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Pas touche à nos vacances, préviennent des infirmières « mortes de fatigue » en Outaouais

Des manifestants et des pancartes sur du gazon.

Des manifestants se sont rassemblés devant le CHSLD Lionel-Émond de Gatineau, mercredi après-midi.

Photo : Radio-Canada / Ismaël Sy

Les deux plus grands syndicats de travailleurs de la santé de l'Outaouais se sont donné rendez-vous, mercredi après-midi, pour manifester devant le Centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) Lionel-Émond, à Gatineau.

À l'initiative de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, de tels rassemblements ont eu lieu un peu partout en province avec un slogan commun : « mortes de fatigue ». Pour illustrer l'épuisement des infirmières et des préposés aux bénéficiaires, les manifestants se sont allongés dans le gazon sans bouger.

Depuis le début de la pandémie, on demande à des gens de faire des 12 heures par jour et du temps supplémentaire obligatoire, c'est inadmissible. Ce n'est pas comme ça qu'on remercie nos professionnelles en soin, a soutenu Patrick Guay, le président du Syndicat des professionnelles en soins de l'Outaouais (SPSO).

Des gens couchés par terre sur une pelouse.

Des manifestants prétendent d'être morts pour illustrer l'épuisement des travailleurs de la santé en Outaouais.

Photo : Radio-Canada / Ismaël Sy

Dans la région, une bonne partie du mécontentement vient également du fait que la présidente et directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais, Josée Filion, a évoqué la possibilité de limiter les vacances de ses employés à deux semaines dans l'ensemble du réseau.

Pour les syndicats, une telle mesure serait insensée, étant donné que la pandémie n'a pas la même ampleur dans l'ensemble de la région. À Maniwaki et dans le Pontiac, il n'y a pas ou très peu de gens qui ont la COVID-19. Elle voudrait appliquer la même médecine à l'ensemble de l'Outaouais, c'est inacceptable, a estimé M. Guay.

Une rémunération injuste?

La proposition du gouvernement du Québec pour recruter 10 000 préposés aux bénéficiaires en offrant des formations payées n'a également pas aidé à désamorcer les frustrations des infirmières.

Sous sa forme actuelle, les étudiants qui y prendront part seront payés comme des aides de service, soit 21 $ de l'heure ou 760 $ par semaine. S'ils réussissent leur formation, ils gagneront par la suite 26 $ de l'heure, soit 940 $ par semaine. Ça signifie que ces étudiants en formation seraient mieux payés que les infirmières auxiliaires en début de carrière.

Ça amène un déséquilibre dans le système si on fait ça, parce que nos super infirmières débutent à 26 $ de l'heure. Pour les infirmières auxiliaires, c'est à mi-chemin de leur échelle salariale. En voulant créer une solution, le gouvernement crée un problème, a dénoncé le président du SPSO.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

M. Guay a dit avoir d'ailleurs reçu plusieurs messages d'infirmières auxiliaires qui veulent maintenant abandonner leur poste pour suivre la formation afin de toucher un meilleur salaire comme préposées aux bénéficiaires, à la suite de la conférence de presse du premier ministre François Legault.

C'est également ce que craint Josée McMillan, présidente du Syndicat des travailleurs et travailleuses de la santé et des services sociaux de l'Outaouais pour la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Je ne suis pas certaine que ça va aider. Il faut que le gouvernement comprenne que ça prend un salaire équitable pour l'ensemble des travailleuses et travailleurs du réseau de la santé, a-t-elle lancé.

Qu'il arrête de donner des primes, qu'il nous donne un salaire fixe et tout le monde va être heureux.

Josée McMillan, présidente du STTSSSO-CSN

Les deux syndicats ne ferment pas la porte à la possibilité de tenir d'autres manifestations si la direction du CISSS de l'Outaouais refuse de s'engager à « protéger les droits » des infirmières et des préposées aux bénéficiaires de la région.

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