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Désinfectant pour les mains fait maison, bonne ou mauvaise idée?

Une femme tient une bouteille de gel hydroalcoolique.

Pour à peine cinq dollars, Maude Baillargeon remplit un contenant qu'elle paierait quinze à vingt dollars, en magasin.

Photo : Radio-Canada / Vincent Bonnay

Il est vite devenu notre meilleur ami, notre compagnon de route vers l'épicerie et notre premier geste quand on rentre ou sort d'un endroit... c'est le désinfectant pour les mains. Pour faire des économies et diminuer leurs déchets, certains font leur propre gel à la maison. Une fausse bonne idée, selon des experts.

Prêt en cinq minutes

Pas besoin d’un laboratoire scientifique, lance Maude Baillargeon, grande défenseuse de la cause zéro déchet. Quand la pandémie s'est propagée à Calgary, début mars, cette francophone et son compagnon n'arrivent pas à trouver du désinfectant pour les mains en magasin. Et pour cause, selon Statistiques Canada, les ventes de ces produits ont été multipliées par sept à la mi-mars, par rapport à l'année dernière.

Après une recherche sur Internet, le couple découvre qu'il est facile d'en faire soi-même et se lancent : 75 millilitres de glycérine, 125 millilitres d'alcool à friction ou isopropylique à 99% et quelques gouttes d'huile essentielle de lavande. En cinq minutes, le mélange est fait.

Une femme verse dans un contenant de la glycérine.

La recette contient de la glycérine.

Photo : Radio-Canada / Vincent Bonnay

Au début de la pandémie, le couple a réalisé juste une recette. Deux mois plus tard, on en a encore. On l’utilise entre chaque commerce quand on sort.

Maude a choisi de jouer à la chimiste pour réduire sa consommation de déchets, en évitant d’acheter plusieurs petits flacons de gel en plastique, mais aussi pour faire des économies.

Pour à peine cinq dollars, elle remplit un contenant qu'elle paierait quinze à vingt dollars, en magasin. Mais est-ce vraiment aussi efficace et sécuritaire que les solutions disponibles dans le commerce?

Du sérum pour le visage au désinfectant

Evelyne Nyairo, chimiste de formation, ne recommande pas au grand public de faire son gel hydroalcoolique à la maison à partir des recettes trouvées sur Internet. Si vous n'utilisez pas la bonne quantité d'alcool, la solution peut être inflammable... et comment vérifier l'efficacité? , se demande-t-elle.

Son entreprise fait partie des 6000 à avoir répondu à un appel du gouvernement canadien, lancé en mars, pour répondre aux besoins urgents liés la pandémie.

Elle et son équipe ont décidé de mettre de côté la confection de cosmétiques, sous la marque Ellie Bianca, pour se lancer dans celle de désinfectants.

Une femme dans un laboratoire avec un masque et une charlotte.

Habituée à produire des comestiques à base de produits naturels, Evelyne Nyairo s'est mise aux désinfectants pour les mains depuis mars.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Evelyne Nyairo, à ce jour, a fabriqué 50 000 bouteilles de gel hydroalcoolique qui contient également des ingrédients pour hydrater la peau.

La chimiste de Calgary rappelle aux particuliers qu'il faut faire très attention aux produits utilisés pour fabriquer du gel désinfectant, surtout si on a des enfants à la maison.

Légal, mais pas recommandé

Peroxyde, alcool à friction… il est possible de fabriquer son désinfectant, mais ce n’est pas recommandé, selon Normand Voyer, professeur au Département de chimie de l'Université Laval. Santé Canada donne des certifications à des entreprises équipées. La maison n’est pas un environnement sécuritaire.

Des personnes dans un laboratoire.

L'équipe d'Evelyne Nyairo a produit 25 000 bouteilles en deux semaines dans un laboratoire au sud d'Edmonton.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Santé Canada, aussi, recommande d'utiliser uniquement les produits autorisés par leur service avec une teneur d'au moins 60 % d'alcool. Selon l’agence fédérale, les empoisonnements liés aux produits de nettoyage ont fait un bond en février-mars de cette année par rapport à l'année dernière. L'ingestion accidentelle de désinfectants pour les mains à base d'alcool fait partie de l’équation.

Malgré ces mises en garde, Maude Baillargeon continuera à faire son propre gel désinfectant. Il faut faire attention, mais en même temps ces produits ne seraient pas vendus en pharmacie si c'était dangereux, croit-elle.

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Alberta

Prévention et sécurité