•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des aînés terrifiés à l'idée de se retrouver dans un foyer

Une dame âgée dans un couloir.

Une dame âgée dans un couloir

Photo : Getty Images

Le rapport décrivant l’atroce traitement des résidents de certains foyers de longue durée de la région de Toronto dévoilé mardi continue de faire couler beaucoup d’encre partout en Ontario. Si certains pressent le gouvernement d’agir, beaucoup d'aînés se demandent comment on a pu en arriver là, mais surtout quelle place leur est réservée dans notre société.

J’ai appelé ma fille et je lui ai fait promettre que jamais je ne me ramasserais dans un centre comme ça, raconte Germaine Paquette à l’autre bout du fil. 

La dame âgée d’un peu plus de 70 ans a eu cette réaction après avoir pris connaissance du rapport cette semaine.

C’est atroce, absolument atroce, résume celle qui vit dans le Grand Sudbury, à propos du contenu du document.

Mme Paquette n’est pas la seule qui veut éviter d’avoir affaire à ce genre d’établissement.

Stella Meilleur, qui a passé les 80 avancés, préfère s’occuper seule à la maison de son mari atteint de démence qui approche les 90 ans.

Faut que tu saches comment le prendre. S’il était dans les centres de soins de longue durée comme ça, ça ne marcherait pas. Je serais obligée de toujours être là parce qu’ils manquent de personnel, explique la résidente du Grand Sudbury.

Mme Meilleur recevait un coup de main pour son mari avant la pandémie, mais la COVID-19 empêche présentement ses proches de venir l’aider.

J’avais quelqu’un pour venir lui donner sa douche, pour l’aider, mais j’ai annulé ça par rapport au virus, ajoute-t-elle.

Je le fais moi-même [laver mon mari], c’est difficile, mais il y a des journées où il est correct. Je préfère qu’il reste ici que de l’envoyer dans les foyers.

Stella Meilleur
Des membres des Forces armées canadiennes transportent des sacs bruns.

Les Forces armées canadiennes ont déployé près de 2000 militaires dans des centres de soins en Ontario et au Québec.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Un rapport qui pourrait changer la donne

Si plusieurs aînés se questionnent sur ce qui les attend lorsqu’ils ne seront plus autonomes, d’autres espèrent que le rapport changera les choses.

C’est un scandale national cette affaire-là, alors je pense que ça va être suivi. […] J’espère que lorsque j'aurai l’âge ou la santé pour y aller, que le système soit réparé pour ma femme et moi, soutient Claude Hurtubise, 76 ans.

L’homme qui vit dans le Grand Sudbury estime que le gouvernement n’aura pas le choix de se pencher sérieusement sur le dossier.

M. Hurtubise espère néanmoins que les manchettes des derniers jours permettront à plusieurs d’ouvrir leurs yeux.

J’ai envie d’une société où on voit la valeur d’un grand livre ouvert qui n’est pas encore fermé.

Claude Hurtubise

Mme Paquette souhaite que les gens n'oublient pas leurs proches lorsqu'ils les « placent », aussi difficiles soient les circonstances.

Ça ne t’enlève pas tes responsabilités. C’est encore ta mère. […] Les gens sont placés et sont oubliés. On ne va pas les visiter parce quelqu’un s’en occupe, souligne cette dernière.

Différent dans les plus petites communautés?

Au fil d’entrevues avec plusieurs aînés, on remarque que ceux qui vivent dans des plus petites communautés sont moins inquiets par rapport à leur fin de parcours dans un centre de soins de longue durée.

C’est le cas notamment à Welland, dans la péninsule du Niagara.

Il y a un foyer ici et on n’a pas entendu parler de cas là-bas, résume Monique Paroyan qui a plus de 80 ans et qui vit toujours avec son mari.

Le directeur du Foyer Richelieu confirmait à l’émission Y’a pas deux matins pareils jeudi que sa résidence avait été épargnée par la COVID-19 jusqu’à maintenant.

 Une femme âgée reçoit la visite d'une autre femme à travers une porte vitrée.

La résidente Gabrielle Houde reçoit la visite d'une bénévole du Foyer Richelieu, Lisette Hammond, à l'occasion de son 96e anniversaire.

Photo : Fournie par le Foyer Richelieu Welland

Même son de cloche dans le nord de la province.

Aller ailleurs ce serait peut-être un problème, mais ici à Hearst, je n’aurais pas de problème du tout à aller au foyer, croit Nicole Proulx, qui est âgée de plus de 70 ans.

La dame ajoute que tout le monde se connaît et sait ce qui se passe dans la municipalité de 5000 habitants. Mais, surtout, le Foyer des pionniers est une institution publique.

Le foyer est sous une société de la ville, donc tout le monde a un intérêt à ce que ça aille bien, croit Mme Proulx.

Certains sont même surpris par le contenu du rapport de l’armée.

Moi, je pensais que les aînés étaient bien traités parce que ce que je vois autour de moi, c’est bien, c’est même parfait, affirme Claire Forcier, 70 ans qui vit à Hearst également.

Lorsque sa mère vivait au foyer de la ville, elle se rappelle que le personnel avait aménagé un petit coin pour elle qui aimait tant jardiner.

Chaque personne était traitée individuellement selon ses besoins, même selon ses caprices, se rappelle Mme Forcier.

Le premier ministre Doug Ford avait du mal à retenir ses larmes, en décrivant le contenu du rapport, lors d'une conférence de presse.

Le premier ministre Doug Ford avait du mal à retenir ses larmes, en décrivant le contenu du rapport.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Mardi, lors du dévoilement du rapport, le premier ministre Doug Ford a indiqué qu’il prenait une part de la responsabilité dans l'état du système de soins de longue durée actuel.

Il a aussi reconnu jeudi que des inspections de foyers avaient été effectuées au téléphone depuis le début de la pandémie.

La province a aussi annoncé cette semaine que les cinq foyers seraient temporairement gérés par une tierce partie.

Le gouvernement de l'Ontario lancera aussi une commission indépendante pour revoir le système de soins de longue durée de la province.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Coronavirus

Société