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« Le racisme envers les Noirs, ça existe aussi chez nous », dit Justin Trudeau

Un homme noir montre les paumes de ses mains où il est écrit « Je ne peux pas respirer ».

Un manifestant clame les dernières paroles de George Floyd « Je ne peux pas respirer ».

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Justin Trudeau assure aux Noirs du Canada qu’il entend leur colère et leurs inquiétudes, au lendemain de manifestations tenues dans plusieurs grandes villes du pays pour dénoncer le sort subi par George Floyd, un Afro-Américain tué par quatre policiers blancs lors d’une intervention policière à Minneapolis.

Pour beaucoup trop de Canadiens, ce qui se passe de l’autre côté de la frontière en ce moment, ce sont des scènes familières, a commenté le premier ministre canadien en introduction de son point de presse habituellement consacré à l’évolution de l’épidémie de COVID-19 au pays.

Le racisme envers les Noirs, la discrimination systémique, l’injustice – ça existe aussi chez nous, a-t-il asséné sans détour. En anglais, il a également les biais inconscients qui existent dans la société canadienne.

Le statu quo où les jeunes font face à la violence à cause de la couleur de leur peau est inacceptable. Aucun parent ne devrait avoir à expliquer à nouveau à leurs enfants qu’eux ou leurs amis pourraient subir le racisme.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

En fin de semaine, on a vu des milliers de personnes partout au pays manifester pacifiquement pour se dresser contre le racisme, a-t-il ajouté. En faisant front commun – et en dénonçant ceux qui essaient comme toujours de perturber ces manifestations – les Canadiens envoient le message qu’ils ne toléreront pas l’injustice.

Je veux donc m’adresser aux jeunes Canadiens noirs : je vous entends. J’entends vos inquiétudes, votre colère, votre peine. Je vous entends lorsque vous dites que ça vous rappelle des expériences douloureuses de racisme et de discrimination. Je vous écoute.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

M. Trudeau a assuré que son gouvernement agit pour combattre le racisme et la haine sous toutes ses formes, mais sans faire une nouvelle annonce spécifique à ce sujet. Il s'est plutôt appliqué à défendre son bilan en la matière au cours des cinq dernières années.

Il n'en a pas moins admis qu'il y a toujours plus à faire, et qu'il compte travailler main dans la main avec les communautés touchées par le racisme pour continuer d'améliorer la situation.

Le premier ministre canadien a aussi eu une pensée pour les journalistes qui ont été pris à partie lors de manifestations parfois violentes qui ont eu lieu aux États-Unis depuis la mort de M. Floyd.

On doit veiller à ce que tout le monde soit en sécurité et traité avec respect. Ça inclut bien sûr les journalistes, qui doivent pouvoir faire leur travail sur le terrain pour exposer la vérité et raconter les histoires qu’on doit entendre, a-t-il laissé tomber.

Justin Trudeau a esquivé la question d'un journaliste qui lui demandait s'il a toujours l'autorité morale nécessaire pour aborder l'enjeu du racisme, étant donné le scandale provoqué par la révélation lors de la dernière campagne électorale qu'il s'était déjà maquillé le visage en noir (blackface).

Le premier ministre a rappelé qu'il s'est excusé profondément auprès de ceux qui ont été blessés par ce choix, effectué à l'occasion d'un gala costumé dans une école privée de Vancouver où il a enseigné avant de se lancer en politique, et qu'il tente tous les jours d'améliorer la situation.

Des manifestations pacifiques pour honorer la mémoire de George Floyd ont eu lieu dimanche à Montréal, à Toronto et à Vancouver. Seule celle survenue à Montréal s'est soldée par des affrontements violents, imputés par la police à des casseurs n'ayant rien à voir avec la manifestation d'origine.

Scheer et Singh en appellent à la responsabilité collective

Un peu plus tôt en matinée, le chef démissionnaire du Parti conservateur, Andrew Scheer, avait aussi brièvement abordé la situation lors d'un point de presse.

Comme vous tous, j'ai le coeur brisé par le meurtre de George Floyd. Personne ne devrait se sentir en danger autour de policiers qui doivent faire respecter la loi pour tous ou en raison de la couleur de leur peau, a-t-il dit.

Nous avons tous la responsabilité de combattre le racisme anti-Noir et toutes les formes de brutalité policière ou d'injustice, au Canada et partout ailleurs.

Andrew Scheer, chef démissionnaire du Parti conservateur

M. Scheer a aussi indiqué qu'il appuie le droit des Canadiens d'exprimer pacifiquement leurs points de vue et de dénoncer ce qu'ils considèrent comme injuste.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a longuement abordé le dossier en s'adressant à la presse quelques minutes avant M. Scheer.

Les images de la mort de M. Floyd étaient effrayantes, a-t-il dit, en évoquant le caractère impitoyable de ce que lui ont fait subir les policiers. Je comprends la colère. Je comprends la frustration, a-t-il lâché.

Il a toutefois rapidement affirmé que le racisme n'était pas qu'un enjeu américain, et que le racisme envers les Noirs existait tout autant au Canada.

Des Noirs sont aussi morts aux mains de policiers canadiens, a-t-il fait valoir avant d'évoquer la mort de Regis Korchinski-Paquet, la semaine dernière, à Toronto.

Combien d'autres vies doivent encore être prises? Quand prendra fin le racisme anti-Noir? Ce sont des questions justes, des questions réelles. Ce sont des frustrations justes et légitimes.

Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique

M. Singh a invité tous les gens mobilisés à canaliser leur frustration et leur colère de manière à s'organiser et à exiger des changements systémiques, notamment dans les façons de faire des corps policiers.

Ces derniers doivent être mieux entraînés à faire baisser les tensions, a-t-il plaidé.

De manière plus générale, il a appelé les Canadiens à lutter contre les inégalités qui touchent les Noirs, que ce soit en matière d'emploi, de logement, d'éducation ou d'accès aux soins de santé.

Je ne suis pas quelqu'un qui réclame la paix. Je crois que nous devons réclamer justice. La justice est la seule voie vers un monde meilleur, a-t-il affirmé.

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