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Forcée de payer 30 000 $ de pénalité d’hypothèque pour avoir vendu sa maison

Une femme pose devant la porte d'entrée de sa maison.

Kristina Barybina dit avoir été stupéfaite d'apprendre qu'elle devait à la Banque TD une pénalité hypothécaire de près de 30 000 $ après avoir été forcée de vendre sa maison pendant la pandémie.

Photo : Avec l'autorisation de Kristina Barybina

Radio-Canada

Une femme fortement affectée par la crise de la COVID-19 s’est vu imposer un montant « ridiculement » élevé par la Banque TD lors de la vente de son domicile. Un expert en hypothèques appelle à la « clémence » des institutions financières dans ce genre de situations.

Au moment où la pandémie touchait l’Ontario, les revenus de Kristina Barybina, agente immobilière, ont fondu comme neige au soleil. Elle n’a pas eu d’autre choix que de vendre sa maison.

Consciente qu’elle allait devoir payer une pénalité pour mettre fin à son hypothèque de cinq ans auprès de la Banque TD, Mme Barybina ne s’attendait pas à ce que celle-ci s’élève à près de 30 000 $.

J’ai cru que mes yeux allaient sortir de leur orbite, se rappelle-t-elle. C’est fou.

La mère célibataire assure ne pas avoir eu d’autre choix que de mettre sa maison en vente et a trouvé acheteur au cours du mois d’avril.

Une chance, selon elle, alors que le marché immobilier commençait à s’effondrer.

Presque du jour au lendemain, l'agente immobilière basée à East Gwillimbury, à 50 km au nord de Toronto, a perdu tous ses clients. Les gens ne s’inscrivent pas, constate-t-elle. Et personne ne sait quand la fin [de cette situation] approche.

Pour aggraver ses problèmes, deux locataires qui avaient loué des chambres dans sa maison ont déménagé pour être avec leurs familles. Les revenus d'une suite Airbnb sur lesquels elle comptait également pour payer son prêt hypothécaire se sont également taris.

Une maison vue de l'extérieur.

Kristina Barybina n'était plus en mesure de verser les 2 780 $ d'hypothèque mensuelle sur sa maison d'East Gwillimbury.

Photo : Avec l'autorisation de Kristina Barybina

Un expert hypothécaire affirme que les personnes qui doivent vendre leur maison et qui ont contracté des hypothèques à taux fixe sont particulièrement touchées en ce moment, en raison de la façon dont les institutions financières calculent les pénalités.

Il appelle les banques à faire preuve de clémence.

Lorsque vous perdez vos revenus à cause d'une crise financière comme celle que nous traversons actuellement et que vous devez débourser des dizaines de milliers de dollars à votre prêteur, c'est navrant, affirme Rob McLister, fondateur de RateSpy.com, un site Internet de comparaison des taux hypothécaires.

Idéalement, les banques devraient faire preuve de compassion.

Rob McLister, expert en hypothèques

Kristina Barybina s'occupe de sa mère âgée, qui vit avec elle, et d'un fils de 12 ans. Cette mère célibataire affirme qu’elle a commencé à prendre des médicaments pour lutter contre l'anxiété.

Un calcul de pénalité controversé

Les banquiers sont parfaitement dans leur droit en vertu de l'accord, mais nous sommes dans une pandémie, rappelle-t-elle. Je ne vends pas cette maison parce que j'adore déménager.

Mme Barybina en était à 19 mois de remboursement pour une hypothèque de cinq ans, avec un taux fixe de 3,71 %, et devait encore 591 000 $.

La TD a utilisé un calcul controversé pour déterminer la pénalité pour rupture des conditions, établi à 29 530 $.

Toutes les grandes banques canadiennes utilisent des méthodes similaires pour calculer les pénalités que les gens doivent payer s'ils mettent fin à un prêt hypothécaire à taux fixe.

Ils peuvent facturer soit un intérêt de trois mois, soit ce qu'on appelle le différentiel de taux d'intérêt (DTI), selon le plus élevé des deux.

Dans le cas de l’agente immobilière, les trois mois d’intérêt se seraient élevés à 3000 $.

La baisse des taux d'intérêt de la Banque du Canada contre-productive

Le DTI est un calcul qui fait intervenir la différence entre le taux d'intérêt sur l'hypothèque négociée, le taux d'intérêt fixe actuel affiché par la banque et la durée restante du contrat.

Les banques affirment qu'elles perdent des revenus anticipés de leur client s’ils mettent fin à l'hypothèque prématurément.

Lorsque la Banque du Canada abaisse les taux d'intérêt, les taux fixes affichés par les banques privées baissent également, ce qui augmente les pénalités pour les personnes qui rompent les prêts hypothécaires à taux fixe.

La TD profite de la perception de ce montant de pénalité ridicule, qui est uniquement basé sur le fait que le taux d'intérêt affiché par la Banque du Canada est si bas, ce qui a été fait pour aider les gens, explique Kristina Barybina. C'est sans cœur.

Rob McLister affirme que les banques encourent des coûts et des risques lorsqu'elles empruntent de l'argent pour couvrir l'hypothèque d'un client, elles doivent donc récupérer cette perte de revenu. Mais il dit que les pénalités hypothécaires dépassent souvent leurs pertes.

Un homme pose en trois quarts.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'expert en prêts hypothécaires Rob McLister prévoit que le nombre de Canadiens contraints de rompre leur hypothèque à taux fixe et d'encourir de lourdes pénalités « augmentera » dans les mois à venir.

Photo : Avec l'autorisation de Rob McLister

La plupart du temps, les pénalités hypothécaires bancaires sont plus importantes qu'elles ne devraient l'être, a-t-il déclaré.

Selon Mortgage Professionals Canada, 74 % de tous les prêts hypothécaires ont des taux fixes.

La Banque TD a refusé une demande d'entrevue. Dans un communiqué, un porte-parole déclare que la banque veille à ce que les clients comprennent les pénalités hypothécaires et que Mme Barybina s'est vue proposer un report d'hypothèque supplémentaire de cinq mois.

Il n'explique pas pourquoi la banque n'a pas négocié la réduction de la pénalité de 30 000 $, après que leur cliente eut déposé une plainte. Mais il affirme que la banque a discuté des options disponibles pour réduire les frais.

Kristina Barybina nie qu'on lui ait proposé des options utiles.

Avec les informations de CBC

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