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Pékin et Téhéran dénoncent le racisme et la répression aux États-Unis

Un policier tient une arme face à des manifestants.

Un policier pointe une arme sur des manifestants à Santa Monica, en Californie.

Photo : Getty Images / Mario Tama

Agence France-Presse

La Chine a dénoncé lundi la « maladie chronique » du racisme aux États-Unis, alors que l’Iran a demandé aux autorités américaines d’arrêter les violences contre leur peuple à la suite de la mort d'un Afro-Américain arrêté par la police, à l'origine de manifestations parfois violentes dans l'ensemble du pays.

La Chine et l'Iran ont plusieurs fois été critiqués sur la question du respect des droits de la personne.

Les troubles dans plusieurs villes américaines sont le signe de la gravité du problème du racisme et de la violence policière aux États-Unis, a déclaré devant la presse le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian.

M. Zhao a fait le rapprochement entre les violences aux États-Unis et celles qui ont secoué l'an dernier la région semi-autonome chinoise de Hong Kong, en réaction à l'influence de Pékin dans l'ancienne colonie britannique.

Selon lui, la réponse des États-Unis aux manifestations contre les violences policières sur leur sol est un cas d'école de leur deux poids, deux mesures de renommée mondiale.

Pourquoi les États-Unis traitent-ils en héros les partisans de la violence et de la soi-disant indépendance de Hong Kong, tout en qualifiant ceux qui dénoncent le racisme "d'émeutiers"?, s'est-il interrogé.

Des policiers tentent de maîtriser un homme pour l’arrêter.

Un homme est arrêté lors d'une manifestation à Louisville, au Kentucky.

Photo : Reuters / BRYAN WOOLSTON

Pékin estime que des forces étrangères sont responsables de l'agitation à Hong Kong et qualifie les manifestants violents les plus radicaux de terroristes.

Arrêtez la violence contre votre peuple

L'Iran a appelé lundi les États-Unis à arrêter les violences contre leur peuple.

Au peuple américain : le monde a entendu votre cri sur l'état d'oppression. Le monde est à vos côtés, a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères iranien Abbas Moussavi lors d'une conférence de presse à Téhéran.

Aux fonctionnaires et à la police américains : arrêtez la violence contre votre peuple et laissez-le respirer.

Abbas Moussavi, porte-parole des Affaires étrangères iranien

M. Moussavi faisait écho au slogan repris dans les manifestations américaines Je ne peux pas respirer.

Dans une vidéo devenue virale, on voit un policier maintenir pendant de longues minutes son genou sur le cou de George Floyd, qui dit ne pouvoir respirer.

La colère qui a explosé à Minneapolis (Minnesota) après le décès lundi dernier de M. Floyd s'est rapidement propagée à tout le pays, où des manifestations contre les violences policières ont rassemblé plusieurs milliers de citoyens.

La situation a dégénéré en émeutes à plusieurs endroits, forçant les autorités de plusieurs villes à imposer des couvre-feux et à faire appel à la Garde nationale.

Nous regrettons profondément de voir le peuple américain, qui cherche pacifiquement le respect et non la violence, être réprimé sans discernement, a ajouté M. Moussavi, accusant les États-Unis de pratiquer la violence et l'intimidation à l'intérieur du pays et à l'étranger.

Les manifestations américaines ont fait l'objet d'une large couverture dans les médias iraniens, en particulier par la télévision d'État.

Un homme levant le bras vers le haut devant un feu.

Un manifestant debout près d’un feu non loin de la Maison-Blanche à Washington.

Photo : Getty Images / Alex Wong

Les relations entre l'Iran et les États-Unis, ennemis jurés, se sont détériorées depuis que Donald Trump a dénoncé en 2018 l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015 et rétabli de lourdes sanctions contre Téhéran.

L'Iran a été condamné par les États-Unis après les troubles de novembre 2019 qui ont suivi l'annonce d'une hausse du prix de l'essence, Washington affirmant que plus de 1000 personnes pourraient avoir été tuées dans la répression de la contestation en Iran.

L'organisation de défense des droits de la personne Aministie internationale a indiqué que 304 personnes avaient été tuées, dont 12 enfants.

L'Iran n'a pas annoncé de bilan officiel et n'a reconnu la mort que d'une poignée de personnes, notamment parmi les forces de sécurité, les autorités qualifiant de mensonges absolus les bilans fournis par des groupes hostiles.

En décembre, un rapport d'un groupe d'experts indépendants travaillant pour le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme estimait que le bilan pourrait être supérieur à 400 morts (dont 12 enfants).

Cité dimanche par l'agence de presse Isna, le ministre iranien de l'Intérieur, Abdolréza Rahmani Fazli, a suggéré que les troubles pourraient avoir fait 225 morts.

M. Rahmani Fazli a aussi laissé entendre que 20 % des victimes ont été tuées par des émeutiers, selon la terminologie employée alors par les autorités.

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