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Des défis pour la reprise des services des dentistes en période de pandémie

Des dentistes québécois croient qu'ils ne pourront pas rouvrir leur cabinet le 1er juin comme prévu, faute d'équipement de protection.

Une personne a la bouche ouverte avec miroir chez un dentiste.

Une visite chez le dentiste pendant la période de la COVID-19

Photo : iStock

Radio-Canada

Les visites chez le dentiste risquent d'être bien différentes de ce qu'elles étaient avant la pandémie. Un vaste protocole s’ajoute afin d’assurer la sécurité des lieux, des patients et du personnel soignant pour ce service de la santé qui reprend le 1er juin au Québec.

Cependant, certains dentistes peinent à trouver l’équipement nécessaire pour réaliser leur retour au travail, comme des masques ou des jaquettes. Selon le Dr Pierre-Luc Déry, propriétaire de la clinique dentaire gatinoise du Groupe Dentis, le masque N95 est introuvable présentement.

Lors d’une entrevue à l’émission Les matins d'ici, le dentiste a indiqué que le gouvernement a la mainmise là-dessus [masques N95] pour le système hospitalier. Le Dr Déry croit qu’il sera impossible pour tous les dentistes d’ouvrir leur clinique dans les délais proposés.

Il y a une pénurie mondiale de ces masques-là. Même chose pour les jaquettes, très difficiles à trouver. Les blouses jetables, il y a pénurie et explosion des prix, c'est difficile à obtenir et il y a des délais.

Dr Pierre-Luc Déry, propriétaire de la clinique dentaire gatinoise du Groupe Dentis

C’est impossible en ce moment [d'ouvrir à plein régime à la hauteur du Québec]. Les équipements de protection, ce n’est pas seulement pour les dentistes, tout le monde a de la difficulté à en trouver, a-t-il soutenu. Il est aussi d'avis que les exigences du gouvernement du Québec ne reflètent pas la réalité.

Portrait du dentiste sur fond blanc.

Le Dr Pierre-Luc Déry croit qu’il sera impossible pour tous les dentistes du Québec de rouvrir leur clinique lundi.

Photo : dentisteoutaouais.ca

J’ai l’impression que le gouvernement a un peu paniqué et a dit : "On ne veut pas avoir d’autres crises comme dans les CHSLD, on ne peut pas se permettre ça", a-t-il lancé. Donc, on va mettre des normes qui sont peut-être un peu excessives.

On utilise le principe de précaution, mais présentement, le principe a peut-être le dos large un peu. Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis, par exemple, ne demandent pas toutes les normes de ventilation qu’on nous exige ou les masques de type N95. On sait très bien que les N95 ne sont pas disponibles, a-t-il ajouté.

Selon lui, il y aura des frais importants pour que les dentistes puissent opérer en respectant les consignes sanitaires, et ce sont les patients qui vont en faire les frais au final.

Le Dr Déry ne semble pas être le seul dans sa situation. Selon l'Ordre des dentistes du Québec, qui a mené un sondage auprès de ses membres, si les deux tiers des dentistes se disent prêts à reprendre leurs activités totalement ou en partie, un tiers a déclaré ne pas être du tout en mesure d'accueillir des patients à compter de lundi.

L'Ordre cite le manque d'équipements de protection individuelle et les exigences gouvernementales en matière de ventilation parmi les raisons citées par les répondants qui doutent d'être entièrement prêts d'ici le 1er juin.

Les dentistes ontariens au boulot

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, les dentistes de l'Ontario ne sont autorisés qu'à traiter les urgences. Même si un mal de dents vous ronge, on ne vous fera pas entrer, à moins que la douleur ne soit pas contrôlable avec des médicaments en vente libre.

Mais les restrictions commencent à être levées et les dentistes se débattent maintenant pour savoir comment rouvrir en toute sécurité pour les « soins essentiels » tels que définis par la province et le Collège royal des chirurgiens dentistes de l'Ontario.

Les contrôles de routine, incluant des nettoyages et des rayons X, de même que le remplissage de caries, sont toujours considérés comme non essentiels. Ce n'est pas business as usual, a déclaré le Dr David Stevenson, dentiste à Ottawa depuis plus de 30 ans.

Portrait du dentiste dans un couloir.

Le Dr David Stevenson pratique la dentisterie à Ottawa depuis plus de 30 ans et est l'ancien président de l'Ontario Dental Association.

Photo :  courtoisie / Willow and Wander Photography

Au sein de la communauté dentaire, cela suscite une grande inquiétude, a déclaré le Dr Raouf Alshahwany, qui exploite une clinique dentaire sur le chemin Merivale, à Ottawa. Les nettoyages et les radiographies périodiques sont très, très importants. Une carie non traitée peut atteindre le nerf et, maintenant, nous avons affaire à un canal radiculaire.

Lundi, le Collège royal des chirurgiens dentistes de l'Ontario a publié 48 lignes directrices à suivre par les cliniques avant de pouvoir commencer à fournir des services essentiels, et certains dentistes se plaignent déjà que c'est une liste onéreuse. Nous luttons tous pour respecter ces directives, a déclaré le Dr Alshahwany.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Entre autres directives, les cliniques devront pouvoir fermer les salles de traitement après le forage, le détartrage ou le polissage, puisque ces procédures envoient des particules dans l'air et pourraient potentiellement être une source d'exposition à la COVID-19.

Les salles de traitement doivent également être libérées après chaque procédure pour une durée qui dépendra de la capacité d'échange d'air dans le bâtiment.

Avec des informations de Hallie Cotnam

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Ottawa-Gatineau

Santé publique