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La pandémie nuit-elle aux prévisions météo?

En temps normal, les avions en vol fournissent chaque jour des centaines de milliers d’observations très utiles pour les prévisions météorologiques. Avec la pandémie et la réduction du trafic aérien, il y a beaucoup moins de données.

Un avion parcourt le ciel coloré.

Les avions en vol fournissent des observations très utiles pour les prévisions météo.

Photo : Radio-Canada

La pandémie a considérablement réduit le trafic aérien un peu partout sur le globe et mis en péril une grande partie de cette industrie. Les avions se font rares dans le ciel et, par conséquent, les données météorologiques qu’ils nous fournissent aussi.

En temps normal, chaque jour, près de 700 000 observations de température et de vent - direction et vitesse - sont transmises par les avions en vol, auxquelles s’ajoutent des données complémentaires d’humidité et de turbulence.

Ces informations météorologiques d’altitude sont relativement étendues sur la planète, notamment dans les corridors aériens au-dessus des océans, là où les observations météo conventionnelles - soit les données de surface des bateaux et des bouées dérivantes - sont beaucoup plus dispersées, voire isolées.

Qui plus est, au décollage et à l’atterrissage, ces aéronefs fournissent des mesures très pertinentes des variations de température et de vent selon l’altitude.

Radars, ballons-sondes et satellites

Tout cela s’ajoute à un vaste réseau mondial de prises de données constitué de 10 000 stations de surface manuelles et automatiques (observations près du sol), 1000 stations aérologiques (lancement des ballons-sondes afin d’obtenir des mesures en altitude), 7000 bateaux, 1000 bouées dérivantes, une centaine de bouées fixes et des centaines de radars météorologiques.

De plus, l’atmosphère est scrutée continuellement par une flotte internationale de satellites météo géostationnaires et circumpolaires, constituée d’environ une trentaine de satellites, soit environ quinze de chaque type.

C’est grâce à cet éventail de données météorologiques que l’on peut dresser un portrait de l’instant présent de l’atmosphère pour tenter de prévoir son état futur (la prévision proprement dite).

On doit donc analyser toutes ces données tridimensionnellement à des heures spécifiques. Pour ce faire, il faut en premier lieu procéder à un contrôle de qualité dans le but d’éliminer des mesures qui pourraient être erronées.

Les données ainsi traitées sont alors intégrées à un modèle de prévision qui fournit au préalable une ébauche d’analyse. Une fois ces analyses achevées, le processus de prévision peut commencer.

Les analyses servent donc de point de départ au modèle de prévision qui simulera l’atmosphère dans le temps.

Moins de trafic aérien, moins de données météo

La pandémie que nous vivons a vu au plus fort de la crise une diminution du trafic aérien de 80 à 90 % en Europe.

Au pays, cette réduction est cependant moins importante, les vols commerciaux ayant chuté d’environ 50 %. Nous recevons donc encore passablement de données des aéronefs.

Il va sans dire que c’est une partie importante d’informations météo qui ne sont plus acheminées à des fins de prévision météorologique.

Les analyses sont donc moins précises, particulièrement là où les données se font plus rares, notamment au-dessus des océans.

Pour pallier ce manque, certains pays ont choisi de lancer deux fois plus de ballons-sondes pour les observations météo en altitude. Soit quatre fois par jour plutôt que deux normalement.

On fait aussi appel à plus de données dérivées des mesures des satellites météo, afin d’obtenir des profils verticaux de température, de vent et d’humidité.

Pour l’instant, il est difficile de quantifier précisément l’impact de la réduction des données des aéronefs sur la qualité des prévisions.

Cependant, des études ultérieures à la pandémie, produites par le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT ), en retirant les données des avions, suggèrent une détérioration de 10 à 15 % de la prévision de certaines variables météo en altitude et d'un peu moins 5 % près du sol.

Ces études avaient pour but de quantifier l’impact relatif des données des aéronefs sur la prévision.

Compte tenu de l’importance particulière des observations météo des avions au-dessus des océans, la qualité de la prévision pourrait se détériorer particulièrement sur la côte du Pacifique, les perturbations atmosphériques venant surtout de l’ouest.

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