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Les villes américaines redoutent de nouvelles éruptions de violences

Des ouvriers réparent la devanture d’un restaurant.

Des ouvriers nettoient et réparent un bâtiment près de la Maison-Blanche après une nuit d’émeutes à Washington.

Photo : Getty Images / MANDEL NGAN

Radio-Canada

De nombreuses villes américaines pansent leurs plaies après une semaine de protestations et d’émeutes en réaction à la mort d’un Afro-Américain à Minneapolis aux mains de quatre policiers blancs et appréhendent de nouvelles éruptions de colère.

Dans certains quartiers aux alentours de la Maison-Blanche à Washington, on voit encore, au lendemain du couvre-feu imposé par les autorités, des vitrines brisées et des poubelles incendiées.

De New York à Los Angeles, de Philadelphie à Seattle, des dizaines voire des centaines de milliers d'Américains ont manifesté contre les brutalités policières, le racisme et les inégalités sociales.

Le président Donald Trump, qui a fustigé les manifestants, les qualifiant d’anarchistes, a accusé lundi son rival démocrate à la présidentielle, Joe Biden, d'œuvrer à la sortie de prison des fauteurs de troubles.

Ce mouvement de contestation s'est exprimé de façon majoritairement pacifique le jour, mais a aussi donné lieu à des embrasements nocturnes, à des pillages et à des destructions à grande échelle. Les protestations se sont propagées dans au moins 140 villes américaines.

Les forces de l'ordre ont procédé à des milliers d'interpellations un peu partout au pays.

Plusieurs véhicules de police sont stationnés près d'attroupements au crépuscule.

De nombreux policiers sont intervenus pour arrêter environ 150 personnes, dimanche soir, à Minneapolis.

Photo : Reuters / NICHOLAS PFOSI

Dans la soirée de dimanche, ce sont quelque 150 personnes qui ont été arrêtées à Minneapolis pour avoir violé le couvre-feu et ignoré un ordre de dispersion.

Même les protestataires pacifiques qui violent le couvre-feu sont susceptibles d’être arrêtés, a tweeté le département de la Sécurité publique du Minnesota peu après. Rentrez à la maison et restez-y. Le couvre-feu est en vigueur à Minneapolis et à St. Paul jusqu’à 6 h.

Les arrestations n’ont pas donné lieu à des scènes de grabuge. Plusieurs manifestants se sont laissés embarquer en silence, et d’autres ont tenu à livrer un message plutôt positif aux journalistes qui, exemptés du couvre-feu, assistaient à la scène.

Il faut du changement. Si nous ne nous battons pas pour du changement, nous ne l’obtiendrons pas, a commenté Douglas Holliday, un Afro-Américain de 65 ans qui attendait de monter dans un autobus devant l’amener en prison, en compagnie de son fils Robert, âgé de 44 ans.

Une murale bleue à l'effigie de George Floyd avec la mention de son nom.

Une murale en hommage à George Floyd, à Minneapolis.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Bélanger

Lorsqu’un journaliste du Star Tribune lui a demandé pourquoi il était important pour lui de manifester, le sexagénaire a répondu sans détour : Parce que je suis un homme noir. Malgré son interpellation, il comptait tout de même continuer de manifester jusqu’à ce que nous soyons égaux en droits.

Nous avons des enfants noirs, des frères noirs, des amis noirs, nous ne voulons pas qu'ils meurent. Nous sommes fatigués que ça se répète, cette génération ne se laissera pas faire. Nous en avons assez de l'oppression.

Muna Abdi, manifestante noire de 31 ans, à St. Paul, ville jumelle de Minneapolis

Un chauffeur soupçonné d'agression

La nuit n’a pas été marquée par des explosions de colère à Minneapolis. La journée avait elle-même été marquée par des manifestations essentiellement pacifiques, les manifestants s’appliquant à bloquer des rues pour crier leur désarroi.

L’après-midi avait toutefois été marquée par la scène terrifiante d’un camion-citerne fonçant à vive allure vers une foule imposante réunie sur l’autoroute 35 Ouest. Le camion s’est finalement arrêté avant que le pire ne se produise.

Des gens se tassent du centre de la route à l'approche du camion.

Un camion-citerne a foncé sur des milliers de manifestants qui marchaient sur l'autoroute 35 en direction nord à Minneapolis pour dénoncer la mort de George Floyd.

Photo : Reuters / ERIC MILLER

Le conducteur a cependant été pris à partie par les manifestants présents et a été blessé dans une bousculade. La police est intervenue rapidement et l’a mis en état d’arrestation; il est soupçonné d’agression.

Les autorités de l’État disent ne pas être au courant de blessures infligées à des manifestants dans cette affaire, sans exclure que certains se soient rendus par eux-mêmes dans des établissements médicaux.

Le commissaire à la Sécurité publique du Minnesota, John Harrington, a avancé que le camion-citerne se trouvait déjà sur l’autoroute quand les responsables de l’État ont décidé de la fermer.

Dans un point de presse subséquent, le commissaire aux services correctionnels de l’État, Paul Schnell, a plutôt avancé que le camion avait contourné une barrière pour pouvoir continuer à rouler sur l’autoroute.

Des témoins du Star Tribune maintiennent pour leur part que le camionneur avait clairement vu la foule, puisqu’il klaxonnait sans même ralentir son véhicule.

Il n’arrêtait pas. Il klaxonnait bruyamment et se dirigeait vers la foule. C’est le même genre de méchanceté qui nous a amenés ici. C’est du mépris impitoyable pour l’humanité des gens.

Drew Valle, éducateur spécialisé

Les quatre policiers impliqués dans la mort de George Floyd ont d’ores et déjà été congédiés, mais un seul a été formellement arrêté et inculpé d'homicide involontaire.

Il s’agit de Derek Chauvin, l’agent que l'on peut voir dans une vidéo écraser son genou sur le cou de la victime, alors immobilisée au sol et qui disait : je ne peux plus respirer.

Des images filmées un peu plus tôt par une caméra de surveillance montrent George Floyd menotté et ne résistant pas aux policiers.

Lors d’un échange télévisé organisé dimanche par CNN, le chef de la police de Minneapolis, Medaria Arradondo, a déclaré au frère de George Floyd, Philonise Floyd, que ces policiers avaient une responsabilité dans la tragédie.

Être silencieux et ne pas intervenir, c'est être complice, a-t-il déclaré. Si le chef Arradondo a le pouvoir d’arrêter les trois policiers, il n'a pas celui de porter des accusations à leur encontre. Cela revient au bureau du procureur.

Avec les informations de Star Tribune, Duluth News Tribune, et Agence France-Presse

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