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La COVID-19 pousse les Albertains à camper hors des sentiers battus

Une tente est plantée à côté d'une rivière. Il y a des conifères en arrière-plan.

Une tente installée à proximité de la rivière Blackstone sur une terre publique située dans le centre ouest de l'Alberta.

Photo :  CBC / Scott Stevenson

Privés des terrains de camping dans les parcs provinciaux et nationaux à cause de la COVID-19, les Albertains se retranchent sur les sites de camping des terres de la Couronne.

Pendant la longue fin de semaine du mois de mai, les campeurs albertains ont été plus nombreux à passer la nuit sur un site des terres de la Couronne, ces zones publiques, accessibles gratuitement à tous.

Les terres situées dans le sud et le centre de l’Alberta ont particulièrement été prisées par les amateurs de plein air, a observé le ministère provincial de l’Environnement et des Parcs.

Reste à savoir si les campeurs qui utilisent traditionnellement nos parcs provinciaux changeront leurs habitudes pour ces terres publiques, s’est demandé l’attachée de presse du ministère, Jess Sinclair.

Plan B

La popularité du groupe Facebook Crown Land Camping Alberta récemment lancé par le Calgarien Ryan Epp semble indiquer que oui. En sept semaines, le groupe rassemble près de 29 000 internautes. D'autres s'y rajoutent sans cesse.

C’est fou, n’en revient pas Ryan Epp. J’ai ouvert le groupe à la base pour chercher des gens avec lesquels aller camper, [...] je m’attendais à rejoindre 50 à 60 personnes [...] et il y a toujours près de 1000 abonnés qui s'inscrivent chaque jour.

La raison de ce succès? La fermeture des terrains de camping conventionnels pour freiner la propagation de la COVID-19, croit M. Epp.

Les terrains de camping des parcs nationaux de l’Alberta resteront fermés jusqu’au 21 juin au moins.

Lundi, ceux qui sont situés dans les parcs provinciaux seront de nouveau accessibles, mais la moitié des sites resteront fermés en raison des restrictions sanitaires causées par la pandémie.

Autre donnée : la Colombie-Britannique et la Saskatchewan ont emboîté le pas de l’Alberta en interdisant la réservation de leurs sites de camping aux visiteurs venus de l’extérieur de ces provinces.

Savoir-vivre

Malgré lui, Ryan Epp est devenu un conseiller informel pour tous ces campeurs qui se dirigent, souvent pour la première fois, vers les terrains de la Couronne.

Du haut de ces 46 ans, il explique la base de cette forme de camping sauvage en pleine nature, dans des lieux qui ne sont pas aménagés.

Il n’y a pas de service, donc il n’y a pas d’eau, pas d’électricité et aucune toilette, décrit M. Epp. Si vous vous rendez là-bas, vous devez prévoir tout, dit le campeur qui se déplace en caravane.

J’ai un générateur qui me fournit de l’énergie, de cette façon je suis prêt à tout, ajoute-t-il.

Un terrain de camping avec des roulottes.

Loin du seau de cinq gallons qu’il a déjà utilisé en guise de toilettes, Ryan Epp s'est petit à petit équipé pour gagner en confort lors de ces nuitées sur les terres de la Couronne en Alberta.

Photo : Ryan Epp

Chaque terrain de camping public a ses propres règles. La plupart sont répertoriées sur les sites du gouvernement albertain et de Parcs Alberta.

Pour tous, la règle d’or est de ne pas laisser de traces en partant, rappelle une autre amatrice du camping sur les terres de la Couronne, CJ Blye.

La pression que nous allons exercer sur ces espaces naturels va être plus grande, car nous allons voir plus de gens s’y rendre, pense-t-elle.

Ryan Epp, lui, n’hésite pas à ramasser les ordures qu’il trouve lors de ses escapades pour les jeter, avec les siennes, à son domicile à son retour.

Secret d’initiés

Quand vient le temps de partager l’emplacement de ses sites de camping publics de prédilection, Ryan Epp se fait plus avare de commentaires.

On a tous nos secrets que nous ne divulguerons jamais à personne, concède-t-il. Ça fait aussi partie du plaisir de partir à l’aventure en éclaireur pour trouver sa propre perle rare parce qu’il y a des milliers et des milliers de kilomètres où fouiller pour trouver ces terres de la Couronne.

Et il y en a pour tous les goûts, tant pour l'ermite qui cherche un havre de paix silencieux coupé du monde, que pour un groupe qui souhaiterait se réunir sans crainte de déranger ses voisins.

Une prise de vue depuis un camion qui roule sur une route non goudronnée dans les montagnes.

Il faut parfois s'aventurer hors des sentiers battus pour mettre main sur un des sites de camping des terres publiques.

Photo : Ryan Epp

C’est tellement plus tranquille, trouve Ryan Epp. Et ceux qui veulent faire plus de bruit le peuvent aussi, car il n’y a vraiment personne alentour.

Bien que certains sites restent difficilement accessibles, Mme Blye souligne que la province est composée à 60 % de terres publiques.

Il y a plusieurs parcs naturels au nord d’Edmonton, et la plupart des terres de la Couronne suivent le corridor longeant les Rocheuses jusqu’au sud de la province, dit-elle.

De son côté, la province exhorte les utilisateurs à limiter leur séjour à un même endroit sur ces terres à 14 jours.

Avec les informations de Scott Stevenson.

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