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La possibilité d'un déconfinement régional accueillie avec réserve en Ontario

Une femme fait du vélo dans un parc de Toronto où des cerisiers sont en fleurs.

La possibilité d'un déconfinement régional en Ontario a été évoquée pour la toute première fois vendredi par le premier ministre Doug Ford.

Photo : Associated Press / Nathan Denette

Radio-Canada

La possibilité d’un déconfinement régional en Ontario, évoquée vendredi par le premier ministre Doug Ford, est accueillie de manière positive dans plusieurs localités de la province, mais suscite tout de même certaines craintes.

Je pense que c’est une bonne nouvelle, mais toujours avec une crainte en arrière de la tête parce que les gens ont tendance à laisser aller la situation, indique Roger Sigouin, maire de Hearst, où aucun cas de COVID-19 n’a encore été confirmé.

Si les gens sont prêts à faire les efforts de respecter la distanciation physique, se laver les mains, et respecter tous les règlements, je pense que c’est une bonne nouvelle pour les régions qui n’ont pas encore été touchées.

Roger Sigouin, maire de Hearst

La médecin-hygiéniste de Santé publique Sudbury et districts, Dre Penny Sutcliffe, estime aussi que la déclaration du premier ministre constitue une bonne nouvelle.

Une femme aux cheveux châtains

Dre Penny Sutcliffe est la médecin hygiéniste de Santé publique Sudbury et districts.

Photo : Santé publique Sudbury et districts

On sait que le virus a un impact vraiment différent partout dans la province et les capacités des systèmes de santé publique sont aussi différentes partout, note-t-elle.

J’ai hâte d’avoir les détails pour être capable de commencer des conversations pour savoir comment [le déconfinement régional] pourrait avoir un impact dans notre région.

Dre Penny Sutcliffe, médecin hygiéniste de Santé publique de Sudbury et districts

Santé publique Sudbury et districts n’a enregistré aucun nouveau cas de COVID-19 sur son territoire depuis le 14 mai.

Le médecin hygiéniste en chef de l’Ontario, Dr David Williams, a reconnu que la grande majorité des nouveaux cas étaient désormais concentrés dans la grande région de Toronto et a expliqué qu’il allait d’abord falloir déterminer comment pourrait se déployer un éventuel déconfinement régional.

Plusieurs inquiétudes

Dans le sud-ouest, la conseillère municipale de London, Arielle Kayabaga, indique ne pas savoir si le moment est opportun pour pouvoir penser à rouvrir.

Je pense que c'est mieux de pouvoir aider les commerces qui ont besoin d'être accessibles et je comprends l'importance de rouvrir. Mais c'est très important de suivre les conseils des autorités de santé publique et de s'assurer de ne pas mettre les gens en danger, parce qu'on aurait passé tout ce temps en confinement pour rien, affirme-t-elle.

Si elle dit s’attendre à davantage de détails de la part de la province, la mairesse de Rivière des Français, Gisèle Pageau, se dit tout de même un peu inquiète.

Si certaines régions qui n’ont pas de cas de COVID-19 rouvrent complètement, ça peut dire au monde du sud de venir passer du temps dans le Nord de l'Ontario. S’ils ne savent pas qu’ils sont porteurs de la maladie, ils pourraient la répandre dans notre région.

Gisèle Pageau, mairesse de Rivière des Français

Même si aucun cas de COVID-19 n’a encore été enregistré à Rivière des Français, la mairesse s’inquiète aussi du manque de services de santé nécessaires advenant la présence de visiteurs contaminés en provenance d'autres régions.

Il n’y a aucune clinique sans rendez-vous dans la municipalité, et le centre de santé communautaire Univie ne sert que ses clients permanents. L’hôpital le plus proche se trouve à Sudbury, à 75 km au nord.

Gisèle Pageau, mairesse de Rivière des Français

Gisèle Pageau, mairesse de Rivière des Français

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

La mairesse Pageau souligne aussi que plus de la moitié de la population de sa municipalité est constituée de personnes âgées, vulnérables à une infection.

Plus les gens viendront, plus nos personnes âgées seront exposées au virus et ce sont elles dont le système immunitaire est compromis. On veut vraiment les protéger et faire attention.

Gisèle Pageau, mairesse de Rivière des Français

Des directives claires exigées

Le maire de Greenstone, dans le nord-ouest, Rénald Beaulieu, trouve qu’un déconfinement régional a beaucoup de sens

En parlant avec les gens dans nos communautés du Nord, il ne fait pas de doute que les gens ne se voient pas au même niveau qu’à Toronto, affirme-t-il.

Le maire de Greenstone, Rénald Beaulieu

Le maire de Greenstone, Rénald Beaulieu

Photo : Radio-Canada / Thomas Gerbet

Mais il aimerait que des règlements clairs soient établis pour déterminer ce qui peut être fait ou non par chaque établissement après un éventuel déconfinement. 

Les règlements sortent, mais il faut plus de détails pour que les gens qui viennent d’ailleurs les comprennent. Je ne parle pas des gens de notre région, mais de ceux qui viennent du sud de l’Ontario, soit dans des motels, dans des endroits assez difficiles à distinguer comme les pourvoiries.

Rénald Beaulieu, maire de Greenstone 

Je sais que nos gens veulent être capables de faire ce qu’ils ont à faire, évidemment en suivant les règlements [...], ils veulent avoir la liberté de faire certaines choses. Ce n’est pas une mauvaise idée, mais il faut que ce soit organisé avant, conclut-il.

La porte-parole du NPD ontarien en matière de santé et députée de Nickel Belt, France Gélinas, demande aussi le déconfinement des régions les moins touchées par la COVID-19.

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Santé publique