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Une conseillère municipale exclue des séances plénières à la Ville de Rimouski

Virginie Proulx en entrevue devant le fleuve, dans le secteur du Bic.

Virginie Proulx considère qu'il est difficile d'exprimer une façon de penser différente au sein du conseil municipal de Rimouski.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Michaële Perron-Langlais

À Rimouski, la conseillère municipale du district du Bic, Virginie Proulx, est exclue des comités pléniers depuis le 11 mai. Certains élus de la Ville soutiennent que le lien de confiance a été rompu entre Mme Proulx et une majorité des membres du conseil municipal.

Tenus à huis clos, les comités pléniers permettent aux élus de débattre des dossiers de manière confidentielle, avant que ceux-ci soient présentés lors des séances publiques du conseil municipal.

Au fil des derniers mois, il est arrivé quelques situations qui nous ont amenés à soupçonner fortement des bris de confidentialité, de sorte que ça a généré un bris de confiance envers Mme Proulx et son exclusion des travaux en comité plénier, explique le conseiller du district Sacré-Cœur, Sébastien Bolduc.

Il soutient que ce manque de confiance était nuisible à la qualité des échanges. C’était difficile, pour ne pas dire impossible d’avoir des travaux efficaces en comités pléniers, raconte-t-il.

Une enseigne est installée devant l'Hôtel de Ville de Rimouski.

En raison de la pandémie de COVID-19, les élus tiennent leurs réunions de manière virtuelle, et non à l'Hôtel de Ville (archives).

Photo : Radio-Canada / Claude Côté

Il faut qu’on soit en mesure de travailler en équipe et de se faire confiance mutuellement. On a des règles qu’on se donne comme conseil. Notre rôle et notre engagement, c’est de garder pour nous les discussions, ajoute le conseiller du district de Nazareth et maire suppléant, Rodrigue Joncas, qui précise qu’il peut toutefois y avoir certaines exceptions.

Les deux hommes soulignent qu’exclure Virginie Proulx des séances plénières a été une décision difficile.

« Plus de transparence et d’ouverture », réclame Virginie Proulx

Même si elle n’est plus en mesure d’assister aux comités pléniers, la conseillère du Bic continue de recevoir toute l'information traitée lors de ces séances à huis clos et de participer aux séances publiques du conseil municipal.

Même si elle déplore la décision de ses collègues, Virginie Proulx n’y voit pas des côtés négatifs. C’est sûr que je n’ai plus accès au débat et que je ne peux plus donner mon avis à l’interne, reconnaît-elle. Par contre, je peux maintenant le donner davantage de façon publique. Je dirais que ça me donne une liberté que je n’ai jamais pu avoir [auparavant].

Elle rappelle avoir signifié son désaccord avec certaines procédures en place à la Ville de Rimouski à plusieurs reprises dans le passé.

Je pense qu’il faut plus de transparence, plus d’ouverture, et qu’il faut considérer davantage les citoyens. J’ai vraiment de la difficulté avec la culture, actuellement, au conseil municipal.

Virginie Proulx, conseillère municipale à la Ville de Rimouski

Elle aimerait entre autres qu’une plus grande partie des discussions soient accessibles aux citoyens. Il y a certains éléments pour lesquels c’est normal qu’il y ait une confidentialité, mais on pourrait amener plus d’ouverture aux débats du côté du conseil municipal, et que ce soit un peu moins comme une pièce de théâtre où on sait déjà qui propose, qui appuie, dit-elle.

Exprimer son désaccord

Virginie Proulx considère qu’il est difficile d’exprimer des opinions divergentes pour les membres du conseil municipal. Si on veut essayer de sortir du lot et de penser différemment, il y a beaucoup de pression sur les élus et c’est malsain que ce soit comme ça, soutient-elle.

Les conseillers Bolduc et Joncas croient quant à eux qu’il est possible pour les élus de la Ville d’exprimer leur désaccord lors des séances du conseil, et que les échanges confidentiels ont leurs raisons d’être.

C’est une façon que ce sont donnés les élus à travers les années pour faciliter le travail, la discussion et la prise de décision autour de la table, de sorte que quand on arrive en public, on est prêt à prendre un vote, explique M. Joncas.

Quelqu’un qui a une position totalement opposée et qui considère que la résolution présentée ne fait pas son affaire a toujours le loisir de voter contre. Je l’ai fait à quelques reprises depuis le début du mandat.

Sébastien Bolduc, conseiller municipal à la Ville de Rimouski

Par contre, le fait que nos idées ne soient pas retenues à l’occasion ne signifie pas qu’il n’y a pas de démocratie autour de la table, ajoute M. Bolduc.

Les conseillers interrogés ne savent pas, pour le moment, comment pourrait évoluer la problématique entourant l’exclusion de Mme Proulx. Pour la majorité autour de la table, il y avait un lien de confiance rompue. On est au niveau des valeurs humaines, ce n’est pas politique. Comment peut-on rebâtir cette confiance-là? L’avenir nous le dira, conclut Rodrigue Joncas.

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