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Des garderies ontariennes souhaitent un financement public additionnel à la réouverture

Des enfants dans une garderie

Plusieurs services de garde ontariens espèrent que la province les aidera à défrayer les coûts additionnels qu'ils anticipent lors de la réouverture.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Alors qu’ils se préparent progressivement pour une éventuelle reprise de leurs activités, plusieurs services de garde ontariens anticipent de grands coûts de fonctionnement additionnels et souhaitent que la province leur vienne en aide.

À Kapuskasing, les travailleurs essentiels peuvent compter sur le Centre éducatif Rayon de soleil pour garder leurs enfants.

Mais en raison de la limite imposée de 50 personnes dans la garderie et le matériel additionnel de protection, les coûts de fonctionnement montent en flèche.

Habituellement, on peut avoir cinq petits enfants de 18 mois avec une éducatrice, mais là, on doit réduire le nombre à quatre [enfants]. Ça c’est un coût [additionnel]. Il faut avoir deux personnes à l’ouverture et à la fermeture pour accueillir les enfants, les évaluer et remplir des rapports, explique la directrice Ann Parker.

Une femme sourit assise dans son bureau.

Ann Parker est directrice du Centre éducatif Rayon de soleil de Kapuskasing.

Photo : Jean-Loup Doudard

Il faut embaucher une personne qui doit tout nettoyer deux fois par jour. Tout cela, c’est [additionnel].

La province couvre les frais additionnels que doivent débourser les services de garde d’urgence, mais Ann Parker se demande ce qui arrivera lorsque les mesures d’urgence sanitaire seront levées.

Elle souligne que son équipe est en train d’établir un budget tenant compte des dépenses additionnelles anticipées, mais doute de la capacité du Centre à s’en sortir sans soutien gouvernemental.

Ça ne fait que huit ans que nous sommes en fonction. On n’a pas les reins assez solides pour avoir des coûts supplémentaires sans l’aide du gouvernement.

Ann Parker, directrice du Centre éducatif Rayon de soleil de Kapuskasing

Les garderies Franco-Sol de la région de Windsor, fermées pour l’instant, se préparent aussi à une reprise éventuelle des activités.

La directrice Luci Cutrone fait déjà le plein de masques, de thermomètres et de bouteilles de désinfectant, entièrement aux frais de l’organisme sans but lucratif.

On est tous dans le même bateau. On a besoin de fonds pour être ouverts et offrir des services aux parents et aux familles qui en ont besoin.

Luci Cutrone, directrice générale des garderies Franco-Sol
Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

Le fédéral et les municipalités font leur part

Sans intervention du gouvernement provincial, les services de garde de la région du Timiskaming n’auraient d’autre choix que de refiler les coûts additionnels aux parents, selon le gestionnaire des services pour enfants, Dani Ducharme.

Il estime que les municipalités ne seraient pas en mesure d’absorber ces coûts parce qu’elles sont déjà sollicitées à droit et à gauche pour une multitude d’autres raisons.

Si le ministère [de l’Éducation] ne paie pas, je ne suis pas certain de comment on va s’y prendre. On sait que les parents, même avant la COVID-19, disaient que les prix des services de garde étaient déjà assez élevés, indique M. Ducharme.

Grâce à la Subvention salariale d’urgence du gouvernement fédéral, le Carrefour francophone de Sudbury a entamé le rappel progressif de son personnel de garderies qu’il avait temporairement mis à pied.

Son directeur général, Stéphane Gauthier, affirme que le gouvernement provincial a la responsabilité d’aider les garderies.

Le gouvernement fédéral fait sa part en ce moment. C’est lui qui est en train de payer 75 % du salaire de notre personnel en ce moment parce qu’il n’y a pas de revenus. Il reste le gouvernement provincial. Je ne sais pas comment ils vont négocier avec les municipalités, mais chacun va être appelé à faire sa part, c’est clair.

Stéphane Gauthier, directeur général du Carrefour francophone de Sudbury
Stéphane Gauthier au Salon du livre du Grand Sudbury.

Stéphane Gauthier est directeur général du Carrefour francophone de Sudbury.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Allard

Selon la Ville du Grand Sudbury, environ 90 % du financement public des garderies de la région provient des gouvernements fédéral et provincial, le reste étant fourni par la Ville.

Par courriel, une porte-parole du ministère de l’Éducation de l’Ontario, ne se prononce pas sur une éventuelle aide gouvernementale après la réouverture des services de garde, mais rappelle que la province s’est engagée à couvrir leurs coûts d’exploitation fixes afin de les garder en bon état et prêts à rouvrir dès que l’état d’urgence sanitaire sera levé.

Des directives claires pour la reprise

Le gouvernement a déjà indiqué que la réouverture des services de garde en Ontario aurait lieu pendant la deuxième phase du déconfinement.

Bien qu’aucune date n’ait encore été avancée, les responsables des garderies s’attendent à recevoir des directives très claires de la province et des autorités de santé publique pour pouvoir bien poursuivre leurs activités.

On n’a aucune idée, par exemple, des rapports éducatrice-enfants. On peut vaguement s’inspirer de ce qui est mis en place pour les centres d’urgence, mais on ne sait pas à quel degré. Si ça prend plus de personnel pour le nombre d’enfants, ça, c’est les plus gros coûts, note Stéphane Gauthier.

Ann Parker corrobore les propos de M. Gauthier et souhaite aussi un préavis adéquat de la province surtout pour préparer [ses] employés.

Il faut aller voir comment nos employés se sentent, ce qu’ils ont vécu. Chacun d’entre nous a eu une expérience différente [de la crise sanitaire]. Il faut voir s’ils ont de l’anxiété, s’ils sont stressés. Il faut revenir avec une santé mentale positive pour accueillir les enfants, les familles qui ont probablement, eux aussi, vécu des traumatismes, fait-elle savoir.

Selon la porte-parole du ministère de l’Éducation, le ministère travaille de près avec le secteur des services de garde et suivra les conseils du médecin hygiéniste en chef quant aux protocoles de santé et de sécurité requis afin d’ouvrir les services de garde de manière sécuritaire.

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