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analyse

Cirque du Soleil : Québec s'assure de protéger un fleuron

Deux acrobates sont dans les airs.

Une scène d'« Alegrìa », l'un des spectacles du Cirque du Soleil

Photo : Radio-Canada

Depuis le temps qu’on parle de protéger les fleurons au Québec, le sauvetage par le gouvernement Legault du Cirque du Soleil mérite d’être expliqué et mis en contexte. On n’a pas tous les détails, mais l’approche du gouvernement dans ce dossier signale un nouveau type d’intervention qui pourrait se multiplier.

Bien des gens sont d’avis que le gouvernement du Québec, en faisant une proposition au Cirque du Soleil, a décidé de venir en aide à une entreprise qui ne mérite pas ce soutien. C’est pourtant dans l’intérêt du Québec, de Montréal, du quartier Saint-Michel, de tout un écosystème, de milliers de travailleurs, créateurs, artistes et employés administratifs du siège social que cette proposition est faite.

La proposition qu’on a faite est brillante, a dit le premier ministre François Legault, sourire aux lèvres, fier de lui, mercredi midi en point de presse. On verra bien s’il a raison. C’est difficile de juger de l’éclat de cette proposition, parce que les détails de l’entente entre Investissement Québec et les actionnaires du Cirque ne sont pas connus.

Elle est complexe, cette proposition, et dépasse l’idée simple d’un prêt. La situation est la suivante : le Cirque a besoin d’argent et il a annoncé qu’il cherche des investisseurs ou des acheteurs. Devant cette impasse, une entente a été conclue avec Investissement Québec qui prévoit deux choses essentielles : le gouvernement offre 200 millions de dollars américains en prêt avec un droit de rachat des actions de l’actionnaire principal TPG Capital et du fonds chinois Fosun.

Ces actionnaires ont le choix. Ils acceptent l’offre et les conditions du gouvernement, et restructurent leur actionnariat et la dette du Cirque. Ou bien, ils vendent leurs actions au gouvernement du Québec. Ou encore, ils acceptent une autre offre d’un groupe qui va respecter l’entente conclue entre Investissement Québec et les actionnaires actuels du Cirque et qui prévoit que le siège social doit rester au Québec et que les hauts dirigeants doivent vivre au Québec.

Il faut bien comprendre ici que le gouvernement peut racheter les actions ou peut forcer le rachat des actions dans l’objectif de maintenir le Cirque du Soleil au Québec. Et il peut ne pas avoir à injecter les 200 millions de dollars américains en aide accordée si Guy Laliberté, Pierre Karl Péladeau ou un autre acquéreur québécois se pointe et offre d’acheter le Cirque en respectant les critères établis par le gouvernement Legault.

Il faut ajouter aussi que le gouvernement sera un créancier de premier plan. Autrement dit, advenant que l’entreprise se place sous la protection des tribunaux, le gouvernement sera parmi les premiers créanciers qui seront payés. Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a dit à RDI économie mardi soir qu’il considère cette dette comme étant sénior et garantie.

Le ministre a parlé de l’importance d’installer des paramètres et des fondations pour assurer l’avenir du Cirque du Soleil au cours des 2 à 3 prochaines années, le temps qu'il faudra sans doute pour ramener l’institution à sa pleine vitesse.

Après le Cirque… 

C’est le rôle du gouvernement de mettre de la charge dans la batterie, que les entreprises survivent, a ajouté le ministre Fitzgibbon à RDI économie. Le Cirque du Soleil n’est pas la seule entreprise qu’on va aider.

Cette déclaration est importante. Non seulement les entreprises du Québec font face à la pire crise économique en temps de paix, mais elles doivent aussi pouvoir compter sur des pouvoirs publics qui croient dans la possession québécoise des entreprises d’ici.

Faire naître et faire grandir une entreprise au Québec sans être obligé de vendre à un concurrent américain à un certain moment de son existence, c’est participer à la création de richesse au Québec, au développement d’une grappe de fournisseurs et de sous-traitants au Québec, d’une expertise et d’un écosystème porteurs pour l’économie.

En agissant comme il le fait aujourd’hui avec le Cirque du Soleil, le gouvernement Legault développe une stratégie qui pourrait nous éviter de revivre l’épisode douloureux qu’a été celui de Rona.

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