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Une peine de 25 ans pour Ugo Fredette serait ridicule, juge la mère d'une des victimes

Les experts psychiatres évoquent la personnalité narcissique de l’accusé.

Ugo Fredette dans un restaurant.

Ugo Fredette a porté en appel les verdicts de culpabilité pour meurtre au premier degré.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Une peine de 25 ans serait ridicule pour avoir tué deux personnes, estime Claudette Biard, la mère de Véronique Barbe, l'une des deux victimes d'Ugo Fredette, qu'elle juge irrécupérable.

Elle espère que la juge condamnera l'homme à un minimum de 50 ans derrière les barreaux.

En octobre dernier, Ugo Fredette avait été reconnu coupable par un jury du meurtre au premier degré de son ex-conjointe, Véronique Barbe, poignardée à mort, et de celui d'Yvon Lacasse, un automobiliste de 71 ans croisé par hasard dans une halte routière de Lachute, alors qu'il était en fuite après avoir tué son ex-conjointe. Fredette avait volé son véhicule pour réduire ses chances de se faire repérer.

Fredette en a appelé de ces verdicts de culpabilité. Il réclame un second procès.

Pour moi, 25 ans c'est pas assez pour avoir détruit la vie de ma fille et de M. Lacasse. Vingt-cinq ans, à mon sens, c'est ridicule, a lancé Mme Biard.

J'espère que justice sera faite. C'est primordial pour nous autres, a-t-elle ajouté lundi midi, derrière le palais de justice de Saint-Jérôme.

Elle a décrit Ugo Fredette, 44 ans, comme un être nocif.

Les représentations sur la durée de la peine de prison que devra purger Ugo Fredette ont débuté lundi matin au palais de justice de Saint-Jérôme, pour les deux meurtres violents commis en septembre 2017.

En ces temps de pandémie, l'audience s'est déroulée de façon virtuelle : la juge Myriam Lachance était dans une salle avec les avocats, les familles des victimes dans une autre et les journalistes dans une troisième. Fredette était à distance, au centre de détention de Sainte-Anne-des-Plaines, d'où il peut suivre ce qui se passe.

Il a notamment été question du niveau de dangerosité de l'homme, de son risque de récidive et de son potentiel de réadaptation.

À l'écran, Fredette écoutait attentivement ce qui se passait, sans réaction, sauf lors du témoignage de son expert psychiatre : à ce moment, on l'a vu parfois hocher de la tête avec approbation.

Témoignage d’experts psychiatres

Le premier témoin a été le psychiatre Gilles Chamberland, de l'Institut psychiatrique Philippe-Pinel. Il a été appelé à la barre par la Couronne.

Selon lui, Ugo Fredette a un trouble de la personnalité narcissique.

Se basant sur ses observations, le témoignage de Fredette à son procès et sur les rapports d'autres médecins qui l'ont évalué, le Dr Chamberland l'a décrit comme un dépendant affectif, qui a besoin d'être admiré, mais qui manque d'empathie pour les autres et qui se voit comme une victime.

Il considère aussi que sa belle-mère [Mme Biard] doit porter une part de responsabilité dans les événements. Il ne s'en reconnaît aucune.

Extrait du rapport du Dr Chamberland

Il a de la difficulté à gérer ses frustrations et ses déceptions, a-t-il ajouté.

Quant à son potentiel de réadaptation, il ne voit pas par quel miracle monsieur pourrait changer à court terme.

Et sur la question de savoir s'il le pourrait à moyen ou à long terme, le psychiatre admet ne pouvoir faire cette prédiction à ce stade-ci. Des programmes d'aide sont disponibles en prison, mais il reste à voir s'il en tirera profit.

Il reconnaît toutefois qu'il n'y a pas beaucoup d'indices laissant croire qu'il est prêt à effectuer des changements.

La défense aussi a fait entendre un expert psychiatre, du même Institut Philippe-Pinel.

Le Dr Louis Morissette est d'avis que Fredette a des traits de personnalité narcissique, mais pas de trouble de la personnalité narcissique.

Mais il a souligné qu'il avait eu une longue relation de couple avec une femme avant sa relation avec Véronique Barbe, et qu'il travaillait. Il s'est bien adapté en prison, dans les circonstances.

L'empathie, ce n'est pas la première qualité de monsieur.

Le Dr Louis Morissette

Mais il y a 25 ans de cheminement qui s'en vient, a-t-il souligné, car il passera, quoi qu'il arrive, au moins cette période de temps en prison.

Le risque de récidive est faible, juge le Dr Morissette.

Le meurtre au premier degré entraîne automatiquement une peine de prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. La Couronne demande toutefois que Fredette passe un minimum de 50 ans derrière les barreaux, soit 25 ans par meurtre.

Cette possibilité de cumul des périodes de 25 ans lors de meurtres multiples a été ajoutée au Code criminel il y a quelques années. Cette disposition du Code est toutefois actuellement contestée devant les tribunaux, notamment par le tireur de la mosquée de Québec, Alexandre Bissonnette, qui a abattu six personnes.

D'autres témoins seront entendus mardi.

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