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Pas de reprise des croisières internationales avant le 31 octobre

Un navire de croisière navigue sur le fleuve Saint-Laurent, près de Québec.

L'industrie des croisières représente 5000 emplois directs au Québec.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Les croisières internationales seront interdites au Canada jusqu’au 31 octobre. Le ministre des Transports Marc Garneau a confirmé vendredi matin cette mesure, révélée tôt vendredi par Radio-Canada, qui pourrait faire perdre un milliard de dollars en retombées économiques au Québec seulement.

Dans un point de presse par vidéoconférence à Ottawa, le ministre a affirmé que la circulation des navires de croisière offrant de l’hébergement et autorisés à transporter plus de 100 personnes est interdite dans les eaux canadiennes jusqu’au 31 octobre.

La circulation des navires de passagers pouvant accueillir plus de 12 personnes reste également interdite dans les eaux côtières de l’Arctique (y compris celles bordant le Nunatsiavut, le Nunavik et la côte du Labrador) jusqu’à la fin du mois d’octobre.

À Montréal, la mairesse Valérie Plante a déclaré que considérant la situation actuelle, c’était la décision à prendre.

Bien sûr, il y aura des impacts au niveau touristique, mais la santé de nos concitoyennes et concitoyens doit primer, a-t-elle ajouté.

Mélanie Nadeau, directrice des communications de l'Administration portuaire de Montréal, a pour sa part conclu qu'il n’y aura pas de saison des croisières cette année à Montréal.

Nous travaillons dès maintenant à déterminer les mesures sanitaires qui seront mises en place dans nos terminaux pour accueillir la prochaine saison des croisières, a-t-elle dit.

L'Administration portuaire de Montréal dit respecter la décision du gouvernement et des autorités sanitaires tout en reconnaissant qu'il y a un impact important pour la ville et l’industrie touristique et des croisières de Montréal.

C’est notre saison qui s’envole en poussière, soutient René Trépanier, directeur général de l'Association des croisières du Saint-Laurent, qui rappelle que l’industrie des croisières représente 5000 emplois directs au Québec, répartis dans une trentaine d’entreprises.

Ça touche tout un tissu entrepreneurial touristique qui est vraiment étendu à la grandeur de la province.

René Trépanier, directeur général de l'Association des croisières du Saint-Laurent

Le 13 mars, le gouvernement canadien avait interdit les croisières de plus de 500 passagers jusqu’au 1er juillet. Cette interdiction est donc reconduite jusqu’à l’automne et s'applique désormais aux navires accueillant plus de 100 passagers, afin de poursuivre la lutte contre la pandémie.

Le gouvernement estime en effet que la concentration d’un grand nombre de personnes dans des lieux confinés durant une longue période rend la distanciation physique difficile et représente des risques importants de propagation de la COVID-19.

En 2019, le Canada a reçu plus de 140 navires de croisière en provenance directe de plus de 10 pays différents. L’industrie des croisières amène environ 2 millions de voyageurs annuellement au pays.

95 % de notre marché provient de l'extérieur du Canada. C’est de l’argent neuf à chaque fois. Alors, c'est extrêmement important pour rebâtir l'économie touristique québécoise dans les prochaines années, insiste René Trépanier.

Malgré tout, M. Trépanier essaie d’être optimiste. Le gestionnaire espère une reprise du secteur le printemps prochain. C'est quand même une pente qui va être difficile à remonter, mais on est une industrie résiliente, souligne-t-il.

Reprise des croisières-excursions?

Les croisières de moins d’un jour sur des bateaux sans cabine (comme pour l’observation des baleines, par exemple) pourraient par contre reprendre après le 1er juillet, mais avec la mise en place de nouvelles mesures sanitaires, selon les informations recueillies par Radio-Canada et confirmées par le ministre Garneau vendredi.

Cependant, Transports Canada va déléguer aux gouvernements provinciaux la responsabilité de décider le moment auquel ces dernières pourront reprendre ainsi que les mesures de protection appropriées.

Ottawa veut ainsi donner plus de flexibilité aux différentes régions du pays, qui sont touchées différemment par la COVID-19.

Lucie Charland, directrice générale adjointe chez croisières AML, craint que les restrictions qui seront imposées n'aient un impact brutal sur les activités de l'entreprise.

Ça ne regarde pas bien du tout. On se prépare à différents scénarios, mais disons qu’on est passablement inquiets.

Lucie Charland, directrice générale adjointe chez croisières AML

La distanciation physique étant difficile sur les bateaux, ceux-ci pourraient devoir naviguer avec un nombre limité de passagers et, dans certains cas, le port du masque sera obligatoire, comme c’est le cas pour le transport aérien.

Un navire comme le Louis-Jolliet, à Québec, qui peut accueillir habituellement jusqu'à 1000 personnes, pourrait être limité à 350 passagers. Ce sera impossible d’être rentable, affirme Lucie Charland.

C'est pour ça que l'industrie touristique demande au gouvernement des mesures de soutien, poursuit-elle. Par exemple, la subvention salariale qui couvre les employés saisonniers. Et un remboursement des frais fixes, comme les loyers portuaires, les taxes et les frais pour l'entretien et l'entreposage des bateaux, ce qu'on doit faire pour fonctionner en toute sécurité, indique la femme d'affaires.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Des croisières qui tournent mal

Le secteur des bateaux de croisière a été l’un des premiers à être frappés par la COVID-19, et il a été durement touché. Dans divers coins du monde, des centaines de passagers ont été contaminés par le coronavirus.

Transport Canada a surveillé des centaines de bateaux qui transportaient des Canadiens. Ces bateaux, à bord desquels on combattait la pandémie, se sont vu refuser le droit d’accoster comme prévu dans les ports de pays qui fermaient tour à tour leurs frontières aux visiteurs étrangers afin de se prémunir contre le coronavirus. 

Après avoir séjourné à bord de navires aux prises avec la COVID-19, des centaines de Canadiens ont été ramenés, par avion, au pays et placés en quarantaine préventive à Trenton ou à Cornwall, en Ontario. Au moins une douzaine de passagers du Grand Princess, qui ont ensuite été placés en quarantaine à Trenton, ont été déclarés positifs.

Un couple de Québécois, qui se trouvait à bord du Diamond Princess, a été infecté par la maladie alors que le navire était en quarantaine dans le port de Yokohama, au Japon. Après avoir reçu des soins dans un hôpital japonais, les Ménard ont finalement pu rentrer à la maison, sains et saufs.

Toutefois, un autre passager canadien du Diamond Princess, contaminé par la COVID-19, est mort au Japon en mars après avoir été hospitalisé.

Avec les informations de CBC

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