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Elle amène sa grand-mère vivre chez elle en raison de la crise de la COVID-19

Une grand-mère et sa petite fille sourient à la caméra.

Annie Provencher et Françoise Robert Provencher.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Plusieurs peuvent difficilement concevoir la cohabitation avec leurs grands-parents. Une Trifluvienne a pourtant décidé de sortir sa grand-mère de 94 ans de sa résidence privée pour aînés, pour l'amener vivre chez elle, dans la foulée de la crise de la COVID-19.

Annie Provencher était inquiète lorsque le 13 mars, le premier ministre, François Legault, a décrété que les aînés ne pouvaient plus sortir de leur résidence. Sa grand-mère de 94 ans, Françoise Robert Provencher, demeurait seule dans un appartement de 3 pièces et demi.

Bien qu'elle soit somme toute autonome, elle avait besoin d'aide de ses proches et de certains services, comme avoir un employé pour faire le ménage.

Les semaines passaient et les proches de Françoise s'inquiétaient de plus en plus de sa perte graduelle d'autonomie. C'est sans compter le moral qui était au plus bas.

Elle commençait à moins manger, à faire plus de siestes dans le jour. On était inquiets. Le 30 avril, j'étais vraiment trop inquiète. J'ai dit :“Mamie, tu t'en viens chez moi”, raconte Annie Provencher.

La nonagénaire avait à plusieurs reprises refusé l'offre de sa petite-fille, par crainte de déranger. Devant le prolongement de la crise, elle a fini par se ranger à ses arguments.

Je suis une vieille mémère. D'aller chez Annie qui est jeune, et son copain qui est jeune, je ne me sentais pas à ma place. [...] Mais quand je suis arrivée chez Annie et son copain, ils ont été tellement gentils.

Françoise Robert Provencher

Les deux femmes font du yoga sur chaise tous les jours depuis l'arrivée de l'aînée, il y a un mois. C'est qu'Annie Provencher enseigne cette discipline depuis trois ans.

Selon sa petite-fille, la dame de 94 ans avait perdu beaucoup de mobilité. Elle marchait difficilement. Les séances d'exercices physiques quotidiens et la stimulation intellectuelle d'être en interaction constante lui ont redonné beaucoup d'autonomie.

On voit vraiment un changement, dans son teint, son énergie. Elle passe des journées complètes sans faire de sieste à 94 ans. Elle se lève à 9 h le matin, elle se couche à 21 h le soir, se réjouit Annie.

La nouvelle cohabitation a tout de même posé certains défis insoupçonnés.

Ma toilette n'était pas aménagée à la bonne hauteur. Je n'avais pas pensé à ça. Le lendemain de son arrivée, j'ai trouvé un banc d'appoint.

Françoise retrouvera un logement dans une résidence pour aîné la semaine prochaine, puisque Québec a autorisé les proches à prendre soin de leurs aînés.

Sa petite-fille n'exclut toutefois pas de la ramener à nouveau chez elle si les directives changent.

Là, je vais m'en aller dans mon appartement. Si je vous disais que je n'ai pas hâte, je vous mentirais. [...] En plus, je vais pouvoir laisser les amoureux entre eux.

De cette expérience, les deux femmes retiennent l'importance d'être solidaire envers les aînés.

Ma grand-mère, elle a donné. Elle s'est occupée de deux petits garçons qui n'étaient pas toujours faciles. Je suis certaine que ça ne lui tentait pas tous les jours, souligne la petite-fille de 44 ans.

Pour sa grand-mère, la crise de la COVID-19 et des résidences pour aînés devraient être une leçon pour l'ensemble de la société.

Je pense que cette épreuve-là, c'est pour réveiller le monde. Il ne faut rien tenir pour acquis. Il faut être conscient. On peut éviter des choses quand on est conscient, conclut la nonagénaire.

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Mauricie et Centre du Québec

Santé physique et mentale