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L'histoire de l'ancienne prison de Roberval

Une photo datant des années 1950 de l'intérieur de la prison de Roberval.

Photo : Courtoisie Fonds Studio Chabot, Ville de Roberval et Centre d’archives Domaine-du-Roy

Radio-Canada

Une page d'histoire vient de se tourner au Lac-Saint-Jean avec la démolition de l'ancienne prison, plus que centenaire, de Roberval. Ainsi, il ne reste plus que deux palais de justice au Québec à posséder un établissement carcéral.

Le seul district judiciaire au Lac jusqu'en 1983

C'est en 1908 que les travaux de construction du palais de justice de Roberval s'amorcent selon les plans de l'architecte Joseph-Pierre Ouellet. La bâtisse, qui sert d'abord d'hôtel de ville, est rapidement acquise par le gouvernement du Québec, qui demande toutefois à ce qu'une prison y soit annexée.

Pendant longtemps, le district judiciaire de Roberval a été le seul au Lac-Saint-Jean, donc des années 10 jusqu'en 1983. Tous les avocats de la région devaient se présenter ici quand il y avait un procès. Tout ce qui était [lié au] registre d'état civil, c'est ici que ça se passait, raconte Caroline Marcoux, présidente de la Société d'histoire Domaine-du-Roy.

Une photo de 1952 de l'agrandissement de la prison de Roberval.

Une photo de 1952 de l'agrandissement de la prison de Roberval.

Photo : Courtoisie Fonds Studio Chabot, Ville de Roberval et Centre d’archives Domaine-du-Roy

Le premier détenu purge deux mois de prison pour avoir volé trois dollars.

Une prise d'otages dans les années 80

Daniel Lefebvre a été agent correctionnel pendant une vingtaine d'années, jusqu'en 1997. Il raconte que son collègue et lui ont été pris en otages dans les années 80 après qu'un détenu ait scié un barreau de sa cellule dans le but de s'évader. Daniel Lefebvre explique avoir été contraint de lui remettre une série de clés.

Il nous avait enfermés dans un petit secteur. Le plus drôle, c'est que je savais qu'il allait revenir parce qu'il allait paniquer. Il n'avait pas la bonne clé pour ouvrir la porte. Il y avait six clés après ça. Il est revenu et c'est là que je lui ai sauté dessus. Il y a eu une bataille, je me suis chicané avec et j'ai réussi à l'arrêter, se rappelle-t-il.

Un homme tient des photos.

L'ancien gardien de prison Daniel Lefebvre tient des photos d'époque devant ce qui reste de l'ancienne prison.

Photo : Radio-Canada / Mélissa Paradis

Les méthodes ont changé en un siècle

En plus d'un siècle, les méthodes de travail ont bien changé au palais de justice. La sténographie a fait place aux enregistrements numériques. Les télé-mandats et les visio-conférences ont fait leur apparition. À l'époque, les accusés devaient fournir d'importantes sommes d'argent en cautionnement pour garantir leur présence en cour.

C'est probablement parce que c'était difficile de retrouver un accusé à cette époque, explique Michel Boissonneault, juge de paix magistrat. Il n'y avait pas beaucoup de moyens de communication, pas d'informatique pour nous dire que l'individu qu'on venait d'arrêter pour un arrêt obligatoire pas respecté, qu'il y avait un mandat d'arrestation contre lui dans un autre district. Il n'y avait pas ce système-là. Il fallait probablement avoir les moyens de mandater des spécialistes pour retrouver cette personne.

Une prison en démolition.

L'état d'avancement de la démolition de l'ancienne prison de Roberval, le 20 mai.

Photo : Radio-Canada / Mélissa Paradis

Condamnée à mort... puis acquittée au 4e procès

De nombreuses causes ont été entendues au palais de justice de Roberval, mais la plus célèbre est celle d'Amy Sprague. En 1925, la femme d'origine américaine est accusée d'avoir empoisonné son mari, Abraham Gallop, à Alma. À l'époque, l'homme d'une quarantaine d'années participe à la construction du barrage de la Grande-Décharge. Une rumeur selon laquelle Amy Sprague entretient une liaison avec un pensionnaire du couple court. Celle qu'on surnomme La Gallop subira pas moins de quatre procès.

C'est le seul cas de pendaison qu'on a ici, au palais de justice de Roberval dans toute son histoire. Finalement, elle porte son cas en appel. Au deuxième procès, le jury ne s'entend pas sur la sentence, donc ça tombe à l'eau. Troisième procès,, c'est le juge qui tombe malade, donc le procès retombe à l'eau. Un quatrième procès a lieu à Québec et Amy Sprague va être acquittée finalement, relate Caroline Marcoux.

Une photo d'époque d'une femme.

Amy Sprague a reçu la seule sentence de peine de mort jamais prononcée au palais de justice de Roberval.

Photo : Courtoisie Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ)

Plusieurs causes liées à l'alcool

Michel Loranger a été avocat-criminaliste pendant 32 ans dans cet établissement avant de prendre sa retraite en 2018.

Des causes de meurtre ou de vols qualifiés d'institutions financières, ce n'est pas des choses qu'on voyait régulièrement. Par contre, il y avait beaucoup de problématiques qu'on retrouvait suite à des questions de consommation d'alcool, des voies de fait, des voies de fait graves, des voies de fait avec lésion. Ce sont des causes qui étaient régulièrement devant nos tribunaux, énumère le retraité.

Une photo d'époque du Palais de justice de Roberval.

Une photo de 1913 du palais de justice de Roberval.

Photo : Courtoisie Fonds Studio Chabot, Ville de Roberval et Centre d’archives Domaine-du-Roy

Des travaux retardés

L'agrandissement du palais de justice, qui lui n'a pas été démoli, est attendu depuis bon nombre d'années.

Sans pouvoir donner de date, la Société québécoise des infrastructures, propriétaire des lieux, souligne que le nouveau bâtiment sera accessible plus tard que prévu en raison de la pandémie.

Sous peu, les travaux d'excavation pourront donc débuter pour faire place à un palais de justice plus grand. Les travaux d'excavation seront scrutés par des archéologues puisque les fondations d'une ancienne résidence ont été découvertes sur le site.

Alors que son passé continuera à être scruté, d'autres événements promettent encore de marquer son histoire.

Un palais de justice.

L'ancienne prison de Roberval se trouvait derrière le palais de justice.

Photo : Radio-Canada

Selon un reportage de Mélissa Paradis

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Saguenay–Lac-St-Jean

Justice et faits divers