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Retour en classe : des méthodes et des défis différents d’une division scolaire à l’autre

Une enseignante dans sa classe a mis une croix rouge sur une table.

Manon Kent, qui est enseignante en maternelle à Winnipeg, fait des croix là où ses élèves vont pouvoir s'installer lundi.

Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton

Radio-Canada

Le Manitoba autorise les écoles à accueillir de nouveau les élèves et les enseignants dans leurs établissements, sous certaines conditions. Cette annonce faite la semaine dernière a pris de court de nombreux professionnels de l’éducation qui font face à un véritable casse-tête pour assurer la sécurité de tous.

Selon la Manitoba Teachers’ Society (MTS), les enseignants ont été surpris lorsque la province a annoncé une ouverture limitée des écoles à compter du 1er juin.

La présidente intérimaire des Éducatrices et éducateurs francophones du Manitoba (EFM), un organisme professionnel de la MTS représentant plus de 2100 membres, Lillian Klausen, croit qu’une telle transition brisera l’élan des enseignants et des élèves.

Les enseignants ont vraiment trouvé un rythme avec les jeunes. Ils ont appris de nouvelles plateformes et de nouvelles applications pour pouvoir offrir leurs cours en ligne, depuis la maison, dit Lillian Klausen, louant les efforts des pédagogues pour innover durant la crise sanitaire.

Après avoir annulé les cours dans les écoles le 23 mars en raison de la pandémie de COVID-19, le gouvernement provincial a confirmé, mercredi dernier, qu’une réouverture partielle des écoles se fera le 1er juin.

L’apprentissage en classe demeure suspendu pour le restant de l’année scolaire, peut-on lire dans le document provincial qui décrit la phase 2 du rétablissement des services.

Cependant, les écoles doivent rouvrir leurs portes afin de permettre des rencontres enseignant-élève individuelles ou en petit groupe pour l’instruction ou l’évaluation, et pour fournir une aide clinique ou d’autres services thérapeutiques.

Les élèves peuvent accéder au wi-fi ou à l’équipement informatique de l’école, et les recommandations encouragent l’utilisation des installations extérieures et des aires de jeu.

La province dit que les écoles doivent maintenir une distanciation physique de 2 mètres entre les élèves dans la salle de classe et s'assurer qu'il n'y a pas plus de 25 personnes par salle.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Se réajuster, de nouveau

La Division scolaire franco-manitobaine (DSFM) doit elle aussi faire des ajustements. Selon le directeur général, Alain Laberge, il n’est pas envisageable d’accueillir dès le 1er juin les élèves et les enseignants dans de bonnes conditions.

Nous devons nous assurer que nos écoles sont conformes aux règles de distanciation. Or, nous faisons face à de nombreuses complexités comme, par exemple, le fait que, dans certaines écoles, il y a des tables rondes. Nous ne pouvons pas les garder. Donc, nous allons avoir besoin de pupitres. Il y a de nombreux éléments techniques qui doivent être affinés, explique Alain Laberge.

La semaine du 1er juin sera consacrée à préparer les établissements.

Un appel à la souplesse

Selon Lillian Klausen, cette réouverture limitée implique que les enseignants doivent trouver des places de garderie, après y avoir renoncé, car on leur avait laissé croire qu’ils ne rentreraient pas à l’école avant l’automne.

C’est une barrière pour le retour au 1er juin. On demande certainement que les divisions scolaires soient flexibles.

Lillian Klausen, présidente intérimaire des Éducatrices et éducateurs francophones du Manitoba

Certaines divisions scolaires l’ont bien compris. Celles de Winnipeg et de River East Transcona permettent à leurs enseignants de répartir leur temps entre l’école et la maison.

Certains préféreraient travailler à l’école à temps plein, et ils le peuvent. On comprend que d’autres nécessitent un horaire plus souple en raison de leurs besoins en matière de garde d’enfants, dit la porte-parole de la Division scolaire de Winnipeg, Radean Carter.

Les deux divisions estiment pourtant que leurs employés seront à l’école à temps plein d’ici le 15 juin.

Trouver des solutions

C’est aussi ce que prévoit la Division scolaire franco-manitobaine. En raison des défis techniques, mais aussi des besoins du personnel, la direction a décidé de procéder à un retour progressif à l’école.

Nous avons dit [aux enseignants] de rester à la maison s’ils n’avaient personne pour les aider, mais nous nous attendons à ce que les enseignants soient là à partir du 15 juin.

Alain Laberge, directeur général de la DSFM

L’enseignement à distance, mis en place par la DSFM, prendra fin le 12 juin prochain.

Du côté de Steinbach, les élèves n’iront pas non plus en classe la première semaine de juin pour laisser le temps aux enseignants de se préparer.

Les enseignants peuvent répartir leur temps entre l’école et la maison, et ceux qui ont des enfants en âge d’aller à l’école peuvent les amener dans leur établissement, selon le président de l’Association d’enseignants de Hanover, Wendell Head.

Dans d’autres divisions scolaires, comme celle de Pembina Trails et de Seven Oaks, on réfléchit à d’autres possibilités pour les enseignants qui ont des problèmes de santé ou de garde d’enfants.

Selon le surintendant de la Division scolaire Seven Oaks, Brian O’Leary, de 10 à 20 enseignants ont des problèmes de santé qui limitent le retour en classe. La plupart ont pu trouver des garderies. Pour les autres, nous cherchons des solutions, indique-t-il.

Tous les autres enseignants seront de retour dans leur classe lundi.

Retour dès lundi

C’est aussi le cas à l’École Constable-Edward-Finney dans le nord-ouest de Winnipeg.

Les professeurs se sont mis à l'oeuvre pour accueillir des petits groupes d'élèves dès le premier jour. Ils ont nettoyé les salles de classe, espacé les bureaux et fait le tour des nouveaux protocoles. Dans cette école, les élèves vont commencer leur journée dehors.

Je leur poserai des questions pour être bien sûr que les enfants sont en bonne santé et capables d’être à l’école, précise Manon Kent, qui est enseignante en maternelle. Même s'il n'y a qu'un peu de fièvre, c'est un non catégorique.

Pour faire respecter l'éloignement physique, l’enseignante a décidé de jouer la carte de la créativité. Elle va fabriquer avec ses élèves des ailes de papillon et elle installera aussi des ballons.

Le but : permettre aux élèves de comprendre plus facilement quand ils sont trop proches. Manon Kent dit que l'inspiration lui est venue d'une école en Chine.

Elle accueillera 9 élèves le matin et 10 l’après-midi avec une pause entre les deux pour désinfecter la classe.

Selon la direction, 70 % des élèves ont accepté l’invitation à retourner en classe. Les enseignants vont aussi continuer l’enseignement à distance.

D’une division à l’autre, et parfois même d’une école à l’autre, le retour en classe se prépare différemment.

Avec les informations de CBC

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