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Le dossier des camions-restaurants tombé entre deux chaises, selon les propriétaires

Ada Mok devant son camion-restaurant.

Ada Mok n'a toujours pas pu ouvrir son camion-restaurant cette année.

Photo : Radio-Canada / Angelina King

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les propriétaires des camions de cuisine de rue de Toronto se disent paralysés par le manque de clarté de la part de la Ville.

Ada Mok et Cameron Pounder emballent des boulettes.

Les propriétaires du camion-restaurant FeasTO, Cameron Pounder et Ada Mok, emballent des boulettes dans leur cuisine pour les vendre en attendant que leur camion puisse offrir des repas sur les rues de Toronto.

Photo : Radio-Canada / Richard Agecoutay

Nous en sommes au deuxième mois de notre saison de sept mois et nous n'avons pas pu gérer notre entreprise comme nous le ferions habituellement, explique Ada Mok, copropriétaire du camion FeasTO.

Les propriétaires de camions de restaurants mobiles et les organisateurs d'événements gastronomiques estiment qu’ils sont les grands oubliés de cette pandémie, et qu'ils manquent de directions de la part des autorités provinciales et municipales.

Mme Mok hésite à sortir son camion-restaurant tant que les restaurants ambulants ne seront pas explicitement ajoutés à la liste des entreprises essentielles de la province.

Nous n'avons tout simplement pas été pris en compte dans la conversation. Au lieu de nous dire : "Pas de resto mobile", ils ne pensaient tout simplement pas à nous, estime-t-elle.

La Ville n'a pas encore tranché sur les camions-restaurants

Malgré le manque de clarté quant à savoir si les camions de nourriture peuvent servir des repas pendant la pandémie, une poignée de camions sont présentement dans les rues de la ville, indique Jason Bellissimo, qui organise des événements de restaurants mobiles dans la région du Grand Toronto.

Un rassemblement de camions-restaurants.

Jason Bellissimo a dû annuler plus de 80 événements de camions-restaurants ce printemps et cet été.

Photo : Avec l'autorisation de Jason Bellissimo

L’organisateur affirme que certains restaurateurs mobiles ont obtenu des réponses de la province qui indiqueraient que les camions-restaurants sont inclus dans la liste des entreprises essentielles, tout comme les restaurants.

« C'est un peu une zone grise. »

— Une citation de  Jason Bellissimo, organisateur des événements Food Truck’N Fridays

Mais pour sa part, la Ville de Toronto n'a pas encore autorisé les restaurants mobiles. Michael Mavrogiannis, qui gère un camion de crème glacée, soutient qu'il n'a pas pu obtenir de réponse claire.

Malgré ses multiples demandes d'information, la Ville ne nous a pas donné de réponse à savoir si nous pouvions être sur les rues ou non, déplore-t-il.

Un camion de glaces stationné.

Michael Mavrogiannis n'a pas encore pu conduire son camion de glaces depuis l'arrivée du beau temps.

Photo : Avec l'autorisation de Michael Mavrogiannis

M. Mavrogiannis n'a pas réussi à obtenir son permis saisonnier de camion-restaurant au mois d’avril, comme il le fait chaque année. Selon lui, le service des licences et des normes de la Ville de Toronto a fermé ses portes en mars. Sa femme, qui opère un chariot à hot-dogs au centre-ville, n’a pas obtenu un permis non plus.

Je ne sais pas combien de temps nous pourrons attendre, a-t-il déclaré.

Assouplir les restrictions pour les restaurateurs mobiles?

En temps normal, les camions-restaurants ont un permis qui leur permet de se garer sur la voie publique. Ils sont sujets à plusieurs conditions. Entre autres, ils doivent être à au moins 30 mètres d'un restaurant, il ne peut pas y avoir plus de deux camions par bloc, et ils ne peuvent être ouverts que cinq heures d’affilée.

Mme Mok souhaite que la ville desserre certaines de ses conditions pendant la pandémie, sachant que de nombreux restaurants sont fermés et que ceux qui sont ouverts ne peuvent offrir que de la nourriture à emporter, comme les camions.

Je pense qu'il n'y a aucun mal à assouplir les règles, a déclaré Mme Mok, en ajoutant que nous fournirions un bon service à la ville.

Le conseiller municipal pour le quartier Willowdale, John Filion, dit comprendre que les opérateurs de camion-restaurant sont en difficulté, mais il affirme qu'il ne serait pas favorable à l'assouplissement des règles pendant la pandémie.

John Filion parle au journaliste.

Le conseiller John Filion a déclaré qu'il ne serait pas favorable à un assouplissement des règles pour les camions de cuisine de rue pendant la pandémie, parce que cela pourrait priver les restaurants de revenus.

Photo : Radio-Canada / Chris Langanzarde

Selon le conseiller qui siège au comité des licences de la Ville, cela pourrait enlever des affaires aux restaurateurs qui sont déjà suspendus par un fil.

Beaucoup d'entre eux ont coulé leurs économies dans leur restaurant et la Ville ne fera pas de démarches qui pourraient compromettre davantage leur survie, a déclaré M. Filion.

De son côté, Mme Mok espère que la ville réduira le coût des permis et des licences, qui lui ont coûté environ 5000 $ pour la saison, si elle sera autorisée à opérer son camion cette année.

Il ne sera probablement utilisé que trois à quatre mois maximum, et c'est une estimation optimiste, lance l’entrepreneure.

Avec les informations d'Angelina King de CBC News

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