs offriront de tels avantages, même après la crise sanitaire. Mais tout va dépendre de comment se portera l'économie. Je crois que ça influencera leurs décisions, même si ça ne devrait pas, dit-il.

Une reprise lente

La pandémie de COVID-19 a entraîné la perte de 3 millions d’emplois au pays, faisant bondir le taux de chômage en avril à 13 %. Selon Statistique Canada, 2,5 millions de Canadiens ont travaillé moins de la moitié de leurs heures habituelles.

La réouverture de nombreux services et commerces se fait sentir notamment sur les sites de recherche d’emploi. On commence à voir une augmentation en terme du trafic [sur le site Monster] du côté des candidats, même aussi des affichages de postes, affirme Tindy Robleto.

Le site web Monster.ca avec un fond mauve.

Le site de recherche d'emploi Monster Canada constate déjà une augmentation de l'activité sur son portail.

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

Indeed Canada, pour sa part, constatait à la fin du mois de mai une légère progression du nombre de postes affichés. Il reste encore plusieurs secteurs de l’économie qui sont sévèrement limités par les mesures de confinement ou dont la demande pour les biens et services a chuté, affirme l’économiste du site de recherche d’emploi, Brendon Bernard.

Il souligne que la proportion de candidats cherchant des postes où le télétravail est possible a plus que doublé à la mi-mars. En mai, les mots-clés golf, cueillette de fruits et jardin étaient parmi les plus recherchés sur le site Indeed.

On voit que l’intérêt des chercheurs d’emploi augmente particulièrement pour des emplois où la distanciation sociale est plus facile.

Brendon Bernard, économiste chez Indeed Canada

L’économiste estime que les programmes d’aide fédéraux assez généreux pourraient compliquer le recrutement d’employés d’été, par exemple. L’Institut C.D. Howe, de son côté, préconise une réduction graduelle de la Prestation canadienne d’urgence afin d’inciter le retour au travail.

Une affiche d'embauche dans la vitrine d'un commerce.

De nombreux commerces embauchent alors que le déconfinement au pays se poursuit.

Photo : Radio-Canada / Vedran Lesic

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