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Solidarité et grabuge au centre-ville de Montréal

Des manifestants mettent un genou au sol et lèvent le poing à la place du Canada au centre-ville de Montréal.

Les manifestants ont mis un genou au sol et ont levé le poing en l'air une fois à la place du Canada.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le poing en l’air, en plein centre-ville de Montréal, des milliers de manifestants ont scandé dimanche soir des slogans contre le racisme et la brutalité policière pour honorer la mémoire de George Floyd, un homme afro-américain tué par un policier de Minneapolis, le 25 mai. Le mouvement de protestation s’est toutefois terminé dans la casse et les gaz lacrymogènes avant d’être dispersé par la police.

Dès 17 h, les manifestants arrivent de partout et se rassemblent au pied du quartier général du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), au coin du boulevard De Maisonneuve et de la rue Saint-Urbain. L’édifice est littéralement ceinturé par l’escouade antiémeute. 

Je suis ici aujourd’hui parce que je suis fatigué, fatigué du racisme, dit Jean-Luc. Sur sa pancarte, on peut d’ailleurs lire que ses bras en ont assez de la tenir depuis les années 1960. On est dans un pays démocratique, le mouvement des droits civiques a eu lieu, mais trop souvent, des gens qui me ressemblent se font tirer dessus sans aucune raison.

Après une série de discours et une minute de silence à la mémoire des victimes de la brutalité policière, la manifestation se met en marche vers l’ouest.

En pleine pandémie de coronavirus, il est impossible de respecter la distanciation sociale tellement les rues sont bondées de monde. La grande majorité des participants sont masqués, et dans la foule on distribue du liquide désinfectant.

Au Québec aussi

Malgré le ras-le-bol des protestataires, durant les premières heures de cette manifestation, l’ambiance est festive et familiale. On a besoin que ça change, dit Stéphanie Germain, l’un des organisatrices de l’événement. Cessons de dire que ça se passe seulement aux États-Unis, ça arrive ici aussi. Freddy Villanueva, Pierre Coriolan, Bony Jean-Pierre : ce sont des personnes qui sont tombées sous les balles de policiers québécois.

Arrivée au square Dorchester, la marche s'arrête un peu plus d’une heure. Des milliers de manifestants occupent les rues. À plusieurs reprises ils se mettent à genoux, le poing dans les airs. Mis à part quelques graffitis et un peu de pyrotechnie, tout se déroule pacifiquement.

Les policiers étaient d’ailleurs quasi invisibles durant les deux premières heures de l'événement. Nous respectons les droits et le besoin de chacun de dénoncer haut et fort cette violence et serons à vos côtés pour assurer votre sécurité, a indiqué le SPVM sur Twitter. 

Les percussions et les « black lives matter » résonnent contre les murs de pierre de la cathédrale Marie-Reine-du-Monde. J’ai peur de la police, me confie une femme installée sur le parvis du bâtiment. Elle devrait être là pour nous protéger.

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La manifestation s'est également déroulée sur le boulevard René-Lévesque, au centre-ville de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Vers 19 h, un groupe de manifestant reprend la marche sur la rue Metcalfe, vers le nord. L’ambiance est un peu plus tendue. Après avoir déambulé sur la rue Sherbrooke et le boulevard Saint-Laurent, le cortège est de retour devant le quartier général du SPVM. Je suis là pour défendre ma couleur de peau! s’exclame le jeune Malcolm. J’habite à Terrebonne, et à cause que j’ai des dreads la police m’arrête sans arrêt.

Manifestation illégale

Si la police s’est faite discrète au courant des dernières heures, elle sort l’artillerie lourde pour cette fin de manifestation. L’escouade antiémeute forme un rang devant les protestataires, armés de boucliers, de matraques et de masques à gaz. La foule crie « laissez-nous passer ». Certains lancent des pierres et des bouteilles aux agents.

Mais vers 20 h 15, la manifestation est déclarée illégale et les policiers tirent les premières cartouches de gaz lacrymogènes. La foule se disperse. Ils sont nombreux à tousser, à avoir les yeux qui pleurent.

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Des manifestants ont démantelé des clôtures de sécurité.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

À partir de ce moment, la protestation dégénère en émeute. Au pied de l’église Saint John the Evangelist, une toilette chimique portative est renversée et incendiée. Malgré les efforts de certains manifestants pour éviter les débordements, des individus fracassent les fenêtres d’un édifice de Bell Canada. Alors qu’un camion de pompier tente d’emprunter la rue Saint-Urbain, une dizaine d’émeutiers s’y accrochent.

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Des manifestants ont grimpé sur un camion de pompier qui passait au centre-ville de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Un peu plus tard, la police charge à nouveau. Les protestataires se séparent alors en plus petits groupes. Quelques centaines d’entre eux se rendent vers l’ouest de la rue Sainte-Catherine. Ils tentent d’incendier des voitures et saccagent les vitrines de la bijouterie Birks. Opération de dispersion et d'interventions ciblées, on vous ordonne de quitter les lieux, crache le porte-voix d’une auto-patrouille.

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Des gaz lacrymogènes ont été employés pour disperser les manifestants.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Un peu plus à l’est, des émeutiers brisent la devanture de la boutique de musique Steve’s et volent de nombreux instruments. Face à ce saccage, des manifestants tentent de calmer le jeu. Quand quelqu’un lance quelque chose, on le chicane, dit Michaële, déçue de voir toute cette violence. On voulait un événement pacifique. Mais on comprend la colère des gens. On a besoin d’exprimer notre rage.

Les rues de la ville sont redevenues calmes vers 22 h.

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