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Renault prévoit supprimer 15 000 emplois dans le monde

Un travailleur fait de la soudure sur la carrosserie d'une automobile.

Des employés à l'oeuvre à l'usine Renault de Flins, en France

Photo : Getty Images / AFP / Éric Piermont

Agence France-Presse

Le constructeur automobile français Renault compte supprimer environ 15 000 emplois dans le monde, dont 4600 en France, dans le cadre d'un plan d'économies de 2 milliards d'euros (3 G$ CA) sur trois ans, a-t-on appris jeudi soir de sources concordantes.

Le projet, qui doit être rendu public vendredi matin, a été présenté jeudi soir aux organisations syndicales lors d'un comité central social et économique (CCSE) du groupe.

Il prévoit de réduire les effectifs sans licenciement sec, par des départs volontaires, des départs à la retraite non remplacés et des mesures de mobilité interne ou de reconversion, ont indiqué ces sources à l'AFP.

Les capacités de production du groupe au niveau mondial devraient être réduites, passant de 4 millions de véhicules actuellement à quelque 3,3 millions, sur une base de deux équipes (ce qui correspond à une production réelle potentielle plus élevée en ajoutant une troisième équipe).

Renault va suspendre des projets d'extension d'usines au Maroc et en Roumanie, envisage de réduire ses capacités de production en Russie et également de diminuer les activités mécaniques en Corée du Sud et la fabrication de boîtes de vitesse en Turquie.

Le projet inclut en France l'arrêt de la production automobile à Flins (Yvelines), après la fin de la Zoe d'ici quelques années. L'usine, qui emploie actuellement 2600 salariés, sera cependant reconvertie et récupérera l'activité du site de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), où 260 personnes travaillent à la réparation de moteurs et boîtes de vitesse utilisés comme pièces de réemploi.

L'avenir de Fonderie de Bretagne, qui a près de 400 salariés à Caudan (Morbihan), reste en suspens avec une revue stratégique annoncée. Même chose pour l'usine de Dieppe (Seine-Maritime), où une réflexion sera engagée en vue d'un projet de reconversion à la fin de la production de l'Alpine 110.

Enfin, la fusion des usines de Douai et Maubeuge, dans le Nord, est envisagée pour créer un centre d'excellence des véhicules électriques et utilitaires légers.

En France, une procédure d'information-consultation des représentants du personnel commencera à partir de la mi-juin, d'après une source syndicale.

Un conseil d'administration du groupe a été convoqué jeudi soir.

De sources concordantes, le plan d'économies de 2 milliards d'euros est réparti pour environ un tiers sur la production, un tiers sur l'ingénierie et un tiers sur les frais de structure, marketing et réseau.

Interrogé par l'AFP à l'issue du CCSE, Franck Daoût, délégué syndical central de la CFDT, a souhaité un accord de méthode pour la mise en oeuvre du plan, avec des expertises sur les sites, localement, commençant le plus tôt possible.

Concernant l'impact social des suppressions de postes, M. Daoût a souligné qu'il s'agira de départs naturels à la retraite et de départs volontaires.

Ils sont malins. Ils présentent ça comme des hypothèses de travail, disent "on le fera avec vous", alors que tout est déjà décidé, a cependant critiqué un autre responsable syndical, sous le couvert de l'anonymat.

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