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La recherche d'employés à temps plein est plus difficile en raison des prestations de la PCU.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

À l’approche de l’été, les entreprises ont un rival de taille pour recruter des employés : la prestation canadienne d’urgence (PCU). Ce coup de pouce financier, tout comme celui pour les étudiants, nuit à certains commerces qui peinent à employer leur main-d’œuvre à temps plein.

Michel Poisson emploie plus d’une centaine de personnes dans ses deux Momo Sports de Sherbrooke et de Granby. Certains employés à temps partiel ont récemment refusé de travailler à temps plein depuis l'arrivée des programmes d'aide d'urgence instaurés par le gouvernement fédéral.

Quand ils ont su qu'ils pouvaient avoir la PCU à deux mille dollars par mois [ils se sont dit]  pourquoi travailler plus à ce moment-là? On s'est fait dire : ''on va travailler bénévolement'', se désole-t-il.

Le commerçant déplore la même situation chez certains étudiants, assurés de gagner plus de 1000 dollars par mois grâce à la prestation canadienne d’urgence pour étudiants (PCUE). Des employés sur qui l'entreprise peut habituellement compter en période estivale.

On s'est encore  fait dire la même chose : on ne viendra pas travailler à temps plein pendant l'été. On va venir seulement travailler quelques heures pour compléter le mille dollars qu'on a le droit de gagner, explique Michel Poisson.

Au début on est resté surpris parce qu’on a des gens qui nous ont dit qu’ils ne voulaient travailler que dix heures parce qu’ils ne voulaient pas perdre la PCU alors qu’on leur offrait 40 heures, renchérit le propriétaire des Serres St-Élie, Jean Grégoire.

Une révision demandée

La Chambre de commerce de Sherbrooke est bien consciente des difficultés des entrepreneurs et souhaite que le fédéral révise les deux programmes.

Dans un contexte de relance économique, c'est important pour nos membres d'avoir accès à de la main-d'œuvre, soutient la directrice générale, Louise Bourgault. Actuellement, ce n’est pas un incitatif au retour à l'emploi.

On dit aux jeunes : prenez garde, vous devez-être en recherche active d’un emploi [pour obtenir la PCUE] et le gouvernement va demander des preuves éventuellement. S’ils n’ont pas de preuves qu’ils sont allés chez les commerçants, ils devront peut-être rembourser, ajoute Louise Bourgault.

La députée de Compton-Stanstead, Marie-Claude Bibeau, abonde dans le même sens : le gouvernement va bel et bien faire des vérifications.

Notre système de fiscalité dépend beaucoup de l’honnêteté et de la confiance des gens, mais il va y avoir des contrôles en temps et lieu. Les gens ont le devoir de travailler quand ils ont la capacité de le faire et le privilège d’avoir un emploi en ce moment, dit celle qui est également ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire.

Les jeunes à la rescousse

La réalité est tout autre pour le coordonnateur des services au Carrefour Jeunesse Emploi, Pascal Cloutier.

Depuis un mois on a beaucoup de demandes des étudiants du secondaire, du cégep et de l’Université qui nous appellent pour avoir du soutien dans leur recherche d’emploi. Ils veulent travailler à temps plein, indique-t-il.

Même si la volonté est bien présente, le contexte complique parfois leurs efforts.

Plusieurs se retrouvent dans des situations où ils ne savent pas quand ils vont recommencer dans les emplois réguliers qu'ils avaient déjà, soutient Pascal Cloutier. Je pense à la restauration, aux sauveteurs. Donc, ils veulent trouver autre chose pour pouvoir amasser de l’argent pour l’automne.

Pascal Cloutier estime que des mesures claires aideront les employeurs à recruter de la main-d’œuvre étudiante.

Je pense qu’il y a beaucoup de jeunes qui ne cherchent pas d’emploi parce qu’ils sont anxieux actuellement par rapport à la COVID et tout ce que ça peut entraîner. Si les employeurs ont de bonnes adaptations au niveau des consignes et qu’il y a un bon encadrement, je pense que ça peut en rassurer plusieurs.

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