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La réalité des ambulanciers paramédicaux d'Ottawa en ces temps de pandémie

Emily Fullarton pose devant son camion d'ambulance

Emily Fullarton est ambulancière paramédicale à Ottawa.

Photo : Gracieuseté

Radio-Canada

Tout comme les médecins, les infirmiers et les préposés aux bénéficiaires, les ambulanciers paramédicaux forment un maillon essentiel de la chaîne de santé en ces temps de lutte contre la pandémie de COVID-19.

De nuit ou de jour, sur une route, dans une maison ou bien dans un foyer de soins de longue durée, ces hommes et femmes sont là pour aider, protéger, sauver les membres de la communauté. En raison de la pandémie, leur travail s’est accentué, alors que leurs protocoles d'intervention ont été chamboulés du jour au lendemain.

Ces deux derniers mois, tout a changé, ce n’est pas facile pour notre personnel, a témoigné Emily Fullarton, surintendante des relations publiques du Service paramédic d’Ottawa, à l'émission Sur le vif, vendredi, dans le cadre de la Semaine des paramédics et des soins préhospitaliers d’urgence.

Ces travailleurs de la santé doivent dorénavant redoubler de vigilance pour éviter d’être infectés ou d’infecter les autres. Ils ont mis en place des protocoles de protection et de décontamination de leur équipement.

Mme Fullarton a souligné que même si elle et ses collègues sont bien formés pour éviter les contaminations, leur travail est rendu parfois difficile ces jours-ci, puisque les gens qui appellent le 911 ne décrivent pas forcément tous leurs symptômes et cela peut être problématique dans la prise en charge du patient.

Il faut vraiment être honnête avec nos répartiteurs et aussi nos paramédics [...] Ceci nous aide à mieux nous protéger. Comme ça, on peut savoir quel type d’équipement est nécessaire pour donner des soins.

Emily Fullarton, surintendante des relations publiques au Service paramédic d’Ottawa

Pour cette ambulancière, ce manque de transparence vient surtout de la méconnaissance de la maladie, puisque la COVID-19 peut avoir de multiples formes : toux, fièvre, mais aussi nausée, vomissements, diarrhée. C'est juste un manque d'éducation. Avec des gros changements à chaque jour avec la COVID-19, les symptômes changent aussi, a-t-elle fait valoir.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

Composer avec la peur des patients

En ces temps nouveaux de COVID-19, les ambulanciers doivent aussi composer avec le changement comportemental des malades. Certains patients sont de moins en moins enclins à aller à l’hôpital pour se faire soigner.

Cela rend le travail des ambulanciers plus compliqué, puisqu'en plus d’aider, ils doivent faire preuve de patience et d'une touche de psychologie, même si le dernier mot revient au patient.

Il y a des patients qui ne veulent pas être admis aux soins intensifs ou ne veulent pas être intubés et c’est difficile pour nous les paramédics, mais c’est important de respecter leurs valeurs et ce qui est important pour eux, a assuré Mme Fullarton.

Chose inusitée, les ambulanciers ont assisté plus de femmes durant leur accouchement qu'habituellement. On a eu plusieurs cas où des femmes ont accouché ou peut-être elles ont attendu plus long pour s'assurer que it was the real thing [NDLR : que c'était vraiment le temps], a-t-elle raconté. C’est assez positif pour nous, car on peut partager ce moment joyeux avec la famille et le nouveau-né.

La main sur le cœur

Malgré tous ces chamboulements, les ambulanciers d'Ottawa continuent d’être au front. Ils pensent souvent aux risques et certains ont pris la décision très très difficile de s’éloigner de leur famille pour éviter toute contamination.

Mais nombre d’entre eux ont quand même levé la main afin d'intégrer l'équipe des paramédics communautaires, lesquels travaillent auprès des foyers de soins de longue durée.

Les citoyens ont aussi fait preuve de beaucoup de soutien. On a eu des gros gestes de gentillesse des membres de la communauté en termes de cartes, des notes, des biscuits emballés individuels qu’on partage avec nos paramédics, a souligné Mme Fullarton.

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Ottawa-Gatineau

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