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Une application de rencontres « pour les relations sérieuses » développée à Toronto

Un usager utilise l'application Peel sur son téléphone intelligent.

L'application de rencontres Peel limite le nombre de conversations simultanées à deux. Selon les créateurs de l'appli, ceci permet de se concentrer davantage sur les conversations et donne une meilleure chance que la rencontre mène à une relation sérieuse.

Photo : Avec l'autorisation de Peel

Nicolas Haddad

Lancée le mois dernier, l'application de rencontres Peel offre à ses utilisateurs une approche plus mesurée et concentrée aux rencontres en ligne, en limitant à deux le nombre de conversations que peut avoir un utilisateur en même temps.

Selon les développeurs de l’appli, Peel se positionne en alternative aux applications de rencontre populaires comme Tinder, Grindr ou Bumble, avec une approche qui mise sur la qualité des rencontres, plutôt que le volume de profils proposés par l’application.

Les applis de rencontre actuelles ne nous ont pas satisfaites dans le sens où on s’est rendu compte qu’elles ont été créées pour faire du chiffre, explique un des développeurs de Peel, Anthony Riera.

On veut ralentir le nombre de personnes qu'on te propose pour que tu puisses te concentrer un peu plus, indique-t-il.

Captures d'écran de l'application Peel.

Lancée le mois dernier, l'application Peel se positionne en alternative aux applications de rencontre qui tentent de proposer un maximum de profils aux usagers.

Photo : Avec l'autorisation de Peel

M. Riera estime que les applis comme Tinder qui permettent de parler à de nombreuses personnes en même temps font en sorte les conversations sont souvent anodines, répétitives, et ne mènent souvent pas à des relations sérieuses.

Les cofondateurs de Peel ont également cherché à combattre le ghosting, un phénomène typique dans les applis de rencontre où un individu rompt toute communication avec l'autre partie, et cesse de répondre aux messages sans offrir d’explication.

Il y a beaucoup de personnes qui peuvent mal réagir à ça, souligne M. Riera, qui précise qu’avec l’application Peel, un usager peut être certain que la personne avec qui [il ou elle] parle est une personne qui est concentrée sur toi.

Une idée née en confinement

L’idée de développer l’application est venue après le début du confinement, explique Anthony Riera.

On est arrivé à Toronto pile-poil avant le lockdown, et on n’avait pas d'emploi… On était enfermés et coupés du monde, explique M. Riera, qui est fraîchement installé à Toronto avec le cofondateur de l’application Peel, Maxime Julian.

Portrait photographique de Maxime Julian et Anthony Riera

Les développeurs d'applications mobiles Maxime Julian et Anthony Riera se sont installés à Toronto juste avant le début du confinement.

Photo : Avec l'autorisation de Maxime Julian et Anthony Riera

La question de l’emploi à part, les développeurs d’appli mobiles cherchaient aussi à composer avec l’isolement imposé par les mesures d’urgence décrétées par les autorités canadiennes.

On s'est dit, ‘’Quel est le plus gros problème qu'on a actuellement et qu'on peut tenter de résoudre ?''

Anthony Riera, développeur et confondateur, Peel

Les développeurs semblent avoir atteint leur objectif de surmonter l'isolement physique. Selon M. Riera, l’expérience d'avoir conçu et lancé une application à Toronto a surtout permis aux développeurs de Peel de connaître des gens dans la ville et de faire du réseautage.

Un pas dans la bonne direction, selon un psychologue

Pour le psychologue clinicien Pierre Faubert, les applications de rencontres modernes manquent d’humanité, et peuvent exposer leurs utilisateurs à des jugements arbitraires souvent basés sur des critères physiques.

On est dans la marchandisation de l’être humain.

Pierre Faubert, psychologue clinicien

Selon M. Faubert, les plateformes comme Tinder, Grindr ou Hinge incitent leurs utilisateurs à passer à l’acte sans réfléchir, ce qui a eu l’effet de faire de l’être humain un produit, et de faire des applis mobiles de rencontre des magasins en ligne.

Le psychologue Pierre Faubert au micro radio de Radio-Canada

Pour le psychologue Pierre Faubert, les applications de rencontre modernes manquent de dignité et d'humanité, et ne donnent pas assez de place à l'identité de l'individu.

Photo : Radio-Canada

Ça, c’est un piège, indique-t-il, en ajoutant que sans s’en rendre compte, on est déjà dans un mode qui est très proche de ce qu'on fait quand on fait des achats.

Il voit dans l’application Peel une certaine honnêteté, qu’il interprète comme une invitation à une relation plus en profondeur.

Moins on fait du scrolling, plus on a des chances d'être quelqu'un qui veut être sérieux, estime-t-il.

Du marché torontois au marché canadien

L’application Peel est disponible pour être téléchargée sur l’App Store et la plateforme Google Play partout au Canada, mais ses développeurs misent sur le marché régional de Toronto pour déboguer l’appli.

Pour l'instant on a ciblé que Toronto, souligne Anthony Riera, en précisant que l’expérience à Toronto va nous servir de validation pour que le produit soit au top.

Le centre-ville de Toronto.

Depuis son lancement, l'application Peel dénombre 1100 usagers à Toronto, et 35 % d'entre eux l'utilisent quotidiennement.

Photo : La Presse canadienne / Tijana Martin

Selon le développeur, un article au sujet de Peel paru dans un journal local à la mi-mai a fait bondir le nombre d’utilisateurs dans la ville, ce qui leur a permis d’avoir pas mal de retours de la part des utilisateurs, pour améliorer l’appli.

C’est parti plutôt bien.

Anthony Riera, développeur et confondateur, Peel

D’ici la fin de l’été, l’équipe espère traduire l’application en français, et percer le marché québécois.

Ce sera quelque chose qui va arriver très rapidement, indique M. Riera, qui affirme qu’il utilisera sans doute l’application de rencontres qu’il a développée.

Selon ce dernier, l’avantage d'utiliser soi-même son application, c’est que c'est plus facile après de savoir ce qui va et ce qui ne va pas.

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