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La COVID-19 risque de creuser le fossé entre Québec et Montréal, dit Régis Labeaume

Régis Labeaume dans les studios de Radio-Canada. Il porte un foulard et une chemise fleurie.

Régis Labeaume dans les studios de Radio-Canada.

Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

Le maire de Québec craint que la pandémie ne creuse encore davantage le fossé qui sépare Québec et Montréal. Régis Labeaume s’inquiète de voir que « les Montréalais sont stigmatisés dans l’esprit des gens de l’extérieur » en raison des nombreux cas de COVID-19 dans la métropole.

Avec le décloisonnement des régions et la période estivale qui est à nos portes, le maire n’a aucunement l’intention d’imiter les élus de certaines régions qui demandent aux visiteurs montréalais de s’isoler pendant 14 jours.

C’est lourd de conséquences ces paroles-là, c’est là où on stigmatise les Montréalais et on en fait des pestiférés potentiels, ça ne marche pas, a déclaré le maire au micro de Stéphan Bureau, mercredi matin.

Régis Labeaume défend le principe que tous les Québécois sont dans le même bateau.

On est huit millions de personnes qui ont un problème. Le problème de Montréal c’est le mien. Il faut que Montréal aille bien. Si Montréal va mal, on va y goûter, anticipe le maire en rappelant que la Communauté métropolitaine de Montréal compte pour la moitié de la population de la province.

Il faut être prudent parce que quelque part, ça élargit le fossé, le gap sociologique entre Montréal et le reste du Québec qui existait déjà.

Régis Labeaume, maire de Québec

Bien avant la pandémie

Beaucoup plus qu’une simple rivalité entre la capitale et la métropole, Régis Labeaume juge qu’un inquiétant fossé se creuse déjà depuis plusieurs années entre la grande région de Montréal et les autres régions du Québec.

Je pense que le Québec des régions ne comprend plus Montréal.

Régis Labeaume, maire de Québec

Selon le maire de Québec, le sentiment de déconnexion s’est accentué au fur et à mesure que Montréal s’est développée comme métropole de calibre mondiale, de plus en plus multiculturelle, alors que les autres régions du Québec sont demeurées relativement homogènes.

Une des grosses erreurs, c’est d’avoir laissé aller l’imposition de la langue française. Et ça, c’est grave. On va en payer le prix un jour. S’il y a un fossé aussi large, c’est entre autres à cause du fait que les gens ont senti qu’on a été beaucoup trop laxiste sur l’imposition de la langue française aux [immigrants].

Avant c’était deux solitudes au pays et là je pense qu’on est en train de développer deux solitudes au Québec.

Régis Labeaume, maire de Québec

L’exemple de la Meute

Admettant lui-même que l’exemple est peut-être un peu fort, Régis Labeaume estime que la création du groupe d’extrême droite la Meute n’est pas totalement étrangère aux divisions qui opposent la métropole et les régions.

C’est condamnable au possible, mais c’est quand même un effet collatéral de ce fossé-là selon moi. L’exemple est extrême, il me dégoûte, mais si sociologiquement on veut l’analyser froidement, selon moi, ça donne ça.

Selon Régis Labeaume, le fossé entre Montréal et les régions du Québec doit absolument cesser de s’élargir puisqu’il en va de la cohésion sociale de la province.

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