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Visite dans les hôpitaux : la famille d'un patient en phase terminale est en détresse

Deux femmes devant un hôpital.

Cecille Francisco-Critica et Karmina Francisco ne peuvent pas voir leur proche hospitalisé pour un cancer en phase terminale, car celui-ci n'est pas assez malade, disent-elles.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik/CBC

Radio-Canada

La deuxième phase de la réouverture de l’économie au Manitoba ne prévoit pas d'allègement des contraintes pour les visites dans les hôpitaux, ce que déplorent les membres d'une famille. Ils ne peuvent pas rendre visite à l’un des leurs qui est atteint d’un cancer de la prostate en phase terminale.

Quand les restrictions seront levées, j’ai peur qu'il ait beaucoup changé et que ce soit trop tard, affirme Cecille Francisco-Critica.

Le père de cette dernière, Renato Francisco, est hospitalisé depuis deux semaines pour un cancer de la prostate à l’Hôpital Victoria.

Avant que Renato Francisco ne soit admis à l’Hôpital Victoria, il avait déjà passé un mois seul à l’Hôpital Seven Oaks, à Winnipeg. Il ne peut recevoir des visites de sa famille.

Cette semaine, le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, a décrit les nouvelles mesures de déconfinement dans la province.

Des restaurants aux salles de sports, de nombreux commerces et services peuvent reprendre leurs activités sous certaines conditions. Toutefois, les visiteurs ne sont toujours pas admis dans l’enceinte des hôpitaux sans permission spéciale.

Les traitements par radiation aident à soulager la douleur, souligne la petite-fille de M. Francisco, Karmina Francisco. Mais cela ne tue pas le cancer.

L'arrêt du traitement, une condition

Selon la famille, l’Hôpital les autorisera à voir Renato Francisco quand celui-ci aura décidé d’arrêter ses traitements.

Ils ont dit qu’avant que nous puissions le voir l'état de santé de mon grand-père devrait complètement se détériorer, c’est-à-dire qu’il soit proche de la mort, ajoute Karmina Francisco.

Il ne meurt pas tout de suite, alors nous ne pouvons pas lui rendre visite.

Karmina Francisco

Les membres de la famille craignent que, lorsqu’ils pourront lui rendre visite, Renato Francisco ne soit plus en mesure de les reconnaître.

Quand nous avons parlé au médecin, on nous a dit qu’il n’allait pas tarder à partir. Pour lui, ce n’est vraiment pas facile à l’hôpital sans sa famille à ses côtés. Il est souvent confus. Nous voulons avoir la possibilité de lui rendre visite et de lui parler, pendant qu’il peut encore parler.

Des exceptions

Les mesures de restriction en ce qui concerne les visites dans les hôpitaux sont en place depuis plus de deux mois au Manitoba.

Cependant, il y a quelques exceptions. Par exemple, les patients qui subissent un traitement de CancerCare Manitoba peuvent être accompagnés par une personne.

CBC a demandé à la province pourquoi, dans un cas comme celui de Renato Francisco, les personnes atteintes d’un cancer ne pouvaient recevoir de visiteurs. Cette question est restée sans réponse.

Auparavant, la province avait indiqué que des exceptions sont faites dans les cas de fin de vie ou pour des raisons de compassion. Ce sont des décisions à la discrétion des dirigeants des établissements.

Mais cette consigne ne semble pas être appliquée de manière équitable. Ce mois-ci, une femme est décédée seule à l’Hôpital Saint-Boniface. Sa famille s’était vu refuser le droit de visite. La province enquête sur cet incident.

L’Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW) est toujours en contact avec les hôpitaux, les maisons de santé et les autres établissements pour faire en sorte que les restrictions soient comprises et bien appliquées, indique un porte-parole.

Chaque situation est unique et beaucoup de ces décisions peuvent être vraiment complexes et difficiles pour les patients et leurs proches, comme pour les équipes médicales et les administrateurs des hôpitaux qui doivent suivre les directives, écrit le porte-parole.

Ce dernier ajoute que les consignes pour les visiteurs sont toujours revues en fonction de l’évolution de la COVID-19 dans la province.

L’infirmière en chef de Soins communs, Lanette Siragusa, a également réagi à cette situation vendredi en soulignant qu’elle comprenait la difficulté que cela pouvait représenter pour les familles. Elle a ajouté que la province était en cours de réflexion sur des assouplissements.

On étudie les directives pour les visites, spécifiquement pour les soins palliatifs, mais aussi les soins aigus et comment nous pouvons accueillir plus de visiteurs. Ces démarches sont en cours, mais cela prend du temps, a-t-elle indiqué en conférence de presse.

À l’heure actuelle, la famille de Renato Francisco dépose de la nourriture à son intention à la réception et lui parle au téléphone s’il est en mesure de le faire.

Parfois, il nous demande si nous pouvons lui rendre visite, déplore sa petite-fille. Je sais qu’il veut vraiment voir sa famille.

Avec les informations de Marina von Stackelberg

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