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Trudeau s'érige en défenseur des pays pauvres à l’ONU

Assis au Parlement, Justin Trudeau jette un coup d'oeil au-dessus de ses lunettes.

Justin Trudeau à la Chambre des communes, le 13 mai dernier.

Photo : Reuters / Blair Gable

La crise de la COVID-19 nécessite une « réponse d’envergure internationale, exhaustive et durable », a plaidé Justin Trudeau, jeudi, au lancement d'une initiative des Nations unies visant à venir en aide aux pays les plus pauvres de la planète.

Chaque pays s'affaire à combattre le nouveau coronavirus sur son propre territoire, mais en se concentrant uniquement sur sa propre capacité à traverser la crise, on oublie que la seule façon d'en ressortir plus fort, c'est ensemble, a plaidé le premier ministre canadien, en clôture de ce que les Nations unies ont appelé un Événement de haut niveau sur le financement du développement à l’ère de la COVID-19 et au-delà.

Justin Trudeau a aussi prononcé l’allocution d’ouverture de cet événement organisé conjointement par le Canada, la Jamaïque et l’ONU.

La rencontre, en mode virtuel, a réuni des chefs d’État et de gouvernement, dont le président Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel, des dirigeants d’organisations internationales, comme le FMI, la Banque mondiale et l’OCDE, et des entreprises.

Ralentir la propagation du virus, protéger nos citoyens et préparer la relance est un défi sans précédent et très coûteux, même pour un pays comme le Canada, a fait valoir Justin Trudeau, dont le gouvernement risque de devoir gérer un déficit de 260 milliards de dollars.

Et si le Canada doit affronter un défi d'une telle ampleur, qu'en est-il des plus petits États? On ne peut pas s’attendre à ce que des petits pays, qui n’ont ni les mêmes ressources ni les mêmes infrastructures que les nôtres et qui font face à des circonstances beaucoup plus graves que nous, vainquent ce virus par leurs propres moyens, a-t-il déclaré.

Nous devons prendre conscience des difficultés particulières auxquelles font face les pays en développement d’Afrique ainsi que les petits états insulaires, a ajouté M. Trudeau, en campagne depuis des mois pour que le Canada obtienne un siège non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU.

L’ampleur de ces chocs économiques et sociaux pourrait plonger des dizaines de millions de gens dans l’extrême pauvreté et menacer les gains durement acquis en matière de développement dans de nombreux pays.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Même son de cloche du côté du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Nous traversons une crise humanitaire sans précédent, en raison d’un virus microscopique. Nous nous devons de répondre avec unité et solidarité, et l’un des éléments clés de cette solidarité est l’aide financière, a-t-il déclaré.

Il faut donc agir – et agir rapidement, puisque la situation demande une action immédiate, a plaidé de son côté le premier ministre jamaïcain, Andrew Holness.

L'initiative onusienne vise concrètement à trouver des solutions à six enjeux considérés comme pressants, soit :

  1. la nécessité d'accroître les liquidités dans l'économie mondiale et de maintenir la stabilité financière pour permettre de préserver les acquis en matière de développement;
  2. la nécessité de s'attaquer aux vulnérabilités découlant de l’endettement des pays en développement afin de sauver les vies et les emplois de milliards de personnes à travers le monde;
  3. la nécessité de créer un espace où les créanciers du secteur privé peuvent mettre en œuvre, de manière proactive, des solutions efficaces dans un délai raisonnable;
  4. les conditions préalables à l'amélioration du financement externe pour favoriser la croissance inclusive et la création d'emplois, notamment la réduction des coûts de transaction des transferts de fonds;
  5. les mesures visant à élargir la marge de manœuvre budgétaire et à favoriser la mobilisation des ressources intérieures en empêchant les flux financiers illicites;
  6. les mesures visant à garantir une reprise durable et inclusive en harmonisant les politiques de relance aux objectifs de développement durable.

Les solutions préconisées doivent être présentées à un Forum politique de haut niveau qui aura lieu en juillet, puis à l'Assemblée générale des Nations unies, en septembre.

Plus de 340 000 personnes ont perdu la vie en raison de la COVID-19 et quelque 5,4 millions de cas d'infection ont été recensés sur le globe, d'après les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Selon les projections de l'OMS, si nous n’agissons pas dès maintenant, [...] la pandémie pourrait amputer près de 8500 milliards de dollars à l’économie mondiale au cours des deux prochaines années, forçant 34,3 millions de personnes à vivre dans l’extrême pauvreté cette année.

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