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Des militaires sherbrookois prêtent main forte en CHSLD à Montréal

La caporale Catherine Dubois, adjointe médicale à la 52e ambulance de campagne à Sherbrooke, n’a pas hésité à se porter volontaire pour travailler dans un CHSLD.

Photo : Radio-Canada

Thomas Deshaies

Les militaires sont déployés dans certains CHSLD du Québec depuis le 20 avril dernier. Afin de mieux comprendre la réalité de ces membres des Forces armées canadiennes mobilisés à cette mission atypique, nous avons rencontré deux d’entre eux.

La caporale Catherine Dubois, adjointe médicale à la 52e ambulance de campagne à Sherbrooke, n’a pas hésité à se porter volontaire lorsqu’on lui a offert de prêter main-forte dans les CHSLD. J’ai levé la main. J’ai dit oui, je veux y aller, s’exclame-t-elle, en face du CHSLD Paul-Gouin où nous l’avons rencontrée.

Celle qui est déployée depuis la fin avril dans les CHSLD, ne se cache pas d'avoir eu certaines appréhensions face à cette nouvelle mission. On a toujours des peurs parce qu’on ne sait pas à quoi s’attendre.

la caporale Catherine Dubois, adjointe médicale à la 52e ambulance de campagne à Sherbrooke

Un coup dans le CHLSD, on a été accueillis par le personnel qui nous a aidés, qui nous monte une routine. La peur, elle, s’estompe d’une journée à l’autre, tout le temps, témoigne-t-elle.

De soldat à travailleur dans un CHSLD

Une situation tout aussi atypique pour le fantassin Francis Castonguay, qui oeuvre depuis sept ans pour les fusiliers de Sherbrooke. Il est formé pour s’approcher de l’ennemi et engager le combat avec lui, précise-t-on sur le site de recrutement de l’armée. C’est sûr que c’est très atypique comme situation, convient-il.

Il explique toutefois avoir reçu plusieurs formations théoriques et pratiques avant son arrivée dans les CHSLD. On a été préparés à arriver ici, on est habitués de travailler en équipe, de travailler avec du stress, souligne-t-il. L’armée canadienne est faite pour aider dans les situations comme celle-là.

Francis Castonguay portant un masque.

Francis Castonguay s'est porté volontaire pour travailler au CHSLD Paul-Gouin.

Photo : Radio-Canada

Malgré les moments difficiles, les deux militaires disent avoir été témoins de situation porteuses d’espoir, dont des démonstrations d’appui aux résidents par les membres de leur famille.

C’est sûr qu’ils s’ennuient de voir leurs gens, leur famille.

la caporale Catherine Dubois, adjointe médicale à la 52e ambulance de campagne à Sherbrooke

Mme Dubois nous fait part d'un moment qu'elle juge marquant. Le fils d’une résidente avait décidé de procéder à une visite surprise. Aussitôt que je lui ai dit que c’était son fils qui était au téléphone, elle est tout de suite venue à la fenêtre, se souvient-elle. Quand je voyais des choses comme cela, c’était vraiment exceptionnel puis je trouvais cela vraiment le fun.

Des travailleuses dévouées dans les CHSLD

Questionnés à savoir s’ils avaient été témoins de scènes d’horreurs ou de négligences, les deux militaires répondent que non.

Ils nous rapportent plutôt avoir été impressionnés le dévouement des membres du personnel. Sur mon étage, je travaille avec des femmes qui sont dévouées, qui ont un cœur gros, énorme, souligne-t-il. Cela a un impact sur nous de voir des gens qui sont autant dévoués à faire leur travail. C’est sûr qu’on grandit de cela.

La pancarte du CHSLD Paul-Gouin.

Plusieurs militaires travaillent au CHSLD Paul-Gouin.

Photo : Radio-Canada

Lorsque le temps le permet, les militaires n’hésitent pas à socialiser avec les résidents lors de temps libres, rapporte M. Castonguay.

Ils pratiquent même des activités qui s’éloignent de la description de tâche typique d’un soldat. J’ai un collègue qui a passé du temps à faire du tricot avec une dame, cela l’a rendue vraiment heureuse. Je pense que passer du temps avec les résidents, c’est un des aspects de notre travail, explique-t-il.

Je pense que ça leur remonte le moral. On voit que leur moral augmente de plus en plus.

Francis Castonguay, fantassin pour les fusiliers de Sherbrooke

Les deux militaires sentent que la population québécoise apprécie leur travail. On est là pour les aider et l’amour qu’ils nous donnent, on leur rend aussi parce qu’on se fait bien accueillir, souligne Mme Dubois.

Dans l’armée canadienne, la discipline est de mise, mentionne M. Castonguay. On est capable de faire avancer les choses avec notre discipline, notre structure. Donc oui, je pense que l’armée canadienne aide beaucoup à cette crise.

Les deux militaires se disent ouverts à poursuivre le travail dans les CHSLD pour encore plusieurs semaines, si nécessaire, mais surtout si la chaîne de commandement en décide ainsi.

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