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COVID-19 : les mesures de protection fonctionnent, montre une étude exhaustive

Une femme portant un masque marche dans la rue en parlant au téléphone.

Une étude fournit des preuves tangibles que l'éloignement physique, le port d’un masque et la protection des yeux préviennent la propagation de la COVID-19.

Photo : iStock

Radio-Canada

Se tenir à au moins un mètre des autres personnes et porter un masque et une protection oculaire sont des gestes qui réduisent le risque de transmission de la COVID-19, montre une méta-analyse publiée dans The Lancet  (Nouvelle fenêtre)(en anglais).

Ces travaux synthétisent toutes les données disponibles publiées sur la COVID-19, le SRAS et le MERS.

Les auteurs notent toutefois qu’aucune de ces interventions, même lorsqu'elles sont correctement utilisées et combinées, n'offre une protection sans faille contre l'infection. Selon ces chercheurs, les autres mesures de protection de base, notamment le lavage des mains, sont essentielles pour réduire les risques de transmission au minimum.

Plusieurs personnes assises sur le gazon respectent la distanciation physique près du lac des Nations à Sherbrooke.

Garder une distance physique d'au moins 1 mètre réduit le risque de transmission de la COVID-19, mais se distancier de 2 mètres serait encore plus efficace, affirment les chercheurs.

Photo : Radio-Canada / Bertrand Galipeau

Qu’est-ce qu’une méta-analyse?

Une méta-analyse est une démarche statistique qui permet de synthétiser les résultats d’études indépendantes ayant trait à une question de recherche bien précise. Cette synthèse des résultats est subséquente à une revue systématique et implique une méthodologie rigoureuse, selon l'Institut national de santé publique du Québec.

Dans leur méta-analyse, les auteurs ont compilé les données recueillies dans 172 études observationnelles consacrées à l’effet de l'éloignement physique, du port du masque et d’une visière de protection des yeux sur la propagation de la COVID-19, du SRAS et du MERS dans les communautés et les établissements de santé de 16 pays.

Nos conclusions sont les premières à synthétiser toutes les informations directes sur la COVID-19, le SRAS et le MERS, et fournissent les meilleures preuves actuellement disponibles sur l'utilisation optimale de ces interventions communes et simples pour aider à aplatir la courbe.

Holger Schünemann, professeur au Département d'épidémiologie clinique et de biostatistique de l’Université McMaster

Certains des résultats, notamment en ce qui concerne les masques faciaux et les protections oculaires dans le cas de la COVID-19, sont cependant étayés par des preuves moins solides, puisqu’aucun essai randomisé complet (qui compare aléatoirement des participants) n'a encore été réalisé pour ces deux interventions.

Ces nouvelles données permettront de mieux orienter les documents officiels de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les chercheurs canadiens Holger Schünemann et Karla Solo de l’Université McMaster, ainsi que des collègues de partout dans le monde, estiment que leur travail a des implications immédiates sur la pandémie, mais aussi sur les vagues qui viendront dans les prochains mois.

En outre, leur travail permet de mieux comprendre les modes de transmission de la maladie et de mieux établir les personnes potentiellement exposées (c'est-à-dire à moins de 2 mètres), ce qui permettra d’affiner la recherche des autres avec lesquelles elles ont eu des contacts.

Il faut savoir que, depuis le mois de mars, les pays émettent des avis parfois contradictoires sur l'éloignement physique pour réduire la transmission de la COVID-19, en raison des informations limitées qu’ils possèdent. Par exemple, la question de savoir si les masques et les couvre-yeux réduisent la transmission de COVID-19 est l’objet de quelques débats depuis le début de la pandémie.

Les gouvernements et les autorités de la santé publique peuvent utiliser nos résultats pour donner des conseils clairs aux milieux communautaires et aux travailleurs de la santé sur ces mesures de protection visant à réduire le risque d'infection.

Holger Schünemann, professeur au Département d'épidémiologie clinique et de biostatistique de l’Université McMaster

Les connaissances actuelles ont permis d’établir que la COVID-19 se propage le plus souvent par l’entremise des gouttelettes respiratoires contaminées par des particules virales. Celles-ci sont expulsées lorsqu’un individu tousse, parle fort, chante et éternue, et peuvent atteindre les yeux, le nez et la bouche d’une personne dans son environnement.

Une personne qui touche une surface sur laquelle des gouttelettes infectées se sont déposées et qui porte ses mains à sa bouche, à ses yeux ou à son nez, court également un risque d'être infectée. Mais ce risque serait moins important que ce qui avait d'abord été estimé, note la dernière mise à jour des données publiées (Nouvelle fenêtre) sur le site des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis.

Le risque de transmission par voie aérienne par des gouttelettes n'a pas été clairement démontré, et la plupart des scientifiques pensent qu'il est très faible. Cette transmission se produit lorsqu’une personne infectée respire et libère le virus dans l’air ambiant sous forme d’aérosols.

Les chercheurs notent que leur étude présente certaines limites, notamment le fait que peu d'études ont évalué l'effet des interventions dans des contextes autres que ceux des soins de santé, et que la plupart des preuves proviennent d'études sur le SRAS et le MERS.

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