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Affaire Korchinski-Paquet : la tension raciale monte à Toronto

Huit personnes devant des micros.

L'avocat Knia Singh, à droite, accompagné de la famille de Regis Korchinski-Paquet.

Photo : Radio-Canada / CBC News

La mort d’une femme noire lors d’une intervention policière, mercredi à Toronto, continue d’alimenter les rumeurs.

Plusieurs personnes sur les médias sociaux affirment que les policiers ont délibérément poussé la victime du balcon et vers sa mort.

Mark Saunders en point de presse.

Le chef de police de Toronto, Mark Saunders.

Photo : La Presse canadienne / Cole Burston

Le chef de la Police de Toronto, Mark Saunders, a fait une sortie publique exceptionnelle vendredi pour faire un appel au calme. Une manifestation prévue pour samedi semble le préoccuper particulièrement. Il a dit souhaiter que la manifestation se déroule dans le calme.

Les versions du récit de l’événement qui a mené à la mort de Regis Korchinski-Paquet, 29 ans, diffèrent grandement.

Selon la mère de la victime, Mme Korchinski-Paquet était « en difficulté » après une dispute entre membres de la famille. Elle aurait commencé à avoir des symptômes s’apparentant à une crise d’épilepsie. La mère a donc appelé le 911.

Toujours selon Claudette Korchinski-Beals, elle a fait appel aux policiers pour que sa fille soit accompagnée au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH). J'ai demandé à la police s'ils pouvaient emmener ma fille à CAMH, et ma fille est maintenant morte, a déclaré la mère dans un communiqué émis par l’avocat de la famille.

Un égoportrait d'une jeune femme souriante qui porte des écouteurs.

Regis Korchinski-Paquet était une jeune femme fière de ses origines, une gymnaste douée et une bénévole engagée au sein de sa paroisse, selon l'avocat qui représente la famille.

Photo : Facebook/Regis Korchinski-Paquet

Les policiers ont répondu en se rendant rapidement à l’appartement situé au 24e étage d’un immeuble à condos.

Selon l'avocat Knia Singh, qui représente la famille, il ne s'agissait pas d'un appel pour un acte criminel. Il n'y avait pas d'arme. Or, le chef de la Police de Toronto a contredit l’avocat sur ces deux points, vendredi. Il y avait des armes. Des couteaux ont été impliqués à un certain point. C’est tout ce que je peux dire sur le sujet, a précisé M. Saunders.

Il a d’ailleurs ajouté qu’il y a eu trois appels de logés au 911 par trois personnes différentes au sujet de Mme Korchinski-Paquet et qu’il s’agissait d’un appel pour voies de fait, ce qui est un acte criminel selon le code criminel canadien. Deux des trois personnes qui ont logé des appels ont mentionné que les personnes impliquées étaient « armées », toujours selon le chef de police.

Selon la version de la famille de la victime, Mme Korchinski-Paquet, son frère et sa mère ont rencontré les policiers dans le corridor adjacent à l’appartement. Des mots ont été échangés entre elle et la police. Peu de temps après, elle aurait demandé d’aller aux toilettes. Des agents de police sont entrés dans l’appartement avec la victime, mais n’ont pas autorisé sa mère ou son frère à y entrer, selon l’avocat.

Une minute ou deux plus tard, toujours selon l’avocat de la famille, la mère et le frère de la victime auraient entendu une violente commotion se déroulant dans l’appartement. Ils auraient ensuite entendu Mme Korchinski-Paquet crier : À l’aide, maman! À l’aide, maman! À l’aide, maman!

Puis, les policiers (…) ont vu une femme sur un balcon. Peu de temps après, la femme est tombée du balcon au sol. Sa mort a été constatée sur les lieux, selon le communiqué de l’Unité des enquêtes spéciales (UES).

Le chef de la Police de Toronto a précisé vendredi que six agents étaient sur place lors de l’incident.

Un « environnement toxique »

Vendredi, le chef Saunders ainsi que le syndicat des policiers ont tous deux fait un appel au calme et ont exhorté la population à attendre que tous les faits soient connus du public.

M. Saunders a également exprimé une certaine frustration au sujet du processus lié aux enquêtes de l’UES. Il affirme qu’il est au courant de plusieurs faits et qu’il aimerait les dévoiler au public, mais qu’il ne peut légalement le faire.

Selon M. Saunders, le manque d’information cause un vide qui est rempli par des opportunistes qui répandent de la désinformation et des mensonges qui mènent à la création d’un environnement toxique.

Le chef de police a également précisé s’inquiéter au sujet d’une manifestation prévue samedi par le collectif Not Another Black Life (« Pas encore la vie d’un Noir », traduction libre). M. Saunders a reconnu que le droit à une manifestation « légale » était « indéniable et bon en démocratie » mais qu’il souhaitait de tout cœur éviter les débordements.

Plus tôt vendredi, le président de la Toronto Police Association signait un communiqué qui accusait directement certains groupes d’opportunisme. Des allégations non fondées selon lesquelles des policiers auraient poussé une femme à sa mort depuis un balcon, en l'absence de preuves ou de faits, perpétuent un faux récit selon lequel la police est l'ennemi, selon Mike McCormack. Cette rhétorique infondée nuit à la communauté et à la police.

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