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Il y a 15 ans nous quittait Gérald Leblanc, le poète épris de Moncton

visage souriant de Gérald Leblanc.

Gérald Leblanc, un des plus grands poètes acadiens est décédé le 30 mai 2005.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il y a 15 ans, l’Acadie perdait l’un de ses plus illustres poètes, Gérald Leblanc. Cet homme de lettres prolifique et engagé s’est livré à quelques reprises à nos journalistes sur ce qui l’a inspiré et aussi choqué.

Poète de la jeunesse et de l’urbanité

Le 30 mai 2005, l’artiste Gérald Leblanc succombe à une longue lutte contre le cancer. Il avait 59 ans. Originaire de Bouctouche au Nouveau-Brunswick, il aura influencé la vie culturelle acadienne de multiples façons.

Le jour de son décès, le journaliste Daniel Caron trace un portrait de l’écrivain au Téléjournal.

Téléjournal, 30 mai 2005

De nature profondément urbaine, le poète résidera durant une grande partie de sa vie dans la ville de Moncton. La vie moderne monctonienne avec ses gens, ses rues, sa musique sera pour lui source d’inspiration et teintera tous ses écrits. Il publie ses premiers poèmes au début des années 1980.

L’art acadien ne veut pas nécessairement dire une trappe de homard, une scène de pêcheurs et des bottes de "rubber". Ça veut dire tout ce que les artistes voient. (…) Je crois que la culture acadienne n’est pas mise de l’avant comme elle le devrait.

Gérald Leblanc

Gérald Leblanc se fait sa place comme poète nouveau genre et aussi comme parolier. « Certains de ses textes deviendront des classiques populaires, parce que récupérés par un des groupes acadiens les plus populaires : 1755. » Il écrit également pour Idée du Nord et pour la chanteuse Marie-Jo Thério.

Artiste prolifique, il a publié une quinzaine d’ouvrages. Parmi ceux-ci : Géographie de la nuit rouge (1984), Lieux transitoires (1986), L’extrême frontière (1988), Moncton Mantra (1997) et Le plus clair du temps (2001).

Les écrits de Gérald Leblanc sont libres et sans tabous. La ville, le désir amoureux, la littérature et la musique américaine y tiennent une place importante.

En 1993, la province du Nouveau-Brunswick lui décerne le prix d’excellence Pascal-Poirier en littérature française.

Toujours entouré d’écrivains et de musiciens, Gérald Leblanc agit comme mentor auprès de plusieurs jeunes artistes monctoniens.

Gérald Leblanc a appris à vivre heureux au contact des jeunes créateurs. Il admirait chez eux leur audace et la jeunesse aimait sa poésie et le caractère authentique de sa personne.

Daniel Caron, journaliste

La poésie et le chiac de Moncton

Le 8 janvier 1995 à l’émission Trajectoires, l’animatrice Jimena Vergara recueille les propos de Gérald Leblanc.

Trajectoires, 8 janvier 1995

Dans ce premier extrait, il est question de littérature et d’identité acadienne. Le poème Peticodiac de l’écrivain Raymond Leblanc sera pour lui une révélation.

Quand j’ai lu ça, je me suis dit : ce n’est pas possible. Ce n’est pas vrai qu’un Acadien peut arriver à imaginer et à faire éclater le langage de la sorte. Je me suis dit : j’ai trouvé mon pays qui était aussi le pays de l’écriture bien sûr. Et le pays de l’écriture était rattaché à Moncton.

Gérald Leblanc

Trajectoires, 8 janvier 1995

Dans le second extrait de l’émission Trajectoires, le poète, entouré de ses livres et de ses disques, nous parle de la langue acadienne et du chiac.

Ce qui m’horripile du discours sur le chiac, c’est qu’il y a toujours un fond moralisateur. Le chiac égale le mal. Je trouve ça terrible. Je veux dire, toutes les langues se valent. Le chiac ne me fait pas peur, ça ne m’a jamais fait peur, ça ne me fera jamais peur.

Gérald Leblanc

L’auteur publie l’ouvrage Éloge du chiac en 1995. Il n’adhère pas à l’idée que la poésie soit inaccessible à tout un chacun. À titre d’exemple, il nomme quelques auteurs acadiens dont les premiers recueils ont été épuisés. « Les Acadiens ont soif de parole » dira-t-il à la journaliste.

Par des conférences littéraires qu’il donne en Europe, aux États-Unis et en Afrique, Gérald Leblanc se fait ambassadeur de la poésie moderne acadienne.

Au cours des années 1980 et 1990, le poète est critique littéraire à la radio de Radio-Canada Atlantique, à Moncton.

Ce pilier du milieu culturel acadien participe aussi à la fondation de la maison d'Éditions Perce-neige en 1981. Il en devient le directeur littéraire en 1997 et le demeure jusqu’à son décès, en 2005. 

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