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Pressions de députés libéraux pour des normes fédérales dans les maisons de soins

Des employés du CHSLD Herron vus depuis l'extérieur.

Les établissements de soins de longue durée, dont les CHSLD au Québec, sont particulièrement touchés par la pandémie de COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

Justin Trudeau subit des pressions de certains de ses propres députés libéraux pour instaurer la mise en œuvre de normes nationales exécutoires pour le fonctionnement des établissements de soins de longue durée au Canada.

Dans une lettre à M. Trudeau et à la ministre fédérale de la Santé Patty Hajdu, cinq députés libéraux de la région de Toronto – Gary Anandasangaree, Yvan Baker, Jennifer O'Connell, Judy Sgro et Sonia Sidhu – exhortent le gouvernement fédéral à travailler avec les provinces pour établir ces normes.

Le nombre important de décès dans les établissements de soins de longue durée liés à la COVID-19 n'est pas unique à nos circonscriptions, ont-ils écrit. C'est une tragédie qui se déroule partout au Canada, alors qu'environ 80 % de tous les décès liés à la COVID-19 dans notre pays sont survenus dans des maisons de soins de longue durée.

L'intervention de ces députés est arrivée au moment où M. Trudeau se préparait à discuter jeudi soir avec ses homologues provinciaux et territoriaux.

Il a déjà promis de réitérer son offre pour une aide fédérale visant à améliorer les conditions dans les établissements de soins et fournir un congé de maladie payé aux travailleurs contraints de rester à la maison en raison de la COVID-19.

Ces deux questions relèvent clairement de la compétence provinciale et pourraient mettre à l'épreuve l'esprit de collaboration qui a prévalu jusqu'ici parmi les premiers ministres depuis le début de la crise.

L'offre d'aide de M. Trudeau a jusqu'à présent suscité une réaction mitigée de la part des dirigeants provinciaux et territoriaux.

Les cinq députés libéraux souhaitent aussi que le gouvernement fédéral demande à l'Ontario une enquête publique et indépendante sur les défaillances du système des soins de longue durée dans la province.

Ces manquements ont été révélés cette semaine dans un rapport cinglant de l'armée, qui a été appelée pour venir en renfort dans des établissements de soins de longue durée en Ontario et au Québec. Le rapport cite des exemples de négligence, d'abus et de conditions insalubres dans cinq établissements ontariens.

Des problèmes similaires avaient été signalés dans certains établissements du Québec en avril, bien qu'un rapport militaire cette semaine sur cette province indique que les conditions se sont quelque peu améliorées.

Jusqu'à présent, les conférences téléphoniques hebdomadaires de Justin Trudeau avec les premiers ministres provinciaux se sont démarquées par leur esprit collégial et collaboratif, car ils travaillent tous ensemble pour amortir l'impact de la pandémie sur la santé des Canadiens et l'économie du pays.

Un esprit d'équipe qui s'effrite

Le bureau du premier ministre a mentionné que l'appel de deux heures de jeudi n'était pas différent, bien qu'il n'y ait eu aucun progrès concernant les soins de longue durée et les congés de maladie autres que les premiers ministres ont continué de s'engager à travailler ensemble sur les deux fronts.

Il y a des signes que l'esprit d'équipe pourrait commencer à céder le pas aux tensions régionales et aux conflits de compétence habituels qui ont historiquement nui aux relations fédérales-provinciales au Canada.

Le premier ministre du Québec François Legault ne semble pas enchanté par la promesse de Justin Trudeau d'assurer 10 jours de congés de maladie payés aux travailleurs qui tombent malades de la COVID-19 ou doivent se mettre en quarantaine.

J'ai dit à Justin Trudeau ce matin, concernant les congés de maladie, qu'il y avait eu une réaction très négative du côté des entreprises, a-t-il dit mercredi.

Eh bien, évidemment, il y a une question qui n'est pas claire : qui va payer?

François Legault est d'avis que le fédéral devrait envoyer aux provinces plus d'argent pour les soins de santé en général pour que les provinces puissent dépenser comme bon leur semble.

Au début de la pandémie, le gouvernement fédéral a augmenté ces transferts de 500 millions de dollars.

De son côté, le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a appelé à davantage de financement fédéral, mais il est allé plus loin. Il a indiqué que « tout est sur la table », y compris l'intégration des foyers de soins de longue durée dans le système de santé publique, qui est offert par les provinces, mais en vertu des principes nationaux de la Loi canadienne sur la santé.

Et il a appelé à l'instauration de normes nationales pour ces établissements.

Nous avons besoin d'une procédure opérationnelle standard qui s'applique à travers le pays, peu importe que ce soit au Québec, en Ontario ou en Colombie-Britannique, a-t-il ajouté mardi.

Des provinces moins touchées que d'autres

Jusqu'à présent, Justin Trudeau a pris soin d'éviter de se plonger dans des détails, soulignant à plusieurs reprises que le gouvernement fédéral respectera les compétences provinciales alors qu'il entame des discussions avec les premiers ministres.

Je ne vais pas court-circuiter cette conversation en faisant des propositions agressives pour le moment, a-t-il déclaré mercredi.

Le premier ministre Trudeau doit également composer avec le fait que toutes les provinces n'ont pas été aussi durement touchées par la pandémie que l'Ontario et le Québec et sont moins désireuses de se précipiter vers l'aide du gouvernement fédéral.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, a dit que toutes les provinces avaient besoin d'un financement fédéral pour aider à couvrir les coûts de la pandémie, mais a suggéré que sa province n'en avait pas besoin pour les foyers de soins de longue durée.

La Saskatchewan a déjà des normes, et il a noté que ses résidences n'ont pas connu de mortalité aussi élevée que dans les deux plus grandes provinces.

Concernant les congés de maladie, Scott Moe croit que s'il s'agit d'une initiative fédérale, elle devrait être financée par le gouvernement fédéral, les employeurs n'ont pas à payer pour ce projet de loi. Et celui-ci devrait être en vigueur que pendant la pandémie.

Il ne peut y avoir aucun coût pour les entreprises qui essaient maintenant de se dépoussiérer, de rouvrir et de revenir sur le marché, a dit Scott Moe jeudi.

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, a partagé cette préoccupation, mais a néanmoins accueilli favorablement un programme national visant à encourager tout travailleur qui se sent mal à rester à la maison.

Justin Trudeau a donné le crédit au premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, d'avoir d'abord soulevé l'idée d'un programme de congés de maladie. Et John Horgan a semblé optimiste mercredi qu'un accord soit conclu entre les premiers ministres pour mettre ce programme en place.

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