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Les États-Unis mettent fin aux exemptions accordées à Hong Kong

Des tours apparaissent dans la brume, derrière une clôture en barbelés.

Une vue de Hong Kong, le 28 mai 2020

Photo : Reuters / Tyrone Siu

Radio-Canada

Après avoir révoqué jeudi le statut spécial accordé à Hong Kong, le président américain Donald Trump a annoncé vendredi qu'il allait mettre fin aux exemptions accordées au territoire semi-autonome chinois.

L’élimination des exemptions accordées aux Hongkongais aura un impact sur presque tous les accords passés avec le territoire, notamment le traité d’extradition et les accords commerciaux, a indiqué le président américain lors d’une conférence de presse donnée dans les jardins de la Maison-Blanche

La Chine n'a pas tenu sa parole donnée au monde d'assurer l'autonomie de Hong Kong. C'est une tragédie pour le peuple de Hong Kong, pour la Chine, et pour le monde entier, a lancé M. Trump.

Les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie dénoncent depuis plusieurs jours la loi controversée sur la sécurité nationale que Pékin veut imposer à Hong Kong, laquelle prévoit de punir les activités séparatistes et terroristes, la subversion, ou encore l'ingérence étrangère dans le territoire autonome chinois.

Ces pays estiment qu'il s'agit d'une manière déguisée de museler l'opposition hongkongaise et de rogner les libertés, ce que dément fermement la Chine.

C’est clair que Hong Kong n’est pas vraiment autonome [par rapport à la Chine]. Maintenant c’est un pays, un système, a déclaré le président, faisant allusion à la formule Un pays, deux systèmes utilisée pour décrire les relations entre la Chine et Hong Kong.

M. Trump a également dit vouloir prendre les mesures nécessaires pour sanctionner les officiels du gouvernement chinois et de Hong Kong qui écrasent complètement les libertés existant sur le territoire.

Accusant également de nouveau la Chine d’avoir espionné les États-Unis, Donald Trump a affiché sa volonté de mieux sécuriser la recherche universitaire, vitale pour le pays. Il a annoncé que les États-Unis allaient suspendre l’entrée de certains ressortissants chinois identifiés comme un risque potentiel à la sécurité des États-Unis.

Jeudi, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, avait déjà affirmé que le statut des étudiants chinois aux États-Unis était dans la ligne de mire de son gouvernement.

La loi sur la sécurité nationale que Pékin veut imposer à Hong Kong intervient après les manifestations monstres à Hong Kong de 2019 contre l'influence de Pékin, au départ pacifiques, mais également marquées par des violences et du vandalisme. Ces manifestations ont renforcé un courant pro-indépendance jadis marginal.

En vertu du concept Un pays, deux systèmes, l'ex-colonie britannique bénéficie depuis sa rétrocession à la Chine en 1997 d'une large autonomie, d’une économie libre, de la liberté d'expression et d'une justice indépendante.

Ce statut spécial a amené nombre de pays, comme les États-Unis, à voter des lois les autorisant à traiter Hong Kong comme une entité commerciale distincte du régime autoritaire chinois.

La Chine proteste

Avant cette déclaration de M. Trump, la Chine avait déjà vendredi accusé l'administration Trump de prendre en otage les Nations unies au sujet de la loi sur la sécurité nationale, et a appelé les Occidentaux à ne pas s'en mêler.

Pékin a déclaré vendredi avoir protesté officiellement auprès des quatre capitales.

Nous exhortons ces pays [...] à cesser de s'ingérer dans les affaires de Hong Kong et les affaires intérieures chinoises.

Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères

Les Chinois ont dénoncé une approche américaine totalement déraisonnable et indiqué que la Chine ne permettrait pas aux États-Unis de prendre en otage le Conseil de sécurité pour ses propres intérêts.

Le président chinois Xi Jinping (centre) à  l'Assemblée populaire nationale à Pékin.

Le président chinois Xi Jinping (centre) à la fin de la session de clôture de l'Assemblée populaire nationale à Pékin après l’adoption de la loi sur la sécurité nationale.

Photo : Getty Images / NICOLAS ASFOURI

Du côté britannique, le chef de la diplomatie, Dominic Raab, a indiqué que si Pékin ne faisait pas marche arrière, Londres modifierait les conditions attachées au passeport britannique d'outre-mer délivré aux Hongkongais avant la rétrocession du territoire à la Chine en 1997, afin de les rendre plus favorables.

Actuellement, ce passeport ne permet qu'un séjour de six mois au Royaume-Uni, une limite qui serait supprimée afin de permettre à son détenteur de venir chercher du travail ou étudier dans le pays pour des périodes prolongeables de 12 mois, a-t-il détaillé sur la BBC.

Zhao Lijian a menacé Londres de représailles.

Avec les informations de Agence France-Presse

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