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La trêve vacille en Afghanistan

Quatorze membres des forces de sécurité meurent dans deux attaques imputées aux talibans par les autorités. Les talibans ne les ont toutefois pas revendiquées.

Un homme en treillis militaire tient un fusil, debout au milieu d'une route.

Un soldat afghan monte la garde à un point de contrôle situé près de la prison de Bagram, dans le district du même nom, le 26 mai.

Photo : Getty Images / AFP/WAKIL KOHSAR

Agence France-Presse

Quatorze membres des forces de sécurité afghanes ont été tués jeudi dans deux attaques imputées par les autorités aux talibans, au surlendemain de l'expiration d'un cessez-le-feu décrété par les insurgés qui n'ont pas confirmé leur implication dans ces attaques.

Les talibans ont attaqué un point de contrôle des forces de sécurité. (...) Ils y ont mis le feu, tuant cinq d'entre eux, et ont abattu les deux autres, a déclaré à l'AFP Hussain Shah, le chef de la police du district de Seyagird, où l'attaque est survenue.

Un autre membre des forces afghanes a été blessé, les talibans ayant également subi des pertes, a indiqué Waheeda Shahkar, porte-parole du gouverneur provincial.

Dans la ville de Farah (ouest), des talibans ont lancé une attaque contre un poste de police, dans laquelle sept policiers ont été tués, a raconté à l'AFP Mohibullah Mohib, le porte-parole de la police de cette province éponyme, harcelée par les insurgés ces dernières années.

Huit talibans sont aussi morts durant cet assaut qui a duré une demi-heure, a-t-il ajouté.

Les talibans n'ont pas confirmé leur implication dans ces attaques, survenues au surlendemain de l'expiration d'un cessez-le-feu qu'ils avaient décrété samedi à l'occasion de la fin du ramadan et qui avait été largement respecté de dimanche à mardi.

D'après la Commission afghane indépendante des droits de l'homme, le nombre des victimes civiles avait chuté de 80 % durant ces trois jours, passant d'une moyenne quotidienne de 30 à 6 tués et blessés.

Ce répit a été d'autant plus apprécié que les violences étaient avant cela en forte recrudescence. Mercredi, l'armée afghane a toutefois mené des frappes aériennes et un assaut au sol contre des ennemis qui attaquaient un convoi logistique, selon Lal Mohammad Amiri, le porte-parole de la police de la province de Zaboul (sud).

Quelque 18 insurgés ont péri et trois enfants avaient été blessés, a-t-il ajouté.

Les autorités afghanes ont libéré lundi et mardi un millier de prisonniers talibans dans l'espoir d'aboutir à une reconduction du cessez-le-feu. Mais les rebelles n'ont officiellement toujours pas fait connaître leur position sur le sujet.

Six hommes marchent dans une rue. L'un fait un geste de salutation.

Des prisonniers quittent la prison de Bagram, le 26 mai.

Photo : La Presse canadienne / AP/Rahmat Gul

Les talibans n'annonceront pas un autre cessez-le-feu officiellement, car ils pensent que la guerre et le combat (...) favorisent leurs intérêts, a estimé Sayed Nasir Musawi, un analyste politique basé à Kaboul.

Mais non officiellement, ce cessez-le-feu va se poursuivre et nous continuerons à avoir une réduction significative de la violence, a-t-il pronostiqué, interrogé par l'AFP.

Une délégation talibane était jeudi à Kaboul pour discuter de l'échange de prisonniers avec les autorités, a indiqué à l'AFP Javid Faisal, le porte-parole du Conseil national de sécurité, un organe gouvernemental, ce qu'a confirmé Suhail Shaheen, un porte-parole des insurgés, sur Twitter.

Ces libérations réciproques – jusqu'à 5000 talibans contre 1000 membres des forces afghanes – sont prévues par l'accord américano-taliban signé fin février à Doha, mais non ratifié par Kaboul, qui prévoit le retrait des troupes étrangères d'Afghanistan sous 14 mois en échange de garanties sécuritaires des insurgés.

Ce vaste échange de détenus, émaillé d'obstacles, a pris du retard. Kaboul avait, avant le cessez-le-feu, élargi environ 1000 prisonniers alors que les insurgés en avaient libéré environ 300.

C'est le premier cessez-le-feu à l'initiative des talibans depuis qu'une coalition internationale menée par les États-Unis les a chassés du pouvoir en 2001.

Une première interruption des combats s'était produite en juin 2018, à l'initiative d'Ashraf Ghani, déjà à l'occasion de l'Aïd el-Fitr, qui marque la fin du ramadan. Elle avait duré trois jours et donné lieu à de spectaculaires scènes de fraternisation entre combattants des deux camps.

Les talibans ont également respecté une trêve partielle de neuf jours du 22 février au 2 mars 2020 à l'occasion de la signature de l'accord de Doha.

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