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Des médecins formés à l'étranger pour lutter contre la COVID-19

La santé publique de Montréal a mis sur pied une brigade de prévention de la COVID-19 constituée de médecins formés à l’étranger.

Le reportage de Davide Gentile

Photo : Radio-Canada

La santé publique de Montréal a recruté ces dernières semaines une trentaine de médecins qui n’ont pas encore leur droit de pratique au Québec. Leur mandat : prévenir et limiter les éclosions dans les résidences pour personnes âgées et les CHSLD.

Au mois d’avril, l’équipe de prévention des infections à la santé publique de Montréal se demandait comment intervenir dans les résidences et CHSLD. 

On voyait la liste des milieux en éclosion s'allonger [et] qu’il fallait absolument préserver les milieux qui n'ont pas de cas, se rappelle Renée Paré, la responsable des infections à la Direction de la santé publique de Montréal.

Quelques semaines plus tôt, une brigade avait été déployée pendant quelques jours à l'aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau pour enjoindre aux voyageurs arrivant dans la métropole de s'isoler pendant 14 jours. Une opération médiatisée.

Cette fois, la banque de candidats qui se sont inscrits à la plateforme Je contribue! a inspiré l’équipe de Renée Paré.

Une femme portant des lunettes se tient debout à l'extérieur d'un bâtiment.

Renée Paré est responsable des infections à la Direction de la santé publique de Montréal.

Photo : Radio-Canada

On a regardé dans Je contribue et on a constaté qu'il y avait là des médecins qui n’avaient pas encore leur droit de pratique et qui voulaient contribuer, explique-t-elle.

Lancée le 15 mars par le premier ministre François Legault, la plateforme visait alors à recruter des infirmières à la retraite et des professionnels ayant une expertise en santé et en services sociaux afin de prêter main-forte au réseau de la santé.

De l'Afrique à l'Amérique du Sud

J'ai fait beaucoup de soins dans mon pays en tant que médecin généraliste en milieu rural, témoigne Diane Saré.

Arrivée du Burkina Faso il y a 4 ans, elle n’a pas hésité à se porter volontaire au sein de la brigade. C'était vraiment important pour moi de pouvoir participer à cette lutte, de pouvoir lutter pour qu'il n'y ait pas de premier cas.

Une femme portant un masque se tient dans une clinique.

Diane Saré a reçu une formation comme médecin généraliste au Burkina Faso.

Photo : Radio-Canada

Il faut dire que 170 CHSLD et résidences privées pour aînés (RPA) font présentement l’objet d’une éclosion à Montréal. Cela dit, plusieurs résidences et ressources intermédiaires en sont exemptes et tiennent à le demeurer.

Mosen Athimene fait également partie de la brigade de prévention. Arrivé au Québec il y a un an, il était médecin généraliste en Algérie.

On avait une petite frustration en tant que professionnels de la santé de ne pas pouvoir participer à ça. Et là, la Direction de la santé publique nous a offert cette opportunité, et donc voilà, on est agents de prévention, dit-il.

M. Athimene constate des problèmes importants dans les plus petites résidences. Les grandes résidences, c'est pas trop mal, ajoute-t-il, mais il y a aussi de petites résidences où il y a plus de défis.

Un homme au crâne dégarni et vêtu d'une chemise.

Mosen Athimene était médecin généraliste en Algérie.

Photo : Radio-Canada

Formée à McGill, Monique Bourget a travaillé de nombreuses années au Brésil comme médecin pour la congrégation des Sœurs de Sainte-Marcelline. J'étais directrice d'un gros hôpital. J’ai travaillé beaucoup dans la prévention dans un programme santé de famille [...] dans l'est de la ville de Sao Paulo, raconte-t-elle.

Son expérience sera mise à contribution.

À ce jour, 84 % des 2600 décès des suites de la COVID-19 à Montréal sont survenus dans des CHSLD et des RPA. Au début d'avril, c’était moins de 50 %.

Dans un rapport accablant sur la situation observée par les soldats déployés dans des CHSLD du Québec en raison de la COVID-19, les Forces armées canadiennes constatent des lacunes dans la prévention des infections.

Comme le fait remarquer la directrice de santé publique de Montréal, Mylène Drouin, si on veut amener une culture de prévention des infections, on devrait avoir des inspecteurs de santé publique qui travaillent à longueur d'année à mettre cette culture-là en place et faire en sorte que nos milieux soient prêts à faire face à l'arrivée d'un virus.

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Santé publique