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L'exploitation forestière continue dans l'habitat de caribous

Des caribous en gros plan, en arrière plan, une forêt.

Les auteurs de l'étude avancent que la mauvaise coordination entre les gouvernements a conduit le Canada à être incapable de protéger l'habitat d'espèces en voie de disparition.

Photo : Katrina Noel

La Presse canadienne

Le gouvernement de la Colombie-Britannique a autorisé l'exploitation forestière sur plus de 900 kilomètres carrés de terres bien qu'elles soient répertoriées comme habitat essentiel du caribou, selon une étude récemment publiée.

Les auteurs de l'étude, publiée dans Conservation Science and Practice, avancent que c'est ce type de mauvaise coordination entre les gouvernements qui a conduit le Canada à être incapable de protéger l'habitat d'espèces en voie de disparition.

Nous soulignons que beaucoup de ces choses ne fonctionnent pas bien, a souligné Eric Palm de l'Université du Montana.

Des chercheurs ont examiné les troupeaux de caribous des montagnes du Sud en Colombie-Britannique. En 2018, le gouvernement fédéral a constaté que plus d'une douzaine de ces troupeaux, certains composés d'une poignée d'animaux, étaient en danger imminent de disparaître.

C'est terrible, a déclaré Eric Palm. Ils disparaissent et cela se produit maintenant.

La Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral oblige les provinces à désigner l'habitat essentiel des troupeaux de caribous. La Colombie-Britannique l'a fait, mais la terre appartient à la Couronne alors qu'elle est réglementée par la province.

À l'aide de données et de cartes accessibles au public, les chercheurs ont découvert que 909 kilomètres carrés de cet habitat essentiel au caribou ont été exploités au cours des cinq dernières années.

C'est un petit pourcentage de l'habitat total identifié, mais Eric Palm est d'avis que de nouvelles exploitations de cette terre, dont une grande partie est déjà perturbée, ne devraient pas du tout être autorisées.

Le fait que les arbres soient abattus ou détruits en premier lieu est inacceptable, dit-il.

Shaun Fluker, professeur de droit à l'Université de Calgary et co-auteur de l'article, a déclaré qu'une grande partie de la protection de l'environnement prévue par les règles provinciales est discrétionnaire.

La terre pourrait être protégée, mais le diable est dans les détails en ce qui concerne ce que les licences d'exploitation forestière permettent ou interdisent, mentionne-t-il.

Dans un courriel, un porte-parole du ministère des Forêts de la Colombie-Britannique a déclaré que le gouvernement s'est engagé à dépenser 47 millions de dollars sur cinq ans pour soutenir la protection du caribou.

Brett Lowther a déclaré que ces mesures incluent des partenariats avec les autochtones et la gestion de l'habitat, comme l'abattage des loups et la mise en enclos des femelles caribous enceintes.

Les gestionnaires forestiers de la Colombie-Britannique reconnaissent que la foresterie doit faire partie de la solution et les approches passées font actuellement l'objet de réflexions, a écrit Brett Lowther. De nouvelles pratiques qui soutiendront les efforts de protection en cours sont en cours d'élaboration.

Un jeune caribou sur une route.

La province a signé une entente avec deux Premières Nations qui comprend une certaine protection sur plus de 7000 kilomètres carrés.

Photo : iStock

La Colombie-Britannique est l'une des quatre provinces n'ayant pas d'équivalent à la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral. Les autres sont l'Alberta, la Saskatchewan et l'Île-du-Prince-Édouard.

Les règles fédérales ne s'appliquant pas sur les terres provinciales ou privées permettent une grande faille dans les efforts de conservation à travers le pays, a déclaré Shaun Fluker. Des lignes sont tracées sur des cartes, des plans sont faits, mais rien ne se passe.

Ce que nous avons vraiment au Canada, c'est une bibliothèque bien documentée de plans de protection, mais nous n'avons presque aucun habitat essentiel protégé, a-t-il dit.

Des travaux antérieurs étayent les conclusions du nouveau rapport. Environnement Canada a précédemment constaté qu'aucune province n'exige que les organismes délivrant des permis d'exploitation forestière ou énergétique se conforment à la Loi sur les espèces en péril.

Des recherches de l'Université d'Ottawa ont révélé que sur plus de 350 espèces suivies par un comité fédéral responsable de l'état des plantes et des animaux, 85% des espèces menacées n'ont vu aucune amélioration ou se sont détériorées.

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a conclu que l'inscription sur la liste en vertu de la loi ne changeait rien au sort d'une espèce. Les plantes et les animaux inscrits sur la liste ont décliné aussi souvent et aussi rapidement que ceux non répertoriés.

Eric Palm et Shaun Fluker ont signalé qu'ils étaient conscients que l'habitat du caribou est souvent situé là où il y a des arbres prisés par l'industrie forestière ou au-dessus de réserves de pétrole et de gaz.

C'est un paysage occupé, fait remarquer Shaun Fluker.

Eric Palm, lui, a suggéré que les lois provinciales sur les espèces en péril pourraient fournir des règles fermes sur les espaces que l'industrie peut ou ne peut pas exploiter. À défaut de le faire, a-t-il dit, les partenariats avec les Premières Nations pourraient permettre de gérer les terres de manière plus globale.

Ce qui se passe en ce moment ne fonctionne pas, juge-t-il.

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