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Portapique : le fils de deux victimes pense que la tragédie aurait pu être évitée

Ryan Farrington veut comprendre pourquoi les autorités n'ont pas tiré avantage de l'avertissement donné en 2011.

Panneau routier de la route Portapique Beach et deux véhicules de police qui bloquent l'entrée de la route.

La GRC bloque le chemin qui mène à des propriétés du suspect, Gabriel Wortman, à Portapique en Nouvelle-Écosse le 19 avril 2020.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

Radio-Canada

Le fils de deux personnes tuées lors de la fusillade du mois dernier en Nouvelle-Écosse pense qu'un avertissement à la police datant de 2011, selon lequel le tireur Gabriel Wortman avait une cachette d'armes et voulait tuer un policier, aurait dû empêcher cette tragédie de se produire 9 ans plus tard.

Il y a tellement de choses que nous devrions savoir et nous n'obtenons pas de réponse, affirme Ryan Farrington, en pensant à ses parents.

Je suis en colère plus que tout. Je suis en colère parce que 22 personnes ont perdu la vie et je crois vraiment, vraiment que cela aurait pu être évité, a dit M. Farrington, dont la mère et le beau-père, Dawn Madsen et Frank Gulenchyn, ont été tués lors du massacre des 18 et 19 avril.

Ryan Farrington.

Ryan Farrington cherche des réponses.

Photo :  CBC

L'information dont parle Ryan Farrington aurait été envoyée à tous les services de police de la Nouvelle-Écosse en 2011, selon des dossiers récemment obtenus par CBC.

Mais la GRC ne peut pas dire ce qui a été fait ces neuf dernières années et le fils des défunts veut des réponses.

Les parents de Ryan Farrington vivaient à Portapique, en Nouvelle-Écosse, et sont déménagés d'Oshawa, en Ontario, il y a dix ans.

La mère de Ryan Farrington était originaire de la Nouvelle-Écosse et a toujours voulu y revenir. Le couple adorait vivre au bord de l'océan.

Les parents de Ryan Farrington.

Les parents de Ryan Farrington vivaient à Portapique, en Nouvelle-Écosse, et sont déménagés d'Oshawa, en Ontario, il y a dix ans.

Photo :  CBC

Ryan Farrington croit qu'il y a encore beaucoup de questions sans réponse sur la tragédie, ainsi que sur l'avertissement de 2011 envoyé à la police au sujet du tireur et de sa cachette d'armes.

Il voudrait que la police donne des réponses aux familles pour qu’elles puissent mieux comprendre la tragédie du mois dernier et ce qui a poussé le tireur à s’en prendre à 22 personnes.

Une porte-parole de la GRC a déclaré que la police ne conserve généralement ce genre d'avertissement que pendant deux ans.

Nous ne pouvons pas parler des détails du suivi du bulletin de 2011 parce que les enregistrements de notre base de données ont été purgés conformément à nos politiques de conservation, a déclaré la caporale Jennifer Clarke dans un courriel.

Les premières indications montrent que nous étions au courant et que nous avons au moins fourni une assistance à la police régionale d'Halifax, ce qui correspond à l'approche de la GRC pour de telles enquêtes.

La policière en uniforme durant une entrevue

Jennifer Clarke, porte-parole de la Gendarmerie royale du Canada en Nouvelle-Écosse dit ne pas savoir ce qui a été fait des renseignements reçus en 2011 au sujet du l'homme qui est devenu le tueur de Portapique.

Photo : CBC

L'information a d'abord été envoyée au service de police de Truro, qui l'a ensuite partagée avec le service de renseignements criminels de la Nouvelle-Écosse, un réseau d'organismes policiers qui partagent des informations importantes.

La police régionale d'Halifax a enquêté sur l'avertissement à l'époque, car Gabriel Wortman a une maison à Dartmouth, mais a déterminé que toute information sur les armes était liée à sa propriété de cottage à Portapique, qui était hors de sa juridiction. La police régionale d'Halifax a déclaré que ces informations avaient été partagées avec la GRC.

Je ne comprends pas pourquoi [le bulletin de 2011] serait effacé après deux ans, sachant qu'il y a une personne très instable dans la région, surtout que les armes se trouvent à ses adresses de Portapique, croit M. Farrington.

Il a raconté que la GRC lui avait dit que la police de Truro avait des informations qui auraient pu empêcher le massacre, mais qu'elles ne leur avaient pas été communiquées.

Les ruines calcinées d'un chalet et la carcasse d'une voiture incendiée.

Le tireur a incendié plusieurs maison, y compris son chalet à Portapique, en commettant une tuerie en avril 2020, selon les policiers.

Photo : CBC/Steve Lawrence

Il espère que le gouvernement fédéral lancera une enquête publique qui abordera des questions telles que ce que la GRC savait et quand,comment Wortman a pu faire passer des armes illégalement à la frontière entre le Canada et les États-Unis, comment il a pu obtenir un uniforme de police et habiller son véhicule pour qu'il ressemble à une voiture de patrouille de la GRC.

Enquête fédérale

Le ministre de la Justice de Nouvelle-Écosse, Mark Furey, a déclaré vendredi à l'émission Mainstreet de CBC qu'une enquête sur la fusillade devrait être menée par le gouvernement fédéral, car il y a des limites à ce que la province peut faire.

Mark Furey devant des drapeaux de la Nouvelle-Écosse en avril 2018.

Mark Furey, ministre de la Justice en Nouvelle-Écosse.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

M. Furey, qui est un membre de la police montée à la retraite, a déclaré que plusieurs des principaux acteurs impliqués dans la situation étaient des agents fédéraux, notamment de la GRC, l'Agence des services frontaliers du Canada et du registre des armes à feu.

Il croit qu'une enquête devrait être menée en collaboration afin que les agences qui répondent aux différents niveaux de gouvernements soient obligées de répondre aux questions et de mettre en œuvre toute recommandation faite.

M. Furey n'a pas voulu dire si la Nouvelle-Écosse allait demander une enquête si le gouvernement fédéral ne le fait pas.

Ce sont des circonstances que j'aborderai à ce moment-là, a-t-il répondu.

Avec les informations de CBC

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