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Brian Pallister réitère sa volonté d’arrimer les universités aux besoins des employeurs

Façade extérieure de l'Université de Saint-Boniface.

L'Université de Saint-Boniface à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Thomas Asselin

Radio-Canada

En conférence de presse, le premier ministre du Manitoba Brian Pallister a réitéré qu’il fallait changer la programmation des universités pour qu’elles répondent mieux aux besoins du marché du travail. C’est une affirmation qui trouble profondément certains universitaires.

Depuis sa réélection en septembre dernier, le premier ministre Brian Pallister a déclaré à multiples reprises qu’il fallait réorganiser l'enseignement supérieur pour mieux répondre aux besoins des employeurs.

Il a renchéri jeudi en annonçant 25,6 millions de dollars pour aider les établissements postsecondaires à s’adapter à la réalité économique de l’après-pandémie, à condition que les établissements bénéficiaires créent un plan pour l’utilisation des fonds, notamment en ce qui concerne l’arrimage de la programmation au marché du travail.

Cela vient après une série de compressions visant les établissements postsecondaires manitobains que le premier ministre attribue au besoin de rediriger des fonds vers la lutte contre la COVID-19.

Dans plusieurs autres provinces, dans presque 80 % des États-Unis, il existe des structures pour créer un partenariat plus efficace entre établissements postsecondaires et l’économie qui les soutient et paie pour eux. Voilà ce qu’on cherche, lance M. Pallister.

Selon lui, la quasi-totalité des leaders académiques au pays est d’accord avec cette approche.

L’exception, affirme-t-il, ce sont les syndicats de professeurs. Si certains professeurs titulaires ne veulent pas saisir cette occasion, je crois que cela renforce simplement l’argument que leur attitude de tour d'ivoire est contre-productive quant aux intérêts de la majorité.

Réplique des professeurs

Certains professeurs affirment que le gouvernement profite de la COVID-19 pour faire avancer ses projets politiques. Cet argent va être donné de manière conditionnelle. Et ça, c'est une atteinte très grave à l'autonomie de l'université, affirme Patrick Noël, professeur d’histoire à l’Université de Saint-Boniface (USB).

Le professeur Noël soutient que Brian Pallister souhaite transformer les universités en une simple usine qui répond aux besoins du marché du travail. C’est pour lui une perversion du rôle de ces établissements.

Une lettre ouverte signée par le professeur Noël et son collègue Étienne Rivard, professeur de géographie à l’USB dénonce la conception de l’Université du premier ministre.

Il se sert présentement de la crise pandémique comme d’un prétexte pour nourrir son entreprise de sabotage de l’enseignement supérieur qu’il souhaite transformer en une simple usine répondant aux besoins du marché du travail.

Patrick Noël, professeur d’histoire à l’USB et Étienne Rivard, professeur de géographie à l’USB

Cette conception instrumentaliste et utilitariste de l’Université est inquiétante. Elle dénature une institution millénaire et détourne l’Université de sa réelle mission, celle de conserver, de transmettre et de faire avancer le savoir, et ce faisant, de former des citoyens avec un esprit critique, expliquent-ils.

Déficit à l'USB

De son côté, la rectrice de l'Université de Saint-Boniface, Sophie Bouffard, indique que les critères d'admissibilité pour le nouveau financement annoncé jeudi sont larges.

L’Université a été épargnée des compressions qui ont touché d'autres établissements, mais connaît une forte baisse de revenus en raison de la pandémie.

Des fonds supplémentaires de la province seraient donc les bienvenus. On pourra aussi cibler l’utilisation de nouvelles technologies de nouveaux outils, ou des outils ou de la technologie améliorée pour l'offre en ligne, dit la rectrice.

Sophie Bouffard note que l'USB peut recevoir un total de 171 000 $ en financement, ce qui compenserait la réduction de 1 % de sa subvention de fonctionnement pour 2020-2021 prévue par le gouvernement provincial dans son budget.

L'USB prévoit déjà un déficit budgétaire d'au moins 600 000 $ lié à baisse d'inscriptions d'étudiants internationaux.

Les établissements postsecondaires du Manitoba ont jusqu'au mois septembre pour soumettre leur demande pour obtenir le nouveau financement de la province.

Lettre ouverte des professeurs by Radio-Canada on Scribd

Avec les informations de Laïssa Pamou

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