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Se choisir enfin, après une vie comme aidante naturelle

Une femme souriante assise sur un banc en bois devant une forêt.

Après avoir longtemps pris soin de son époux et de sa fille, Marie s’est finalement choisie et profite des petits plaisirs que la vie lui offre chaque jour.

Photo : Avec la gracieuseté de Marie Lévesque

Marika Bellavance

Dans sa maison, à Val-des-Monts, Marie Lévesque a longtemps pris soin de son époux et de sa fille, tous deux atteints de handicaps. Mais il y a deux ans, elle s’est finalement choisie.

Toute sa vie, Marie a dû accorder une attention particulière à sa fille, atteinte d’un handicap visuel et vivant avec une déficience intellectuelle.

En 2011, son quotidien a cependant été de nouveau chamboulé lorsque son époux a subi un accident vasculaire cérébral - son cinquième - dont il garde encore d'importantes séquelles.

Il est aphasique. Il ne peut pas lire ni écrire. C’est difficile de communiquer avec lui, explique-t-elle.

Du jour au lendemain, Marie a dû ajouter à ses rôles d’épouse et de maman celui de « proche aidante ». Et cette nouvelle responsabilité n’était pas de tout repos.

Jour et nuit, elle devait prendre soin de son mari. J’étais souvent inquiète. Je ne dormais plus beaucoup, dit-elle. Ma santé se détériorait.

Les mains d'une femme qui tiennent les mains d'un homme.

Marie, qui a pris le rôle de « proche aidante », a dû prendre soin de son mari jour et nuit.

Photo : Freepik

J’ai commencé à faire des crises d’anxiété parce que j’étais rendue “au bout de ma corde”. C’est quelque chose que je n’avais jamais fait avant.

Marie Lévesque, proche aidante

Les gens autour de moi se rendaient compte que je n’allais pas bien, renchérit la dame. Mais ça m’a pris du temps à me [l’avouer].

Une décision difficile, mais nécessaire

Puis, en mars 2018, c’en était trop. Après 56 ans de mariage, Marie a pris une décision « déchirante » : inscrire son conjoint à une résidence de soins.

Un moment donné, je me suis dit : “Non. Là, je ne peux plus.”

Marie Lévesque, proche aidante

J’ai passé par tous les sentiments. Je me sentais coupable, égoïste, méchante, confie-t-elle.

J’avais de la peine, aussi. C’était mon mari. Je n’avais jamais été séparée de lui, et là, je savais qu’il ne reviendrait plus, ajoute-t-elle.

C’est avec l’aide de ses proches - et des amis qu’elle a rencontrés dans un groupe de soutien pour aidants naturels - qu’elle en est venue à cette décision.

Aujourd’hui, elle ne regrette pas son choix. Maintenant, ça va mieux. Et je sais qu’il est bien, dit-elle, soulagée.

Une femme souriante debout devant des fleurs et des buissons.

Marie tient à rappeler l’importance de penser à soi-même.

Photo : Avec la gracieuseté de Marie Lévesque

Vivre aujourd’hui

Lorsqu’elle lui rend visite, Marie profite de chaque moment avec lui. On passe du bon temps ensemble. C’est plaisant, avance-t-elle.

Et à celles qui vivent cette même situation, elle tient à rappeler l’importance de ne pas s’oublier. Ce n’est pas facile de se séparer, admet-elle.

Avec ce qu’on entend en ce moment avec les CHSLD, ça ne donne pas envie d’y envoyer notre conjoint. Mais il faut penser à [notre] santé, à soi-même.

Marie Lévesque, proche aidante

Désormais, elle profite des petits plaisirs que la vie lui offre chaque jour. Je peux jardiner, sortir, voyager, énumère-t-elle. J’apprécie toutes les choses que je peux faire maintenant, que je ne pouvais pas faire avant.

J’ai encore bien des responsabilités, reconnaît Marie, faisant référence à son époux malade et à sa fille. Mais je vais beaucoup mieux maintenant, conclut-elle.

Et aujourd’hui, elle ne reviendrait pas en arrière.

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