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L'École de cirque de Québec jongle avec l'inconnu

Tim Robert, directeur-général de l'École de cirque de Québec

Photo : Radio-Canada / Claudia Genel

Claudia Genel

C'est dans une école vide et silencieuse que le nouveau directeur général de l'École de cirque de Québec apprend lui-même à jongler avec l'incertitude reliée à la COVID-19.

L'ancienne église de la 2e Avenue à Limoilou est habituellement grouillante de dizaines d'athlètes de cirque qui jonglent ou virevoltent. Aujourd'hui, le vide et le silence des lieux sautent autant aux yeux qu'aux oreilles.

À l'entrée, on aperçoit quelques sacs de plastique contenant des chaussures et vêtements, identifiés aux noms des étudiants, qui ont déserté les lieux le 13 mars dernier.

Une année d'autant plus particulière pour Tim Roberts, devenu directeur général de l'École de cirque en août 2019. C'est une sacrée rentrée en matière quand même , commente-t-il, toujours souriant.

Nous étions en train de faire les répétitions générales pour nos épreuves de synthèse avec nos finissants 2020 puis à 13 h, il y a eu l'annonce que tout devait fermer, se rappelle-t-il.

L'École de cirque de Québec, mai 2020

L'École de cirque de Québec, mai 2020

Photo : Radio-Canada / Claudia Genel

Le Cirque du Soleil

Ces jours-ci, le Cirque du Soleil et de ses 4700 mises à pied font les manchettes. En réalité, c'est tout le monde du cirque qui est sans emploi.

Si je commence tout près de nous, nous avions 17 finissants cette année, qui là, pour le moment n'ont rien. Il n'y a pas de tournées, pas de croisières, pas de cabarets, pas de spectacles, il n' y a rien. Le Cirque du soleil c'est percutant comme information, mais ça cache aussi qu'il y a des dizaines de milliers d'artistes de cirque qui se retrouvent sans emploi.

L'École de cirque fait partie des 19 organisations qui décernent des diplômes en arts du cirque, à travers le monde. La réalité est la même pour tous. Aucun spectacle de fin d'année, et des finissants qui ne savent pas quand ils pourront faire leur entrée dans le monde professionnel.

Maintenant les étudiants doivent réfléchir et se dire qu'ils suivent vraiment la formation pour l'amour de l'art. Parce que l'idée d'avoir un emploi n'est pas là.

Tim Roberts, directeur général de l'École de cirque
Les jongleurs à l'oeuvre

Des professionnels de la jonglerie s'exécutent à l'École de cirque de Québec.

Photo : Radio-Canada

La formation

Des étudiants d'ici et d'ailleurs passent par l'institution de Québec pour une formation complète ou des stages. Cet été, contrairement à d'habitude, il n'y aura pas de stages de perfectionnement. Une soixantaine d'artistes de cirque devaient en profiter.

Pour l'automne, les inscriptions au Diplôme d'études collégiales (DEC) suivent leur cours. La réalité de la COVID-19 va bien sûr modifier l'environnement et le fonctionnement de l'établissement.

En ce moment, l'équipe travaille sur un protocole de retour à l'école. Elle souhaite aussi un retour dans les studios d'entraînement afin de permettre aux artistes de répéter.

30 % de sa capacité

Pour ce faire, l'École de cirque fonctionnera à 30 % de sa capacité normale.

Tout ce qui peut être fait à distance sera fait à distance. Et tout ce qui pourra être modifié pour être fait à distance sera modifié .

Le directeur explique aussi qu'en temps normal, 60 à 70 artistes s'entraînent dans le bâtiment. Ils ne seront plus que huit à la fois.

La réalité est plus problématique pour les étudiants étrangers, même s’ils font les démarches administratives avec l'immigration, on ne connait pas les délais. On ne sait même pas si les frontières seront rouvertes , ajoute Tim Roberts.

En attendant, tout le monde travaille (en télétravail) sur une rentrée qui répondra à toutes les mesures sanitaires et de distanciation sociale. Ils étudient aussi la possibilité d'offrir des camps d'été.

Vous savez le cirque ça fait 250 ans que ça existe. Ça a passé toutes les Guerres mondiales, et même la pandémie de 1917. Le Cirque sera toujours là. Parce que les gens ont besoin de ça, raconte avec optimisme le nouveau directeur général de l'École de cirque de Québec.

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