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Le dépistage de l'audition des nouveau-nés limité pendant la pandémie

Une mère et son bébé naissant.

Avant la pandémie de COVID-19, le dépistage de l'audition était assuré dans les maternités de la province.

Photo : getty images/istockphoto

Thilelli Chouikrat

Des spécialistes tirent la sonnette d'alarme quant aux conséquences éventuelles de l’arrêt provisoire du dépistage auditif des nouveau-nés en Ontario.

Depuis l'interruption des services médicaux non essentiels à cause de la pandémie, certains services du programme ontarien de dépistage néonatal des troubles auditifs et d'intervention précoce sont limités aux circonstances urgentes, selon les directives du ministère des Services à l'enfance et des Services sociaux et communautaires.

La docteure Nadine Yammine est oto-rhino-laryngologiste et présidente locale de l'Association médicale de l'Ontario, pour les villes de Windsor, d'Essex, de Chatham-Kent et de Sarnia. Elle se dit préoccupée par cette situation qui concerne, selon elle, des milliers de nourrissons.

Elle craint que les parents concernés oublient de prendre rendez-vous pour effectuer le dépistage de leur enfant lorsque le service sera à nouveau disponible.

Des enfants nouveau-nés sans dépistage, c'est un grand problème, explique-t-elle. Si une personne n’est pas testée pour son audition, l'effet sur sa vie est terrible, plus tard. [...] Ça veut dire qu'ils vont avoir des séquelles [...] : pas bien entendre, pas bien parler, ils sont déjà en retard.

Un repérage précoce des troubles auditifs permet en effet une prise en charge adaptée et une adaptation plus facile de l'enfant à son environnement.

Kim Scott, directrice de l'Association des malentendants canadiens, en sait quelque chose.

Elle souffre elle-même de problèmes d’audition. Selon elle, un dépistage tardif affecte le développement social et scolaire de l'enfant, sa capacité à comprendre et traiter une information, parce que tout cela se fait grâce à l'ouïe, précise-t-elle.

Personnellement, je n'ai été diagnostiquée qu'à l'âge de quatre ans. En conséquence, à 12 ans j'avais un niveau de première année dans toutes les matières à l'école. Et j'ai dû faire un travail énorme pour m'en sortir

Kim Scott, directrice de l'Association des malentendants canadiens

Elle comprend que la crise actuelle ait pu retarder ce service, mais elle craint qu'il ne soit pas relancé lorsque les conditions le permettront.

Or, selon l’organisme qu’elle préside, 6 nouveau-nés sur 1000 naissent avec une déficience auditive au Canada.

Nous serons là pour plaider pour une reprise de ce service le plus tôt possible, affirme-t-elle.

Un nouveau-né qui passe un test de dépistage de la surdité.

Toutes les provinces canadiennes n'ont pas rendu ce dépistage obligatoire.

Photo : CIUSSS de l'Estrie-CHUS

Certaines provinces maintiennent ce service

Toutes les provinces n'ont pas rendu ce dépistage obligatoire.

Il est en cours d'implantation au Québec, où il est offert dans plusieurs établissements, mais la participation y est volontaire. En Alberta, il est proposé dans la plupart des hôpitaux qui ont plus de 200 naissances par an.

Les deux provinces ont choisi de ne pas suspendre cette activité pendant la pandémie. Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec indique à ce sujet que le dépistage de la surdité à la naissance est considéré comme un service essentiel [...] dans les établissements où il est disponible.

En Ontario, certains établissements continuent de pratiquer le dépistage, mais peu de régions peuvent le faire, affirme Barb Brown, directrice du Programme de dépistage néonatal des troubles auditifs pour Windsor-Essex.

Son organisme, Connections Early Years Family Center, continue de mener des tests à l’Hôpital régional de Windsor, explique-t-elle. Ils sont en revanche suspendus à Chatham-Kent et à Leamington, deux municipalités où l'organisme intervenait avant la pandémie de COVID-19.

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Windsor

Santé