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COVID-19 et opération chirurgicale, une combinaison mortelle, conclut une étude

Un chirurgien prend un instrument dans sa main.

23,8 % des patients atteints de la COVID-19 meurent après une intervention chirurgicale, selon une étude internationale.

Photo : iStock

Radio-Canada

Une étude internationale suggère que le risque que les patients atteints de la COVID-19 meurent après être passés sur une table d’opération est proportionnellement bien plus élevé que celui des patients similaires, mais non infectés par le virus.

Les résultats de la publication, conduite notamment par des chercheurs de l’Université Western de London, en Ontario, montrent que près d’un quart (23,8 %) des patients COVID-19 sont décédés après avoir subi une intervention chirurgicale.

Les patients [inclus dans l'étude] ont contracté le SRAS-CoV-2 dans les 7 jours avant ou 30 jours après l'opération, précisent les auteurs de l'étude. Parmi les données analysées – de plus de 1000 patients – 294 patients (26,1 %) avaient déjà reçu leur diagnostic positif à la COVID-19 avant de passer sous le bistouri.

L'étude démontre que le taux de mortalité est comparativement disproportionné, quel que soit le type de chirurgie, qu'elle soit urgente ou non, mineure ou majeure.

Nous nous attendons normalement à ce que la mortalité des patients subissant une chirurgie mineure ou non urgente soit inférieure à 1 %, mais notre étude suggère que ces taux de mortalité sont beaucoup plus élevés chez les patients atteints du SRAS-CoV-2, à la fois en chirurgie mineure (16,3 %) et en chirurgie non urgente (18,9 %), déclare le coauteur de l'étude, Aneel Bhangu, maître de conférences en chirurgie à l'Université de Birmingham.

En fait, ces taux de mortalité sont supérieurs à ceux rapportés même pour les patients les plus à risque avant la pandémie, ajoute-t-il.

Les chercheurs ont également conclu que les taux de mortalité étaient plus élevés chez les hommes que chez les femmes, de même que les patients de plus de 70 ans, comparativement à ceux qui étaient plus jeunes.

L'étude ne comprend pas de groupe témoin.

Évaluer les risques

En plus de l'âge et du sexe, l'étude a suggéré que d'autres facteurs de risque de décès postopératoire comprenaient des problèmes médicaux préexistants graves, une opération liée au cancer, une intervention majeure ou urgente.

Notre objectif est d'obtenir des résultats optimaux pour les patients. Pour la première fois, nous disposons de données provenant d'une grande étude pour savoir quand les avantages de l’intervention chirurgicale l'emportent sur les risques chez les patients qui peuvent également avoir la COVID-19, explique Janet Martin, professeure agrégée à l'Université Western.

Des médecins dans une salle d'opération

Plus de 76 000 interventions auraient été reportées ou annulées en Ontario depuis le 15 mars, selon une estimation du Bureau de la responsabilité financière établie au début du mois de mai.

Photo : iStock

Cela arrive à point nommé étant donné notre besoin de reprendre les chirurgies non urgentes en toute sécurité pendant une pandémie mondiale.

L'étude développée par CoviSurg Collaborative, a été publiée par la revue médicale The Lancet.

Elle fait suite à l’analyse de données issues de plus de 1000 patients dans 24 pays à travers l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Afrique et l’Asie.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

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