•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le « père Noël » se fait voler l’oeuvre d'une vie

L'homme à la barbe blanche ressemble au père Noël.

Réjean Bacon espérait que le juge allait donner une injonction aux auteurs du vol pour les empêcher de publier les livres qu'il a écrits.

Photo : Radio-Canada

Devant le juge, l'homme à la grande barbe blanche s'est présenté sous le nom de Réjean Bacon. Mais l'hiver, il est le « vrai » père Noël devant qui les enfants s'émerveillent dans le quartier Petit Champlain.

M. Bacon s'est fait voler dans son appartement de Québec, en octobre 2018. Les voleurs lui ont dérobé bijoux, argent et, surtout, son matériel informatique contenant l'oeuvre d'une vie, dira-t-il au juge.

L'homme de 69 ans ne cesse de penser aux 72 romans qu'il a écrits au cours des trois dernières décennies, et qu'il gardait précieusement sur des supports informatiques qui ont disparu.

Pour moi, c'est un meurtre. On a tué plus de 30 ans de ma vie.

Réjean Bacon

Parmi les 72 romans dérobés à M. Bacon, il y a des suspenses, mais surtout une quarantaine de contes pour enfants qu'il chérissait.

Il en faisait la lecture aux tout-petits qui allait voir le vrai père Noël dans le quartier Petit Champlain, où il travaille.

Avec ses vêtements rouges et sa barbe blanche, le père Noël est souriant.

Réjean Bacon personnifie le père Noël, pendant la période des Fêtes, dans le quartier Petit Champlain.

Photo : Radio-Canada

Le sexagénaire s'est présenté au palais de justice de Québec, la semaine dernière, pour voir Christian-Amisi Amuli recevoir une peine d'emprisonnement de neuf mois pour son implication dans le vol.

M. Bacon n'était pas là pour demander une peine plus sévère contre le jeune homme, mais plutôt pour implorer le juge de donner une injonction aux auteurs du vol pour les empêcher de publier ses écrits.

Lui ne l'a jamais fait. Il les a cumulés dans le seul but de les laisser en héritage à ses quatre enfants.

Propriété intellectuelle

Il craint que les voleurs ou des complices ne veuillent tirer profit de ses ouvrages.

Ma plus grande hantise est de tomber sur un de mes romans publié, a-t-il raconté au juge, avec émotion.

Le juge Mario Tremblay s'est montré compatissant, mais a indiqué à Réjean Bacon qu'il n'avait pas le pouvoir de remettre l'ordonnance demandée.

Le magistrat a souligné à M. Bacon qu'en cas de violation de sa propriété intellectuelle, il pourrait entreprendre des poursuites civiles.

M. Bacon a quitté le palais de justice affligé, tout en gardant un mince espoir de remettre la main sur ses écrits.

Prêt à payer

Il se dit prêt à payer pour les récupérer et lance un appel aux personnes qui pourraient se retrouver en leur possession.

Je ne pose pas de question, je ne veux pas savoir d'où ça vient, comment ils se les sont procurés, insiste le sexagénaire.

Il peut, si on le lui demande, fournir la liste complète de ses ouvrages.

Une présumée complice de Christian-Amisi Amuli, Christine Duval, est toujours en attente de son procès dans cette affaire.

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.

Québec

Justice et faits divers