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Hong Kong n'est plus autonome par rapport à la Chine, tranche Washington

Une femme interpelle des policiers en tenue antiémeute dans une rue de Hong Kong.

Hong Kong est toujours secouée par d'intenses manifestations prodémocratie.

Photo : Getty Images / Billy H.C. Kwok

Agence France-Presse

Les États-Unis ont formellement conclu mercredi que Hong Kong ne jouissait plus de l'autonomie promise par la Chine, ouvrant la voie à de possibles représailles commerciales, dans une première riposte spectaculaire à une loi sécuritaire controversée voulue par Pékin.

Signe du regain de tension dans l'ex-colonie britannique, la police a déployé un important dispositif autour du parlement local et procédé à des centaines d'arrestations pour dissuader les militants prodémocratie de manifester contre l'examen d'un autre projet de loi, criminalisant tout outrage à l'hymne national chinois.

Mais c'est le texte annoncé la semaine dernière par le Parlement chinois, amené à l'examiner dès jeudi, qui a remis le feu aux poudres. Ce projet de loi sur la sécurité nationale à Hong Kong vise officiellement à interdire le terrorisme, la sécession, la subversion et l'ingérence étrangère.

Réponse aux mois de manifestations prodémocratie monstres et parfois violentes dans le territoire semi-autonome, c'est un moyen de contourner les autorités hongkongaises. D'autant qu'il permet pour la première fois à la Chine d'autoriser ses services de sécurité et sa police secrète à s'implanter ouvertement à Hong Kong.

Cette décision désastreuse de Pékin n'est que le dernier d'une longue liste d'actes qui sapent fondamentalement l'autonomie et les libertés de Hong Kong ainsi que les promesses faites par la Chine elle-même au peuple de Hong Kong dans le cadre de textes internationaux, a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

Selon une loi adoptée l'an dernier par le Congrès des États-Unis, le secrétaire d'État était tenu de certifier si le territoire jouissait toujours de son autonomie. Il a donc décidé que ce n'était pas le cas.

J'ai certifié au Congrès que Hong Kong ne continuait pas à mériter le même traitement que Washington lui octroyait jusqu'ici, a-t-il expliqué. Aucune personne sensée ne peut soutenir aujourd'hui que Hong Kong conserve un haut degré d'autonomie par rapport à la Chine, au vu des faits sur le terrain.

Mike Pompeo lors d'une conférence de presse.

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo

Photo : Getty Images / Nicholas Kamm

Concrètement, l'administration de Donald Trump peut désormais mettre fin au statut commercial préférentiel accordé à l'ex-colonie britannique en raison de son autonomie.

Mais elle n'a pas encore dit si elle mettrait cette menace à exécution.

Le président décidera exactement les mesures que prendra le gouvernement américain, a expliqué le secrétaire d'État adjoint pour l'Asie, David Stilwell, évoquant des représailles économiques, des sanctions ciblées ou des interdictions d'entrée aux États-Unis.

Ces mesures seront aussi ciblées que possible pour obtenir un changement d'attitude, a-t-il dit à des journalistes, tout en reconnaissant qu'un retour en arrière de Pékin était peu probable.

Sanctions pour les responsables de l'internement des Ouïgours

Dans ce climat explosif entre les deux premières puissances mondiales, le Congrès américain a en outre adopté mercredi une loi afin de sanctionner des responsables chinois pour l'internement de masse des musulmans ouïgours.

La Chambre des représentants a voté le texte à l'écrasante majorité de 413 voix pour et seulement une contre. Le Sénat l'avait déjà approuvé à l'unanimité à la mi-mai.

Il revient désormais au président Donald Trump de promulguer la loi, au risque d'envenimer encore davantage des relations déjà tendues à l'extrême entre les deux premières puissances mondiales.

La Chine est motivée par la crainte d'une jeune génération de Hongkongais qui n'accepte pas le système politique du Parti communiste, a expliqué Hua Po, commentateur politique indépendant basé à Pékin.

S'ils perdent le contrôle sur Hong Kong, l'impact sur le reste de la Chine sera énorme. Donc, le Parti communiste va serrer la vis politiquement à Hong Kong et ouvrir les vannes économiquement, a-t-il estimé.

En vertu du principe un pays, deux systèmes, Hong Kong jouit depuis sa rétrocession à la Chine en 1997 et jusqu'à 2047 de certains droits inconnus ailleurs en Chine, notamment la liberté d'expression et un système judiciaire indépendant.

Cette disposition a contribué à faire du territoire une place financière internationale majeure qui offre à la Chine une porte d'entrée économique sur le monde.

La remise en cause de l'autonomie suscite donc l'inquiétude des investisseurs étrangers et des gouvernements occidentaux, comme l'a illustré vendredi le plus fort décrochage de la Bourse de Hong Kong en cinq ans.

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