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C.-B. : une usine de plastique sur un lac suscite des inquiétudes

Un lac et la végétation qui l'entoure.

Une partie du lac Summit, dans le nord de la Colombie-Britannique, vue de la montagne Teapot.

Photo : D. Scheifley

Radio-Canada

Une Première Nation et des habitants de Summit Lake, dans le nord de la Colombie-Britannique, s’inquiètent du fait qu'un lac de la région rurale est convoité pour y installer une nouvelle usine pétrochimique.

La compagnie West Coast Olefins avait initialement prévu de construire une usine de fabrication de plastique de 5,6 milliards de dollars dans la zone industrielle de Prince George. Selon la société, celle-ci aurait créé 1000 emplois permanents. Toutefois, l'idée a été abandonnée après les réactions des habitants préoccupés par la pollution de l'air.

La société a donc annoncé son intention de déplacer l'installation dans une zone rurale au nord de la ville. La compagnie, dont le siège social se trouve à Calgary, envisage cinq emplacements possibles, dont Summit Lake, à 50 kilomètres au nord de Prince George.

Entouré de forêts et long de 12 kilomètres, le lac Summit est situé sur la ligne de partage des eaux continentales et se déverse dans les océans Pacifique et Arctique.

Le fait qu'il est retenu pour la construction de l'usine de plastique est alarmant aux yeux de Hilary Crowley, une ancienne candidate du Parti vert qui vit sur les rives du lac depuis 45 ans. Elle estime qu’une telle idée est horrible.

Avec son mari, expert en pipelines, Hilary Crowley a construit sa propre maison en rondins près du lac. Tous les deux y cultivent et y chassent presque toute leur propre nourriture.

Nous avons une excellente qualité de l'air ici et nous voulons que cela continue.

Hilary Crowley, Summit Lake
Une usine de plastique vue de l'extérieur.

L'usine de plastiques proposée sera similaire au complexe pétrochimique Heartland d'Inter Pipeline, en construction à Fort Saskatchewan, en Alberta, en 2019.

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Du plastique et du caoutchouc en direction de l’Asie

West Coast Olefins prévoit d'extraire des liquides de gaz naturel, tels que l'éthane, le propane et le butane, d'un gazoduc traversant la région. Ces sous-produits seraient ensuite utilisés pour fabriquer des matériaux comme le plastique et le caoutchouc destinés aux marchés asiatiques.

Le président-directeur général de la compagnie, Ken James, a déclaré que le projet bénéficiait du soutien des investisseurs, des entrepreneurs en construction et de la bande indienne de McLeod Lake, une communauté située à 90 kilomètres au nord de Summit Lake.

Rassurer les Premières Nations

L'entreprise négocie une entente d'avantages sociaux avec la Première Nation. Le chef Harley Chingee a affirmé que le plan pourrait créer des emplois à long terme pour les membres de la bande.

Au début du mois de mai, la compagnie West Coast Olefins a assuré aux membres de la bande que l'emplacement du lac Summit était à une distance sécuritaire [...] de la communauté de McLeod Lake elle-même.

Cependant, une autre Première Nation, qui est connectée au lac Summit, dénonce le fait qu’elle n’a pas été informée de ce projet. Le chef Roland Wilson, de la Première Nation de West Moberly, en a eu vent par une journaliste de CBC News, alors que sa communauté a toujours occupé les lieux, raconte-t-il.

Le chef Wilson explique que sa communauté possède 23 acres de terrain sur le lac Summit, juste à côté du lieu proposé pour l'usine de plastique. Il ajoute qu’elle est en pourparlers avec le gouvernement depuis 15 ans pour sécuriser les terres de réserve au bord du lac.

Roland Wislson.

Le chef de la Première Nation de West Moberly, Roland Wilson

Photo : Rolan Wilson

Nous ne savons pas vraiment quel genre d'impact cette usine de plastique pourrait avoir, ni les émissions d'un tel usine. Est-ce que cela crée des polluants? Nous ne savons pas.

Roland Wilson, chef de la Première Nation de West Moberly

Pour sa part, Ken James rétorque que son entreprise a fait du bon travail en informant les gens. Si la communauté ne voulait pas de l'usine, elle ne serait pas construite, affirme le chef James.

Les dés ne sont pas encore jetés

Le projet West Coast Olefins est toujours en cours d'évaluation environnementale. Le ministère de l'Environnement a déclaré être au courant du changement d'emplacement proposé, mais il n'a pas reçu de notification officielle de la société.

Le gouvernement affirme par ailleurs que la société West Coast Olefins est légalement autorisée à déménager, mais les responsables devront voir l'étendue des changements pour déterminer les prochaines étapes.

Ken James pense que le changement d'emplacement ne nécessitera probablement qu'une petite modification de sa soumission.

Avec les informations de Betsy Trumpener de CBC News

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