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L’industrie sylvicole craint que son budget soit utilisé pour la pandémie

Des arbres morts jonchent le sol au coeur d'une forêt dans Lanaudière.

L'industrie sylvicole demande plus de prévisibilité de la part du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

Photo : Radio-Canada

Le député de Bonaventure et porte-parole du Parti québécois en matière de forêts, Sylvain Roy, craint que Québec se serve d’une partie du budget annuel voué au travail sylvicole pour subvenir aux besoins créés par la pandémie de COVID-19. Il demande au gouvernement de confirmer l’investissement de ce montant dans l’industrie forestière.

Récemment, le ministère a annulé des contrats qui avaient été accordés à des entreprises sylvicoles au Québec, selon Sylvain Roy. Cette situation lui fait craindre de voir fondre le budget qui a été annoncé pour les travaux sylvicoles.

Ce qui inquiète l’industrie, c’est qu’il semble y avoir un signal donné au ministère d’effectuer des coupures pour répondre aux problématiques du gouvernement du Québec par rapport à la pandémie.

Depuis 2014, le budget alloué à la réalisation des travaux sylvicoles est de 230 millions de dollars par an.

Sylvain Roy ajoute que certaines entreprises avaient déjà mobilisé les ressources nécessaires pour réaliser le contrat, ce qui a engendré des pertes pour les entrepreneurs. Le député demande donc au ministère de revenir sur sa décision d’annuler des contrats de façon cavalière.

À l’instar des autres secteurs économiques du Québec, l’industrie forestière est bouleversée par la pandémie et les travailleurs ont plus que jamais besoin de leur part du gâteau, soutient aussi Sylvain Roy.

Il ne faudrait pas en rajouter une couche en insécurisant le secteur des travaux sylvicoles.

Sylvain Roy, député de Bonaventure et porte-parole du Parti québécois en matière de forêts
Sylvain Roy durant une allocution.

Le député Sylvain Roy

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Une meilleure planification des opérations demandée

Dans ce contexte, Sylvain Roy dénonce aussi le manque de cohérence, de prévisibilité et d’efficacité du ministère dans la planification des travaux sylvicoles, ce qui fait perdre du temps et de l’argent aux entreprises.

C’est aussi l’avis de l’Alliance forêt boréale, qui représente des travailleurs forestiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord.

Nos industriels forestiers et nos entrepreneurs sylvicoles ont besoin de flexibilité, d’agilité et de marge de manœuvre pour être compétitifs. Pourtant, les entreprises ont les mains liées face à la lourdeur bureaucratique et administrative du régime forestier actuel, explique l’Alliance dans un communiqué.

Une abatteuse mécanique coupe et débite un arbre.

Une abatteuse mécanique coupe et débite un arbre. (archives)

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

En ce moment, des entreprises sylvicoles n’arrivent pas à planifier leurs travaux adéquatement parce que le gouvernement accorde les contrats trop tard ou parce qu’il fait des changements de dernière minute à des contrats déjà attribués, précise Sylvain Roy.

Les entreprises forestières veulent donc pouvoir prévoir leurs exploitations sur plusieurs années.

On veut un plan de prévisibilité clair, net, précis, opérationnalisable pour plusieurs années d’avance pour que les entreprises qui investissent en camionnettes, en équipement de protection puissent le faire sans se mettre à risque à toute les fois qu’ils signent un contrat avec le gouvernement, affirme Sylvain Roy.

L’Association forêt boréale demande même une planification des travaux forestiers sur cinq ans.

Le député et l’Alliance déplorent aussi que le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs ne connaissent pas les réalités sur le terrain.

C’est comme s’il y avait une déconnection complète par rapport à la réalité sur le terrain. […] Il y a des déplacements de personnel et de machinerie qui sont improductifs.

Sylvain Roy, député de Bonaventure et porte-parole du Parti québécois en matière de forêts

Le ministère défend sa position

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs confirme maintenir les budgets des travaux sylvicoles en ajustant les grilles de taux afin de refléter le coût des mesures sanitaires.

Par courriel, le ministère se défend en indiquant qu’il a travaillé à faire reconnaître le secteur forestier comme une activité prioritaire pour que ce dernier puisse poursuivre ses activités.

Le ministère indique s’être engagé à offrir une meilleure prévisibilité des volumes sur au moins trois ans dès décembre 2021. L’augmentation de la réserve des secteurs de récolte devrait passer de 200 % à 300 %.

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