•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Nouveau-Brunswick et Québec : quand une frontière sépare des familles

Un point de contrôle à la frontière du Nouveau-Brunswick avec le Québec.

Photo : Radio-Canada / Bernard LeBel

Radio-Canada

Le Nouveau-Brunswick a installé des postes de contrôle aux frontières le 25 mars dernier. Des familles se retrouvent donc séparées, coincées d’un côté et de l’autre de la frontière.

Une situation pénible pour les proches aidants du Québec qui redoublent d’inquiétude pour leur parent malade qui se trouve au Nouveau-Brunswick.

La médecin hygiéniste en chef peut autoriser une personne à entrer au Nouveau-Brunswick pour fournir des soins à un patient en soins palliatifs ou malade, avec ou sans exemption de l’exigence d’auto-isolement.

Si ce parent est dans un foyer de soins, un hôpital ou un centre de soins palliatifs, il faut obtenir une déclaration écrite de l’établissement.

On doit ensuite lancer le processus de demande en téléphonant à la Croix-Rouge.

Ce processus peut prendre du temps, et plusieurs se plaignent qu’on ne les rappelle pas ou qu'ils doivent faire des allers-retours téléphoniques pendant des heures.

Le tiers des requêtes pour visites de compassion ont été refusées depuis la fermeture des frontières.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

Se faire refuser l’entrée

Carole Hébert, résidente du Restigouche, est séparée de sa mère aveugle, Marie-Ange, depuis le début de la pandémie.

Cette dernière réside seule à quelques minutes de chez elle, à Campbellton, au Nouveau-Brunswick.

Depuis que la province a fermé ses frontières, Carole ne peut plus lui venir en aide.

D’habitude, je vais là [au Nouveau-Brunswick] trois fois par semaine, témoigne Carole Hébert.

Elle a demandé une exemption au gouvernement du Nouveau-Brunswick puisqu’elle est proche aidante, mais son déplacement n’a pas été jugé « nécessaire ».

Résignés, Carole et son mari ont décidé de mettre leur maison à vendre et de déménager au Nouveau-Brunswick.

La frontière

Jean-Claude Savoie, un résident de Matapédia, a lui aussi essayé d’obtenir une permission de visite pour s’occuper de son père néo-brunswickois atteint de cancer.

Sans nouvelles du gouvernement en réponse à sa demande, ce dernier a tenté de traverser la frontière en voiture.

Point de contrôle à Edmundston à la frontière entre le Nouveau-Brunswick et le Québec.

Point de contrôle à Edmundston à la frontière entre le Nouveau-Brunswick et le Québec (archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Bergeron

À sa grande surprise, l’agent de contrôle l'a laissé entrer sur le territoire.

Il m’a dit que parce que j’étais là juste 2 ou 3 jours, juste garder mes distances et ne pas me parader au Nouveau-Brunswick, parce que j’aurais des plaintes parce que j’ai une plaque du Québec, affirme-t-il.

Jean-Claude Savoie est donc allé visiter son père, a pratiqué la distanciation physique et est ensuite retourné au Québec.

Des règles à géométrie variable?

Si le tiers des demandes de visites de compassion sont refusées par voie officielle, on ne peut en dire autant aux contrôles frontaliers.

Une grande partie des automobilistes qui tentent d'entrer au Nouveau-Brunswick le font « sans problème », selon le gouvernement.

Tableau montrant le nombre d'entrées aux frontières du Nouveau-Brunswick en mai. Seul 1,6 % des véhicules ont été refoulés.

Seulement 1,6 % des véhicules ont été refoulés en mai aux frontières du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Louise Duguay

Une autre Québécoise, Denise Picard, raconte que sa mère, qui demeure au Nouveau-Brunswick, souffre d’un cancer incurable depuis le mois de mars dernier.

Un seul des neuf enfants de cette aînée de 94 ans s’est vu octroyer la permission de traverser la frontière.

Je comprends les décisions d’urgence qu’a dû prendre la santé publique, mais je comprends mal leur manque de jugement. Ils dictent des règles qu’ils appliquent sans égards aux risques réels.

Denise Picard, résidente du Québec

Entre le 11 et le 22 mai à midi, 135 demandes de voyage pour des motifs humanitaires ont été examinées par le Bureau du médecin hygiéniste du Nouveau-Brunswick.

De ce nombre, 84 ont été approuvées, 39 ont été refusées et 12 nécessitaient plus de renseignements avant qu’une décision puisse être prise.

Avec les informations de Rose St-Pierre

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Nouveau-Brunswick

Famille